Depuis la fin juillet, l’équipe de la MGP sillonne le territoire en minibus pour rencontrer les élus locaux des 110 sites candidats au projet Inventons la Métropole du Grand Paris.

Inventons la Métropole du Grand Paris

Rencontre avec le maire d’Antony

« Nous serons parvenus à rencontrer tout le monde d’ici le 15 septembre » indique Martin Guespereau, directeur du projet.
Il faut dire que le rythme est soutenu. Ce jour-là, il fait 35° et l’ambiance est tout aussi chaleureuse. Martin Guespereau et Jacques JP Martin, maire de Nogent sur Marne et conseiller métropolitain, ont six sites à visiter, répartis sur les territoires T2 (Vallée Sud Grand Paris) et T3 (GPSO). Avec l’urbaniste Florence Battistini, Pierre-Yves Appert de la DRIEA et Nicolas Ledoux d’Algoé, ils suivent un protocole bien rodé. A chaque site est dévolue une grosse demi-heure au cours de laquelle l’équipe rencontre les élus et les services, échange, prend des photos, demande des précisions et donne quelques conseils pour finaliser les dossiers.

Inventons la Métropole du Grand Paris

Départ de la visite à Bagneux avec les équipes de Marie-Hélène Amiable

« La rencontre avec les acteurs sur le site est aussi importante que le dossier en soi » souligne Jacques JP Martin. À le voir à l’œuvre, on n’en doute pas. Maire lui-même, il entend et comprend leurs préoccupations, tout en apportant la vision globale nécessaire au projet. Ici, il demande un détail sur le coefficient de biotope, là il insiste sur la qualité de vie comme élément d’attractivité économique, ailleurs, il suggère une autre approche pour traiter un problème. Comme lui, une dizaine d’élus locaux membres du conseil métropolitain se sont réparti les sites.

Inventons la Métropole du Grand Paris 

Soutenir la créativité et l’innovation urbaines

Leur visite fait suite à la réception des dossiers envoyés par les collectivités entre mai et juillet. Répartis sur toute la métropole, concernant quelques milliers de mètres carrés ou plusieurs dizaines d’hectares, les sites frappent par leur hétérogénéité, subsumée par des perspectives communes.

Inventons la Métropole du Grand Paris

A Issy-les-Moulineaux, cette étroite parcelle devra exister aux côtés des tours Libeskind

Le projet Inventons la Métropole du Grand Paris a en effet été conçu pour donner une cohésion au territoire. La Métropole a pour l’instant deux grandes compétences : l’aménagement du territoire et le développement durable. De ceci découlent les deux grands objectifs soumis aux maires : identifier des sites capables de répondre aux défis environnementaux et de s’adapter aux mutations urbaines.
À partir de là, peu d’entraves aux candidatures, pourvu qu’elles obéissent aux critères suivants :

  • La maîtrise du foncier concerné, puisque le concept repose sur la cession du foncier aux entreprises qui réaliseront le projet ;
  • La clarification administrative, sur des sites souvent stratifiés ;
  • Un esprit d’ouverture conforme aux grandes lignes de l’appel à projets.

Autant de sites, autant de profils

Ce sont essentiellement ces points qui sont vérifiés au cours des visites. D’un site à l’autre, la situation peut beaucoup varier. Certaines villes se sont bien pénétrées de la philosophie générale, et en font la démonstration lors de la rencontre. « L’esprit métropolitain » les conduit à convier au rendez-vous des maires voisins, mais aussi des représentants de la voirie départementale ou de l’EPF.

Inventons la Métropole du Grand Paris

Inventons la Métropole du Grand Paris à travers les sentiers de Bagneux

Le projet peut être précis dans ses grandes lignes, comme à Bagneux, qui souhaite mêler habitations et fablabs sur l’agriculture urbaine tout en préservant ses sentiers caractéristiques, et rester ouvert au moyen d’un PLU faisant du site une « zone de transition. » Il peut être encore embryonnaire, comme sur les trois parcelles identifiées par les villes de Paris et Vanves, en bordure du périphérique. Là, l’accent est mis sur le potentiel, la localisation près du parc des Expositions et d’une future gare du GPE, mais aussi sur les difficultés techniques. Plus ouvert encore, comme à Antony où quelque 40 hectares ( !) sont à réaménager près d’une future gare GPE, avec la difficulté de traiter les lignes à haute tension. In fine, le terrain devrait être fractionné en plusieurs sites pour faciliter l’appel à candidatures.
Comme le confie une participante dans une autre ville, Inventons la Métropole du Grand Paris peut être « le moment ou jamais de trouver des solutions à des problèmes anciens. »

Si les dossiers sont plus ou moins aboutis, Martin Guespereau estime qu’une vingtaine sont vraiment problématiques. Mais, avec 110 candidatures, le projet dépasse toutes les espérances de Patrick Ollier, le président de la MGP, qui en attendait une soixantaine.

