Depuis le 5 mars 2012, l’hôtel 4* Courtyard by Marriott de Boulogne-Billancourt accueille les visiteurs dans l’ancien bâtiment de la Banque de France. À la découverte d’un lieu qui ne manque pas d’âme…

Les riverains ont suivi avec intérêt le chantier de réaménagement de cette succursale classée au patrimoine de la ville, ouverte au public en 1898 et fermée depuis 2005. « C’est une grande chance d’investir un bâtiment historique » explique Julie Van de Kerckhove, la chaleureuse directrice. « Les hôtels Courtyard s’élèvent en général sur un plan commun à tous. Ici nous avons joui et joué des caractéristiques de la bâtisse, pour conférer une âme propre à cet hôtel implanté en pleine ville. » L’équation a consisté à conjuguer la double identité de Marriott et du bâtiment historique.

La banque de France, immuable durant un siècle, est devenue l'hôtel Marriott en mars 2012

Passées les impressionnantes portes d’époque, le gigantesque hall de la banque a été reconverti en une vaste zone d’accueil où, autour de petites tables ou bien installés dans de confortables canapés, les visiteurs peuvent lire la presse internationale et feuilleter les livres d’art mis à disposition.

Caroline Tartour reçoit les visiteurs à l'Oleo Pazzo

Le hall s’ouvre vers le bar et le restaurant avec terrasse, Oleo Pazzo, où Caroline Tartour, la jeune chef boulonnaise, concocte de délicieux déjeuners aux couleurs et saveurs méditerranéennes. Le jour de notre visite, le prosciutto con melon précédait des brochettes de gambas aux quartiers d’ananas, pour un déjeuner conclu par une délicieuse et rafraichissante soupe de pêches aux fleurs d’hibiscus. Caroline, passée par les fourneaux du Gorgeon et du Cap Seguin, s’épanouit dans cet hôtel à taille humaine dont elle apprécie l’ambiance.

Tirant parti du volume, un entresol a été aménagé en retrait, tandis que la salle des coffres s’est mue en salons de séminaire. « Nous pouvons accueillir jusqu’à 100 personnes dans ces salons, modulables à la demande » indique Julie Van de Kerckhove. Il a également été possible de surélever l’édifice sans porter préjudice à la façade, pour aménager au dernier étage des chambres de catégorie supérieure agrémentées de superbes balcons. D’une pièce à l’autre, des larges pots vernis de l’accueil aux élégants dessus de lit, le rouge Marriott assure l’unité de l’ensemble. Sur le toit, enfin, devrait ouvrir au printemps prochain un bar-terrasse sans pareil à Boulogne, le Cent Quatorze up on the Roof, avec vue sur les coteaux de la Seine de Meudon à Suresnes, la ville à nos pieds tapissée des cimes ondoyantes des marronniers de la route de la Reine et du square Léon Blum. Nul doute que l’endroit sera couru.

Up on the Roof, un bar nous dévoile le panorama des coteaux de Seine

Car si les hôtels de l’enseigne Courtyard sont conçus pour recevoir une clientèle d’affaires (l’équipement des chambres, le Business center tout comme l’épicerie où les étourdis peuvent se fournir, à toute heure, en snacks et en brosses à dents), la directrice entend bien ouvrir le lieu aux Boulonnais.

Julie Van de Kerckhove donne de l'âme au Marriott

« Nous désirons ardemment nous implanter dans la ville, parce que Boulogne-Billancourt n’est pas une banlieue comme les autres. Nos clients internationaux sont agréablement surpris de découvrir les musées de la ville, et apprécient la vie qui s’en dégage » déclare-t-elle. C’est ainsi que l’hôtel a recruté une partie de ses employés par l’intermédiaire de la mission locale. D’emblée, le Marriott a aussi considéré Michel&Augustin comme des fournisseurs de prédilection, tout en s’associant au Festival du film. Sachant que celui-ci se tenait 3 semaines seulement après l’ouverture de l’hôtel, on salue l’audace ! La directrice sourit : « Nous avons été enchantés de ce partenariat qui nous a permis d’accueillir les réalisateurs et comédiens invités, Caroline Mitchell et Virginie Dunet sont des personnalités exceptionnelles. Nous allons continuer à soutenir ce festival. » Le dynamisme et la curiosité de Julie Van de Kerckhove la poussent à innover. C’est ainsi que les Art brunches ont vu le jour, fruits de la rencontre de Julie avec les entreprenantes fondatrices de Carré sur Seine : à partir d’octobre, les accrochages se succéderont dans le restaurant, à raison d’un par mois. Le premier dimanche du mois, l’artiste concerné viendra présenter son œuvre aux visiteurs autour d’un brunch. « Carré sur Seine a choisi des artistes ouverts et désireux d’échanger avec le public » indique Julie Van de Kerckhove.

Ce souci de l’échange reflète incontestablement l’esprit de la directrice, qui compte organiser des visites de la ville pour les employés de l’hôtel, mais il correspond aussi à l’histoire de la chaîne Marriott, cette entreprise familiale fondée à Washington DC peu avant la Grande Dépression. « Les Marriott sont des mormons, animés par le sens de la communauté. Le fondateur, J. Willard Marriott, a été l’un des premiers à mettre en place une mutuelle d’entreprise, tandis que sa femme, Alice, assurait des distributions de nourriture aux plus démunis pendant la crise  » raconte Julie Van de Kerckhove. « Ce Spirit to Serve, comme le définissait le fondateur, s’est perpétué jusqu’à présent, sous la direction de la 3ème génération » ajoute-t-elle. D’un bout à l’autre de la chaîne, les employés de Marriott sont régulièrement invités à faire un geste pour la communauté. Ils organisent des collectes alimentaires, soutiennent le Téléthon ou SOS villages d’enfants, organisent des événements caritatifs… « Avec le temps, la notion de communauté s’est étendue non seulement aux groupes humains, mais également à leur environnement » explique Julie Van de Kerckhove, « nous essayons désormais d’allier le Spirit to Serve au Spirit to Preserve.  » Dans cette perspective, la directrice a inscrit son établissement dans une démarche par objectifs (réduction énergétique, choix de consommation, etc.) fixés par la Clé verte, et espère obtenir rapidement le label.

C’est ainsi qu’une jeune femme volontaire a fait du solennel bâtiment de la Banque de France un espace chaleureux et ouvert sur la ville où, d’événement artistique ou caritatif en After Works sur le toit, les Boulonnais ne tarderont pas à se sentir comme chez eux.