Le 14 octobre dernier, le cycle Habemus Ciné a repris à la Maison St François de Sales, avec biopic consacré à Christina Noble. L’occasion de s’interroger sur l’engagement, en présence de plusieurs invités.

Habemus Ciné, des films qui donnent à réfléchir

Depuis l’an dernier, la Maison Saint François de Sales a rejoint la réseau Habemus Ciné, qui diffuse plusieurs fois par an des films permettant de susciter échange et réflexion dans une atmosphère conviviale. Après Terra Ferma,  sur le thème de l’accueil et de l’immigration, c’est cette fois-ci Christina Noble, portrait d’une femme engagée, qui était proposé aux spectateurs.

Habemus CinéCe biopic de Stephen Bradley, sorti en 2014, retrace la vie de l’Irlandaise Christina Noble, dite Mama Tina. Depuis 1991, cette femme anime et développe sa fondation, dédiée aux enfants du Vietnam et de Mongolie. Le scenario suit l’héroïne depuis sont arrivée au Vietnam en 1989, où elle débarque mue par un inexplicable instinct, jusqu’à son premier succès. Il remonte surtout aux sources de cet engagement : une enfance misérable, une jeunesse sans merci n’ont pas éteint la volonté de Christina. Soutenue par une foi indéfectible, elle surmonte tous les obstacles jusqu’à se réaliser dans ce projet.
On adhère, forcément, à cette figure positive qui réagit à l’adversité par la générosité.

Trois figures de l’engagement

A l’issue de la projection, trois autres figures de l’engagement avaient été invitées à témoigner : Marianne Odjo, qui dirige le foyer boulonnais des Apprentis d’Auteuil, Sylvain Chauvaud, médecin bénévole pour La chaîne de l’espoir, et Marie-Aimée Allard, jeune infirmière engagée durant un an à Toulon au Rocher Oasis des Cités.

A distance, la première a décrit un phénomène, vécu au jour le jour au foyer Maximilien Kolbe de Boulogne. Ce foyer accueille 46 jeunes, orphelins, placés ou mineurs étrangers isolés, ces derniers représentant la moitié des pensionnaires. Non seulement, a expliqué Madame Odjo, l’échange est très fructueux entre ces jeunes venus d’horizons différents, mais il suscite le plus souvent un engagement durable de leur part dans le bénévolat. « Ils sont généreux et donnent de leur temps comme de leur argent » explique la directrice.

Le docteur Chauvaud en mission à Erbil, dans le Kurdistan Irakien, en 2014 - CR La Chaine de l'espoir

Le docteur Chauvaud en mission à Erbil, dans le Kurdistan Irakien, en 2014 – CR La Chaine de l’espoir

Le docteur Chauvaud, après avoir présenté l’association La chaîne de l’espoir et sa stratégie de développement (installer des équipements durables dans les pays d’intervention, favoriser la formation sur place et recourir si nécessaire aux consultations à distance, les ONG étant prises pour cibles dans certaines zones), est revenu sur son propre engagement. Comme souvent, il repose sur une prise de conscience simple : hors de France, des pathologies faciles à soigner tuent ou condamnent. Même si, comme cardiologue, il intervient sur des cas plus compliqués, il a pris l’exemple du bec-de-lièvre : l’affaire d’une opération de deux heures qui peut changer l’existence de quelqu’un. « J’ai eu la chance de naître en France, d’y faire des études médicales et d’y être bien enseigné ; pourquoi ne pas faire bénéficier de mon capital ceux qui n’ont pas cette chance ? »

A sa suite, Marie-Aimée Allard a expliqué comment elle s’était retrouvée bénévole au Rocher, pour faire une pause dans sa vie d’infirmière. Cet engagement implique de vivre en immersion dans un quartier d’accueil. La jeune femme y a fait l’expérience marquante « du trafic de drogue visible, et du trafic d’armes audible. » Elle en a retiré une admiration sans borne pour les ados qui s’accrochent. Mais elle a également découvert une profonde solidarité, et de tangibles preuves de tolérance. D’un camp de vacances au bord de la mer, elle a retenu une image significative : comme d’autres elle est allée se baigner, tandis que certaines femmes du groupe demeuraient voilées sur le sable. « C’est un peu l’extrême du vivre-ensemble, chacun va jusqu’où il le peut avec sa culture » a-t-elle sobrement commenté.

De la soirée on retire que l’engagement transforme le rapport aux autres et au monde tout en consolidant ce que l’on est au plus profond de soi. Il n’y a plus à hésiter !

Prochaine séance d’Habemus Ciné le 20 janvier 2017 à 20h15 – projection des Poissons-Chats, de Claudia Sainte-Luce.