3 sites candidats dans GPSO

Sur le territoire de GPSO, trois villes se sont portées candidates : Vanves, Ville d’Avray et Issy-les-Moulineaux.

Inventons la Métropole du Grand Paris

A Vanves, Pascal Vertanessian présente un projet en lisière de périphérique

À Issy, il s’agit de deux sites pris dans le réaménagement plus large de la ZAC Léon Blum, près de la future gare du Grand Paris Express. Les parcelles sont longues et relativement étroites, amenées à exister face aux trois futures tours de Daniel Libeskind. Le directeur des services techniques, Luc Richard, insiste sur l’appel à l’audace de ce programme carte blanche.
À Vanves, la problématique tient au caractère limitrophe de l’espace, pris entre la ville et le périphérique, voire sur le périphérique. D’où l’initiative d’un projet conjoint présenté avec Paris pour réaménager l’espace entre les portes Brancion et de la Plaine. Pascal Vertanessian, l’adjoint à l’Urbanisme de Vanves, met en avant le caractère stratégique du site et les changements de pratiques induits par l’arrivée du Grand Paris Express : les visiteurs du premier parc d’expositions de la capitale méritent un meilleur environnement. Et, s’ils n’entrent pas dans Vanves aujourd’hui, ils le feront demain, pour rejoindre Orly ou la Défense en un temps record. Les portes redeviennent bien des entrées de ville, vers Paris comme vers Vanves.
À Ville d’Avray qui recevait l’équipe le 29 août, c’est l’aménagement d’une lisière de forêt qui requiert un projet innovant.

On peut s’étonner que Boulogne-Billancourt ne soit pas candidate, en pensant à l’île Seguin dont le programme d’aménagement est à l’arrêt. Ses particularités auraient eu de quoi stimuler la créativité internationale.

Les lignes de force de l’appel à projets international

Une fois la liste des sites arrêtée début octobre, l’appel à projets international sera lancé. « Un projet similaire avait été mis en œuvre pour le Grand Londres, si bien que les grandes entreprises comprennent très bien ce langage » explique Martin Guespereau. « Ça va être une première en France ! »

Faire profiter les communes d’une dynamique collective

Inventons la Métropole du Grand Paris

Précisions sur le projet à Malakoff

La MGP a été voulue pour se donner les moyens d’exister et d’agir à l’échelle européenne et mondiale.
Inventons la Métropole du Grand Paris s’inscrit précisément dans ce projet, en contribuant à redynamiser des espaces qui ne bénéficieraient pas, autrement, de la même visibilité. Outre les quatre techniciens embarqués ce jour-là avec Jacques JP Martin, la MGP peut mobiliser un représentant de la Société du Grand Paris (en charge du projet du Grand Paris Express) et un assistant à maîtrise d’ouvrage juridique.
Avec la collaboration de l’APUR (Atelier Parisien d’Urbanisme) ils vont travailler à mettre à niveau l’ensemble des dossiers pour promouvoir au mieux les différents sites auprès des porteurs de projets.
L’effet de synergie est évident. Il se fait également sentir lors des échanges avec d’autres instances, le groupement des requêtes conférant alors à la MGP une importante force de négociation.

Un financement essentiellement privé

Inventons la Métropole du Grand Paris

L’enjeu à Bourg-la-Reine : réorganiser en un tout cohérent la place de la gare par laquelle transitent 23 000 voyageurs par jour

C’est la condition sine qua non  : les villes doivent être prêtes à céder le foncier à l’équipe lauréate de l’appel à projets pour son site. C’est en effet cette équipe qui le financera en majorité, à charge pour elle d’équilibrer le cahier des charges et le retour sur investissement.
En complément, l’État pourra contribuer au financement par le biais des investissements d’avenir dans le cadre du projet Ville de demain mené par la Caisse des Dépôts. L’enveloppe globale pourrait atteindre 100 millions d’euros, versés sous forme d’apports minoritaires dans des sociétés de projets créées pour l’occasion.

Un calendrier serré

Inventons la Métropole du Grand Paris

La bordure du périphérique intéresse plusieurs projets, comme ici à Malakoff – fresque de Vince

Face au nombre inattendu de candidatures et aux spécificités de chacune, le projet Inventons la Métropole du Grand Paris pourrait connaître plusieurs vagues.
La première débutera véritablement le 10 octobre prochain au pavillon Baltard de Nogent, avec le lancement de l’appel à projets devant les professionnels français et internationaux. Seuls trois groupements par site seront autorisés à concourir. « Compte-tenu de l’investissement qu’on leur demande, il faut que la probabilité de l’emporter soit forte » justifie Martin Guespereau.
Dès novembre, cette première sélection devrait être connue.

Les candidats auront alors jusqu’en 2018 pour plancher sur les projets, assistés par l’équipe de la MGP. À cette date, un jury présidé par le maire de la commune concernée désignera le projet lauréat.

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asophie

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Rédactrice en chef de l'e-bb
Boulogne sous tous les angles