Mercredi 21 mai, le conseil municipal de Vélizy-Villacoublay a adopté à la majorité le retrait de la ville de la communauté d’agglomération GPSO. Les oppositions de gauche et de droite ont voté contre.

Pascal Thevenot, maire de Vélizy et vice-président de GPSO

Pascal Thevenot, maire de Vélizy et vice-président de GPSO

Il faut suivre… Le 1er janvier dernier, les communes de Vélizy et de Marnes-la-Coquette sont devenues membres à part entière de GPSO, après six mois d’association progressive, qui prévoyait notamment la présence des maires aux réunions de bureau et des conventions de service temporaires. Cette intégration à notre communauté d’agglomération était pour ces deux villes le fruit de la réforme des collectivités territoriales, qui obligeait les communes au regroupement, et, dans le cas de Vélizy, le résultat d’un arbitrage : sise dans les Yvelines, elle aurait pu naturellement rejoindre la communauté Versailles Grand Parc, mais son maire de l’époque, Joël Loison, a opté pour GPSO. Le conseil municipal de l’époque avait d’ailleurs entériné ce choix à l’unanimité en 2011.

Du côté des villes de GPSO, et notamment de Boulogne-Billancourt, qui la préside, la démarche a été accueillie avec enthousiasme à gauche comme à droite, à la réserve près de Jean-Pierre Fourcade, qui prévoyait de lourdes répercussions sur la péréquation et redoutait un déséquilibre territorial en privant les Yvelines de ce cœur économique (43 000 emplois privés).

Que s’est-il passé depuis ? Le projet de Grand Paris, initié par Nicolas Sarkozy, est devenu celui de la Métropole du Grand Paris, porté par l’actuel gouvernement. Nombre de maires de la petite couronne, ainsi que Patrick Devedjian, le président du Conseil Général du 92, sont ouvertement hostiles à cette nouvelle mouture et en ont souvent fait un thème de campagne. Pragmatique, André Santini, lors du premier conseil de GPSO post-municipales, avait souligné que le succès des municipales n’était pas étranger à ce dossier, et avait appelé ses collègues à prendre part au conseil de préfiguration.

Lettre de soutien de Valérie Pécresse à Pascale Thévenot. La Métropole du Grand Paris est un argument clé.

Lettre de soutien de Valérie Pécresse à Pascal Thévenot. La Métropole du Grand Paris est un argument clé, associée à GPSO. – blog de campagne de Pascal Thévenot

Mais le nouveau maire de Vélizy, Pascal Thévenot, devenu vice-président en charge du développement économique de GPSO le 30 avril dernier, a fait un choix différent : plaçant la Métropole du Grand Paris et ses possibles vues sur la souveraineté de sa ville en matière d’urbanisme et de fiscalité au cœur de sa campagne, il n’a pas caché son opposition à GPSO, lui préférant une intercommunalité du 78 (Le Parisien du 27 juillet dernier). Dans cette bataille, il a été appuyé par Valérie Pécresse, elle-même députée de Vélizy. C’est par le biais d’un amendement déposé par l’élue que la ville a obtenu le droit de choisir, avant septembre 2014, d’intégrer ou non la métropole. Autre soutien de poids dans sa démarche : Pierre-Christophe Baguet lui-même ! Le maire de Boulogne-Billancourt, qui avait défendu l’arrivée de Vélizy dans GPSO, au nom de la compétitivité du Grand Paris, aurait déclaré que désormais, pour Vélizy, sortir de GPSO était « la voix de la sagesse. »

Le soutien inattendu de Pierre-Christophe Baguet à la position de Pascal Thévenot

Le soutien inattendu de Pierre-Christophe Baguet à la position de Pascal Thévenot – blog du candidat

Élu le 30 mars, le nouveau maire n’a pas tardé, et a donc inscrit la sortie de GPSO à l’ordre du jour du conseil de mercredi dernier.

« Il n’était pas utile de voter la sortie de GPSO pour ne pas intégrer la Métropole du Grand Paris » détaille Didier Rafidiarimanda, colistier de l’ancien maire Joel Loison. « Sans vote d’ici au 30 septembre, Vélizy n’intègrerait pas la Métropole en 2016 et en sortirait automatiquement à cette date » explique-t-il. Pour Monsieur Rafidiarimanda, l’explication est ailleurs : le processus d’intégration de Vélizy à GPSO devrait être totalement achevé à la fin de l’année 2014. Ceci implique la fin des conventions temporaires de service, et le transfert de salariés municipaux et de certains flux financiers à la communauté d’agglomération. Afin d’éviter ce processus d’autant plus lourd qu’il y aurait à le reconduire si Vélizy venait à changer d’intercommunalité, Pascal Thévenot aurait préféré prendre les devants, et quitter dès 2014 GPSO qu’il venait de rejoindre.

Au premier janvier 2015, donc, Vélizy aura quitté GPSO, et coupé avec le territoire de la Métropole du Grand Paris. Un choix que regrette Monsieur Rafidiarimanda : « Depuis les dernières municipales, la Métropole du Grand Paris est passée à droite. Sa gouvernance a vocation à changer sous son impulsion, au profit des territoires comme GPSO et d’une approche plus décentralisée et respectueuse des communes et des territoires. Le maire précédent avait choisi d’attendre les résultats des municipales pour voir le rapport de force au sein de la future métropole et faire une étude sur l’intérêt de Vélizy à rejoindre la Métropole ou non avant de consulter la population. Le maire actuel a préféré ignorer ces étapes et se passer d’études préalables. »

Six mois vont s’écouler d’ici-là. Pour le spectateur non initié, rien ne laissait penser, lors du conseil communautaire d’installation, que l’une des 9 villes membres voterait son départ un mois plus tard. Mais les élus ne pouvaient l’ignorer. Le prochain conseil communautaire, le 26 juin, ne devrait pas manquer d’intérêt !

NDLR Nous avons cherché à recueillir des réactions de la majorité et de l’opposition socialiste de Vélizy, mais n’avons reçu aucun retour à cette heure.