Des animaux, loup, aigle, renard, renne… agressifs ou apeurés, des visages humains, aux regards amusés ou perplexes sur fonds noirs ; univers étrange un peu inquiétant et assez envoûtant, exposé par le photographe Rémi Chapeaublanc, chez Voz’Galerie.

Rémi Chapeaublanc
Ces photos ont été prises, il y a quatre ans, en Mongolie, après un long voyage, en moto vers ce pays qu’il ne connaissait pas encore. « Ces deux mois de voyage ont été le temps nécessaire pour ce choc culturel. Le passage par le Kazakhstan a été notamment une bonne transition avec des populations proches, vivant encore en nomades ».

Une part de divinité dans chaque être vivant

Sans aucun a priori, ni préparation culturelle particulière, Rémi Chapeaublanc s’est passionné pour les rapports quasi fusionnels entre hommes et bêtes, dans une nature particulièrement hostile. Les températures ont une amplitude de -40° à +40°, selon les saisons !
On se nourrit de bêtes, bien sûr ; on peut tuer les prédateurs qui s’attaquent aux troupeaux ; on domestique l’aigle qui chasse pour l’homme. Mais il y a toujours une part d’humanité, voire de divinité dans chaque être vivant, selon les traditions Chamanistes des Mongols.
« Il y a toujours quelque chose d’humain et de bestial dans chaque plan » explique Rémi Chapeaublanc qui dit avoir voulu « exorciser ce questionnement sur les rapports de l’homme et la bête et leur part de divinité ».

C’est sans doute pour ne pas être distrait par le contexte que ces photos sont toutes sur fond noir. Elles ont été prises dans le cadre de vie de ces nomades, avec seulement des apports d’éclairage et on ne voit rien de ce contexte. J’ai trouvé cette volonté de dépouillement un peu dérangeante, même si elle favorise cette méditation à laquelle nous convie l’auteur.

Rémi Chapeaublanc

Rémi Chapeaublanc

Rémi Chapeaublanc est retourné en Mongolie, deux ans après. Il a offert un tirage de la photo qu’il en avait prise à chacun de ses modèles, en tous cas aux humains.

Un court métrage pour donner vie aux personnages

Le court métrage qui a été tourné, à l’occasion de ce deuxième voyage, présenté au sous sol de la galerie, est particulièrement intéressant. Ses personnages prennent vie. On voit leur yourte, les tapis aux couleurs chatoyantes qui les meublent, des paysages de steppe… Cette ouverture vers la vie corrige l’impression un peu oppressante de ces têtes en gros plan, hors sol.
Mais Rémi Chapeaublanc explique très bien qu’il n’a surtout pas voulu faire un documentaire.

Gods & Beasts

Exposition de photos de Rémi Chapeaublanc
Voz Galerie  : (du 16 septembre au 26 novembre 2016)
41 rue de l’Est
92100 Boulogne-Billancourt

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Gilbert Veyret

Gilbert Veyret

Il pensait ne rester que peu de temps à Boulogne-Billancourt. Cela fait plus de 40 ans que ça dure. 5 de ses petits enfants y vivent. Il commence donc vraiment à se sentir Boulonnais et à en connaître les contours ! Mais il aime aussi en sortir (Bordeaux, en arrière plan)