A la rentrée paraîtra Galatea, le nouveau roman policier de M.A Graff. Une intrigue chorale orchestrée sur les rivages de Grèce. Rencontre avec l’auteure.

Des quatre coins de l’Europe et des Etats-Unis, des individus que tout sépare se préparent à partir pour une île grecque paradisiaque. Voyage de noces, recherche, mission, tourisme… Éminents universitaires, jeunes retraités et vieilles demoiselles acariâtres devraient se retrouver, fortuitement, sur Galatea. Mais quelle est réellement la part du hasard dans un polar, de surcroît lorsqu’il convoque l’imaginaire de la Grèce antique et son fatal destin ? Nous avons posé la question à M.A Graff.

M.A Graff,

Le nouveau roman de M.A Graff, Galatea, se déroule en Grèce

Une intrigue chorale

e-bb : Votre nouveau roman annonce une intrigue chorale, c’est la première fois !
M.A Graff : L’intrigue chorale est indispensable dans ce roman, qui est conçu comme une pièce de théâtre, avec des personnages multiples qui vont entrecroiser leurs destins. La référence à Shakespeare n’est pas anodine au début du récit, car chaque personnage détient un ou plusieurs éléments qui vont faire avancer l’intrigue, ou y intervenir en cours de route.

e-bb : Cette entrée en matière, la destination – une île – et le profil de certains personnages (la vieille demoiselle, le jeune couple) rappellent les romans d’Agatha Christie ; la référence est-elle délibérée ?

M.A Graff

M.A Graff au salon du Livre de Boulogne

M.A Graff : Agatha Christie a effectivement beaucoup utilisé cette trame : des personnages en situation de huis clos qui ne se connaissent pas ou peu et sont réunis ensemble par la force des choses. Cela peut être dans une île – on pense alors à Dix petits nègres ou Les vacances d’Hercule Poirot, mais également dans un lieu donné tel qu’un bateau de croisière comme dans Mort sur le Nil, un train comme dans Meurtre dans l’Orient-Express, voire un simple salon comme dans Cartes sur table.

C’est un ressort classique qu’a également utilisé Mary Higgins Clarck dans son dernier roman Noir comme la mer, où l’action se situe sur un bateau. Je dirais qu’il s’agit d’une technique d’écriture : lorsque l’on bâtit un roman policier comme une pièce de théâtre classique, ceci correspond à l’unité de lieu.  

Retour aux sources du théâtre grec

e-bb : D’une oeuvre à l’autre, vous faites toujours voyager vos lecteurs. Pourquoi avoir choisi la Grèce cette fois-ci ?
M.A Graff : La Grèce m’a semblé le meilleur lieu pour situer l’action car l’île est un personnage à part entière dans l’intrigue du fait de ses spécificités géographiques. Ce sont en effet des îles en majorité volcaniques. Quant au pays, c’est lui qui a vu naître le théâtre antique et c’est pour cette raison principale que je l’ai retenu. L’île de Galatéa est fictive mais certains lieux que visitent les personnages, tels que l’île de Céphalonie, sont quant à eux bien réels. 

e-bb : Cette fois-ci, le crime n’a pas encore été commis. Doit-on s’inquiéter du sort de l’un ou l’autre personnage ?
M.A Graff : Dans le théâtre antique, les acteurs portaient un masque sur la figure pour jouer – et forcément, le masque des apparences se met en place lorsqu’un groupe se rencontre pour la première fois.  Or, celles-ci sont souvent trompeuses. Donc tout peut arriver !

Galatea, parution septembre 2017 aux éditions Ramsès VI. Découvrez l’incipit ici !