Au début il y a eu Ismaël. C’était dimanche, juste après le marché, d’où j’étais partie très tard pour cause de bavardage intensif avec les copains. Il  pleuviotait et le repas du dimanche attendait que je vienne m’en occuper.

Je roulais tranquillement dans un quartier encore plus tranquille lorsqu’Ismaël m’a fait signe de m’arrêter. Je me suis rangée un peu plus loin et là, j’ai rejoint Virginie. Ils étaient tous deux dans la situation très désagréable d’avoir une voiture, un pneu crevé et rien pour se dépanner.

Nous avons vidé mon coffre, trouvé le cric et les outils et ils étaient presque sortis d’affaire lorsque … nous nous sommes rendu compte que la clef pour les boulons ne collait pas ! Trop grande …

Une longue discussion a suivi pour déterminer s’il fallait aller à la station service porte de St Cloud ou pas, y aller à pieds ou en voiture, maintenant ou tout à l’heure. Tout ceci en regardant passer les quelques voitures et en cherchant une idée.

Finalement un monsieur, le premier « autre », est passé et nous l’avons interpellé – « Vous n’auriez pas une clef » ? Et non, il n’avait pas une clef ; en revanche il avait des idées et nous avons réfléchi ensemble. N’y avait-il pas une trousse dans la Renault – il connaissait bien le marque pour en avoir eu, à l’avant ? Sous le tapis du coffre ? De toutes façon nous at-til dit chaque voiture a ses pneus et ses outils, aucune chance de transposer de l’un à l’autre, ou plutôt si, si on a de la chance !

Et nous avons devisé comparant nos aventures automobiles. Pendant ce temps Ismael cherchait une autre personne susceptible de nous aider – ces deux grand-mères ? non, pas d’outil dans la voiture ; ces deux jeunes ? non, pas la même taille de pneus … ceux-là … non partis avant que l’on ne puisse leur parler.

Finalement, le monsieur identifie une personne qui venait de se garer un peu plus loin et qu’Ismaël a couru lui parler, la clef à la main pour lui en demander une plus adaptée. Ce second « autre » a réouvert la voiture, trouvé la clef, l’a confiée et nous nous sommes retrouvés, devant la roue, Ismaël travaillant , le premier monsieur conseillant, Virgine et moi bavardant.

Las, les boulons étaient grippés et la nouvelle clef, bien qu’adaptée, n’y pouvait rien. Le monsieur disait « Mettez le pied sur la clef et poussez », Ismaël disait « Je vais casser la clef », l’autre monsieur disait « Essayez quand même » lorsque Françoise est arrivée et a dit tout simplement » Si vous voulez, j’ai un cric en croix, ce sera plus simple ».

Alors Ismaël est parti chercher le cric, le second monsieur a repris sa clef, Virginie a rigolé, Françoise a donné le cric, le premier monsieur a donné quelques conseils et j’ai pris des notes. Ismaël a mis le pied sur la croix et d’un seul coup le boulon a tourné, puis le second jusqu’au dernier !  Nous avons poussé les cris de joie, et nous n’étions pas peu fiers !

Et puis tout s’est enchaîné très vite et Ismaël a défait la roue pour que nous trouvions l’objet de toutes nos recherches : une vis dans le pneu , bien plantée, toute droite !  « Surtout ne la retirez pas, le pneu ferait pschitt a dit le premier monsieur et serait définitivement foutu ; ça m’est arrivé ! » « Avec un peu de chance, il vous feront une rustine autour de la vis et le pneu sera réparé » a dit Françoise. Et moi j’ai pris une photo.

Le monsieur est parti en nous souhaitant un bon dimanche, j’ai proposé de prendre une autre photo, j’ai parlé de l’e-bb car je parle toujours de l’e-bb et finalement nous avons décidé de parler de nous dans le journal. Ce qui fut fait !