Xavier Kemlin a été reçu hier par le PDG de Carrefour. Il a mis un terme à sa grève de la faim, qui durait depuis 10 jours, et rattrape son manque de sommeil.

Lars Olofsson - CR agrivis.com

Hier, Lars Olofsson, PDG de Carrefour, a enfin ouvert sa porte à Xavier Kemlin, qui campait depuis 10 jours en, grève de la faim devant le siège.
Il a écouté l’argumentation de cet actionnaire minoritaire indigné par l’incompatibilité des objectifs purement financiers retenus d’après lui par le  conseil d’administration, avec la bonne marche de l’entreprise Carrefour.

La suite des évènements dira ce que le PDG en aura rapporté au Conseil d’Administration, et si celui-ci infléchira cette politique de rentabilité immédiate au détriment de l’outil de travail Carrefour.

Xavier Kemlin nous a téléphoné ce matin après une nuit dans un vrai lit. « Le sommeil m’a plus manqué que la nourriture » confie-t-il.
Il poursuit : « Je demande à e-bb.fr de remercier tous les Boulonnais, les voisins, qui sont venus veiller sur moi, m’apporter une casquette contre le soleil, ou un parapluie en guise de parasol, les journaux ou tout simplement un petit échange de sympathie, remercier ceux qui se sont inquiétés de ma santé, de mon moral, de mon confort… C’est vraiment une ville de gens formidablement sympa. J’ai mis fin à cette action un peu folle qui avait pour but de réveiller les média. Je remercie l’e-bb et les blogs qui ont fait le buzz, le Monde* pour son article de mardi dernier et aujourd’hui, j’ai rendez-vous avec deux hebdomadaires d’information. »

Monsieur Kemlin devant le siège de Carrefour, au début de sa grève la semaine dernière

Pour la suite des opérations du groupe Carrefour… son combat continue pour le retour au métier d’origine du magasin. C’est la logique d’un entrepreneur contre la logique des capitaux pour conserver une belle entreprise à ses salariés et à ses clients.
De fait, comme cliente, je suis déçue de l’orientation de certains supermarchés du groupe proches de chez nous : il n’y a plus de fromage à la coupe, plus de charcuterie, plus de poissonnerie. Tout est sous blister. Fromage au lait cru ? connaît plus. La viande est pré-découpée, on n’a plus le choix. En revanche, vous ne serez pas dépaysé au rayon lessive ou papier toilette…
Quant aux caisses, elles sont de plus en plus déshumanisées c’est-à-dire automatiques. Les caissières se font rares, on regrette leur accueil et, tout simplement, on regrette de n’avoir plus personne à qui dire « Bonjour. »
Est-ce que c’est vraiment moins cher qu’ailleurs ? Difficile à dire. Mais est-ce qu’on peut acheter avec plus de plaisir ailleurs ? Certainement, d’autres enseignes de la grande distribution maintenant ce contact humain.

Mais avec un peu de chance, cette action « exotique, » comme la qualifie un représentant des familles fondatrices peu habituées à de telles extrémités, aura un effet Positif (mot fétiche de la marque) pour tout le monde, fournisseurs, clients et salariés, et même, sur le long terme – trop souvent méprisé des investisseurs, parfois pris au piège de leur propre logique -, pour le groupe. Le magazine L’Expansion du mois d’octobre annonce « la nomination d’un épicier aux manettes de Carrefour France, » commentant : « C’est un retour aux fondamentaux qui se profile. »

*Le Monde du 28 septembre 2011 : « Un don Quichotte à l’assaut de Carrefour, » également disponible en ligne pour les abonnés du journal électronique.

 

 

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