Dans un communiqué du 5 juillet 2012, la Société du Grand Paris confirme le calendrier d’aménagement de la première tranche du Grand Paris Express.

Cécile Duflot, ministre de l’Egalité des territoires et du Logement, a donné son aval à la Société du Grand Paris pour le lancement, dès à présent, de la procédure d’enquête publique préalable à l’aménagement du tronçon Pont de Sèvres – Noisy-Champs (sur la ligne rouge qui relie l’est et l’ouest de la petite couronne en contournant Paris par le sud). 33 kilomètres de réseau, que les usagers devraient parcourir en 35 min.

Une première portion, de Noisy-Champs à Vitry, devrait entrer en fonction en 2018. La liaison jusqu'au Pont de Sèvres devrait être assurée en 2020

En pratique, la Ministre a remis hier le dossier d’enquête publique – un document de plusieurs centaines de pages rédigé par la Société du Grand Paris, maître d’ouvrage du chantier – à l’Autorité environnementale du Conseil général de l’Environnement et du développement durable. Cette instance indépendante de 15 membres, présidée par Michel Badré, a pour rôle d’examiner le dossier et de mener une étude d’impact, en s’appuyant notamment sur l’avis des préfets et des services techniques concernés. Ses rapporteurs disposent de 3 mois pour rendre leur avis, préalable au lancement de l’enquête publique.

En parallèle, comme aux tout débuts du projet, la Commission nationale du Débat public va organiser une nouvelle série de réunions d’information, entre mi-septembre et mi-novembre 2012. Une vingtaine de dates sont prévues. Sachant que le tronçon concerné comporte 16 gares et traverse 22 communes dans 4 départements, il est très probable qu’une réunion se tiendra à Boulogne-Billancourt. En sus des gares, c’est sur ce tronçon que seront aménagés un site de maintenance de l’infrastructure (à Vitry) et un site de maintenance de matériels roulants (à Champigny).

L’enquête publique démarrera sitôt après, pour un début du chantier prévu au premier semestre 2013. La Société du Grand Paris a lancé les marchés de maîtrise d’oeuvre au début de l’été. A noter que des « experts » extérieurs tant au STIF qu’à la Société du Grand Paris ont d’ores et déjà souligné quelques problèmes d’inter-connexions entre ce nouveau réseau et le réseau existant (liaisons avec les stations de métro et de RER), ce qui pourrait amener à réviser le projet sur ce point. « Pour réussir un projet aussi ambitieux, il est important d’associer tous les acteurs, d’expliquer ce que nous faisons, d’écouter les besoins et les interrogations. Nous avons à cœur de faire converger les points de vue et qu’ensemble nous mettions en œuvre un métro du Grand Paris utile à tous. » insiste Etienne Guyot, président du directoire.

On rappelle que le Grand Paris Express devrait compter 3 lignes, la rouge, la verte et la bleue. C’est l’avancée des études dans notre zone, alliée à l’urgence de désenclaver la Seine et Marne, comme l’avait expliqué André Santini lors du conseil de GPSO de décembre 2010, qui nous vaut cette priorité calendaire et budgétaire. On se souvient en effet que ces derniers mois ont donné quelque inquiétude au projet, pour cause de financement incertain. Ce tronçon à lui seul devrait coûter 5,5 milliards d’euros, soit un milliard de plus qu’évalué l’an dernier. Le préfet de région, Daniel Canepa, s’est voulu rassurant en estimant que la Société du Grand Paris disposait de suffisamment d’argent pour lancer le chantier. Un discours qui rejoint celui d’André Santini, également président du conseil de surveillance de la Société du Grand Paris, qui avait expliqué fin 2010 que la SGP avait reçu 4 milliards d’euros de la part de l’Etat pour commencer. Monsieur Santini avait à l’époque rappelé que le financement du métro, amorcé en 1900, s’était étalé sur 70 ans… Si le financement de ce tronçon est à peu près assuré, il n’en va pas de même du reste du programme, ce qui explique que le calendrier ultérieur n’ait pas été fixé.

Enfin, et en lien sans doute avec ces questions budgétaires, la Ministre a souhaité que l’aménagement de ce premier tronçon express coïncide avec la prolongation de la ligne 14 jusqu’à Saint-Ouen par la RATP, le lancement d’une nouvelle ligne, « orange, » qui devrait relier la Seine-Saint-Denis à la ligne rouge, sous la responsabilité du STIF, et la modernisation des lignes de RER par la RATP, la SNCF et le RFF. De quoi pallier l’attente d’ici la poursuite du projet Grand Paris Express.

A suivre à la rentrée !