Combien de fois Hubert Haddad ? S’il est un écrivain multiple, c’est bien lui !

Le 24 septembre à 19h, la librairie Les mots et les choses le reçoit autour de ses deux derniers livres, Corps désirable et , tous deux publiés chez Zulma pour la rentrée littéraire.

Hubert Haddad ©Philippe Matsas/Opale/Éditions Zulma

Hubert Haddad ©Philippe Matsas/Opale/Éditions Zulma

s’inscrit dans la lignée du Peintre à l’éventail, dans un Japon contemporain et tout empreint d’une culture intemporelle. « Mä », c’est ce kandji qui symbolise l’espace, l’intervalle entre deux choses, deux êtres, deux mots. C’est la pause nécessaire dans le haïku. C’est, sans surprise, la pierre angulaire de ce roman qui met aux prises Shôichi, l’amant nostalgique de Saori, universitaire et spécialiste du haïku, avec ses souvenirs et la nécessité de les dépasser.
« D’apparence radieuse, sans la moindre prévention d’aucune sorte, Saori vivait son divorce comme un désastre exclusif et un désenchantement. Elle n’en montrait rie toutefois, affichant une disponibilité pareille à l’oubli. »

Corps désirable nous invite à une autre forme de détachement : Cédric Allyn-Weberson a subi une greffe quasi-intégrale, des pieds à la naissance du cou. Comment survivre à cette décollation, comment s’incorporer (à) ce nouveau corps ?
« Insoucieux des caméras, pour la première fois et sans haut-le-cœur, Cédric détailla le territoire charnel qui s’étendait sous son menton. A sa demande, il avait pu observer son visage dans un miroir. Quelque chose du regard et de l’expression avait changé, cependant il s’était reconnu, comme on se redécouvre dans une chambre d’hôtel à l’autre bout du monde après un trop long voyage. Mais ce corps, il ne le reconnaissait pas, il n’avait rien vécu avec lui […] »

Entrée libre.