cr Nadia Saiji

cr Nadia Saiji

N’étant pas particulièrement passionnée d’art, ou en tous cas pas de la vie des peintres, Peggy Guggenheim n’était pour moi qu’une riche héritière désœuvrée qui avait le sens des affaires.

Mais que nenni, Stéphanie Bataille nous brosse un tableau, une eau forte dirais-je , d’une maîtresse femme issue d’une famille de juifs d’Europe centrale, chassée par les pogroms et qui comme un culbuto, parvient à se remettre debout, avec en permanence ce sens inné de ne pas baisser les bras et de vivre dans le présent, ce présent si hasardeux et si précieux mais qui fait la part belle à l’ Art Moderne, si controversé par l’Académie, cet Art des fous qui peignent avec les larmes du lendemain, les rires du jour même, les couleurs de la semaine qui arrive !

Peggy, dans son palazzo de Venise accumule les œuvres d’art, mais « que du beau » dit-elle, et cette excellence qu’elle aime au-delà de tout, devient son futur, sa progéniture, ses bébés, rien n’a plus grâce à ses yeux que les œuvres de ces peintres inconnus qu’elle aide à vivre, à créer, à exister. Cette femme explosive, drôle, tendre, vulgaire par instants, boit trop, aime au pluriel, vit à 1000 à l’heure, mais toujours avec élégance, cette élégance, partie du décor, avec ces merveilleuses robes, tableaux sur cintres (j’aurais bien chipé celle de Magritte !)

.Sur le point de léguer sa fabuleuse collection à la ville de Venise  Peggy  attend les journalistes  et  nous égrène dans une interview solitaire  les accidents de sa vie, ses complexes, sa judaïté, sa mère inutile et idiote, la mort de son père adoré sur le Titanic, la violence de son mari, la dépression de sa fille peintre naïve méconnue , jusqu’au suicide de celle-ci…

La vie de cette femme libre et explosive aurait mérité à mon sens, un peu plus qu’un one woman show à la Muriel Robin,  au débit si saccadé que des répliques se perdent , réduisant parfois le  personnage de Peggy à une agitation désespérée.

Stéphanie Bataille, très bonne comédienne au demeurant dans le style inévitablement moderne du stand up tient son public en haleine, emplit la scène et réalise une performance, en s’approchant  au plus près du mystère de Peggy Guggenheim, la dernière « Dogaresse de Venise »

 

Du 30 au 31 mai

THÉÂTRE DE L’OUEST PARISIEN – BOULOGNE-BILLANCOURT

1 place Bernard Palissy

(face au 87 av. J. B. Clément) 92100 Boulogne-Billancourt

Métro(ligne 10) : “Boulogne – Pont de Saint-Cloud” (sortie ave J. B. Clément) Tramway (T2) : arrêt “Parc de Saint-Cloud”-

 Bus  : 52, 72, 123, 175 – Vélib’  : 4 stations à proximité

Parking “Parchamp” accès rue du Parchamp et Bd Jean-Jaurès (à 5 mn à pied du TOP),