Depuis deux ans, le concept store Heven a pris ses marques rue Nationale, à deux pas de la place Jules Guesde. En juin dernier, une nouvelle enseigne a vu le jour de l’autre côté de la place, rue de Meudon, Heven Eat.

L'enseigne d'Heven Eat joue avec ses airs de déjà vu... chez Heven !

L’enseigne d’Heven Eat joue avec ses airs de déjà vu… chez Heven !

Bois clair, miroir piqué, pierres apparentes, élégante association du blanc et du gris, douce lumière dispensée par un lustre de Cécile Wright… Pas de doute, on est en terrain connu lorsqu’on franchit le seuil du 32 rue de Meudon.
« C’est le même lieu dans deux endroits différents » résume Cédric de Bragança, le fondateur de Heven. « Heven est protéiforme depuis le début, et je voulais que les visiteurs puissent s’y attarder, y prendre un café en feuilletant un livre… La place m’a manqué, mais j’ai eu la chance de trouver ce second local, qui m’a permis d’être plus ambitieux du coup ! »

Franck Vatier

Franck Vatier

Et de fait, on vous propose chez Heven Eat beaucoup plus qu’un café (au demeurant excellent). Le chef, Franck Vattier, ancien de la Tour d’Argent et de Pierre Hermé, imagine tous les jours une carte déclinée en trois formules, de 9,90 à 14 euros. Des tartes, des salades et des soupes côté salé, des cakes et des entremets côté sucré, et quelques cocktails vifs et vitaminés pressés minute. Le tout 100 % bio, une exigence de la maison : « Beaucoup de gens imaginent encore que manger bio, c’est manger des graines, mais c’est faux ! Cuisiner tout bio, c’est compliqué, mais c’est possible, on peut même manger de la junkfood bio si on en a envie ! » lance Cédric de Bragança, un tantinet provocateur. C’est qu’en l’occurrence, on est loin, bien loin de la junkfood. Le patron prend trop au sérieux les exigences et les contraintes de la restauration (« Un restaurant, il faut avant tout que ce soit bon ; c’est une remise en question de tous les jours. ») Franck Vattier fait la part belle aux saveurs naturelles, exaltées dans des recettes d’une apparente simplicité : carottes râpées au persil, lentilles au chèvre, tarte sans pâte (et donc sans gluten) à la Lorraine, cake chocolat-banane à l’onctuosité sans pareil… « Et on n’a pas faim en sortant ! » insiste Cédric de Bragança (confirmé par l’auteure de ces lignes).

La sélection des thés

La sélection des thés

Des plats à déguster sur place, avec vue sur le parc des Glacières, ou bien à emporter tout chauds, pour un déjeuner rapide au bureau. Selon les heures, on peut même voir le chef cuisiner, l’exiguïté du lieu l’amenant à travailler dans la salle même. « J’ai l’habitude des cuisines ouvertes, c’était le cas au Park Hyatt de la place Vendôme » confie Franck Vattier. L’espace en plus… « Là, il faut être très organisé, j’ai pas le droit de me rater ! » et clients d’applaudir.
C’est que cette nouvelle enseigne, l’une des dernières nées dans un quartier qui enchaîne les inaugurations, a trouvé son public. Plein le midi, Heven Eat attire de plus en plus de familles durant l’après-midi, qui profitent de ce vrai salon de thé, où l’on déguste son gâteau sur la table nue, mais avec des couverts en argent.

L'assortiment de cakes du jour

L’assortiment de cakes du jour

Un succès qui réjouit Cédric de Bragança, sans pour autant le surprendre : « L’évolution du quartier est exactement ce que j’avais imaginé. Il y a deux ans, lorsque j’ai ouvert Heven, on me prenait pour un original. Mais pour moi, ce quartier autour de la place avait une atmosphère – et une histoire. Le local d’Heven Eat a longtemps abrité des cabines téléphoniques pour les ouvriers de l’usine. Et la mutation se poursuit. Aujourd’hui, on n’est pas encore tout à fait the place to be, mais l’énergie et l’état d’esprit sont là. »
Une énergie bien nourrie par les commerçants de la place, qui multiplient les initiatives individuelles et collectives pour faire vivre le quartier.