« Je ne comprends ni les autres ni moi-même » avoue Ivanov. Il a aimé, il n’aime plus sa première épouse, malade. Il s’apprête à épouser Sacha. Par amour, parce que sa dot renflouerait sa situation financière désastreuse, parce que l’ardente, la pure Sacha est irrésistible pour un être aussi incapable de s’assumer ?

« Mélancolie, noble nostalgie, vague à l’âme », revendique un personnage au quatrième acte, en tentant de donner à leurs turpitudes un vague verni romantique ; là où des spectateurs ne verront que cynisme, veulerie, déchéance vulgaire.

Dans Ivanov, écrit Jacques Osinski qui a réalisé cette belle mise en scène, actuellement jouée au T.O.P de Boulogne-Billancourt «  personne n’est bon, personne n’est mauvais »

Il n’est pas étonnant que la première représentation, en 1887, de cette pièce, un peu moins connue de Tchekhov, ait suscité un tel tohu-bohu que l’auteur a dû en proposer une version, un peu édulcorée, deux ans après. Jacques Osinski, à la tête du « Centre national dramatique des Alpes », a repris la première version, plus âpre, montrant pleinement la complexité, l’ambivalence des personnages, parfaitement interprétés par des acteurs formidables.

De longs silences, parfois soulignés par un accompagnement musical, ponctuent certaines tirades brillantes, comme s’ils s’interrogeaient sur la sincérité de leurs propos, après les avoir énoncés ; en laissant au spectateur le temps de nuancer progressivement son point de vue.

Je ne peux que vous conseiller de profiter de ce week end du 11 novembre pour aller voir Ivanov. C’est un excellent antidote contre le manichéisme et le simplisme.

 

 

du 9 au 12 novembre à 20h30

Dimanche 13 à 16 heures

THEATRE DE L’OUEST PARISIEN
1 place Bernard Palissy
(face au 87 av. J.B Clément)
92100 Boulogne-Billancourt
Billetterie  01 46 03 60 44

reservations en ligne www.top-bb.fr

 

 

 

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Gilbert Veyret

Gilbert Veyret

Il pensait ne rester que peu de temps à Boulogne-Billancourt. Cela fait plus de 40 ans que ça dure. 5 de ses petits enfants y vivent. Il commence donc vraiment à se sentir Boulonnais et à en connaître les contours ! Mais il aime aussi en sortir (Bordeaux, en arrière plan)