Sur la place Jules Guesde demeure debout l’entrée principale de l’usine Renault. Derrière, la silhouette des grues qui s’activent. Cette porte monumentale devrait être conservée, pour former l’entrée du futur lycée. Mais l’avenir en décidera peut-être autrement ? et, comme le mur de l’Arsenal, peut-être cette porte sera-t-elle démontée, attendant des jours meilleurs dans des caisses numérotées ?

Il y avait une usine. Un philosophe sur le déclin, un jour d’octobre 1970, s’y égara. Car ce fut bien le 21 octobre 1970, au moment du procès d’Alain Geismar bientôt condamné pour avoir reconstitué la Gauche prolétarienne, mouvement dissous d’autorité quelques mois plus tôt, que Jean-Paul Sartre monta sur un tonneau à la sortie de l’usine pour haranguer la foule. Voilà pour la petite histoire.

Pour le reste, lorsque le temps n’est pas si pluvieux, la place Jules Guesde aujourd’hui est l’une des plus agréables de la ville, avec ses beaux arbres, ses petits immeubles, le parc des Glacières, les terrasses, et les bancs sur le terre-plein central.