Allées du parc -Jors-

Allées du parc -Jors-

Toutes les expositions que VOZ’Galerie met en scène, depuis son ouverture, invitent à regarder le monde qui nous entoure à travers l’objectif « subjectif » d’un artiste. JORS ne déroge pas à la règle et jusqu’au 4 mai prochain, l’on peut découvrir grâce à lui,  le « réalisme paradoxal » du cadre dans lequel nous vivons.e-bb. Comment êtes-vous venu à la photographie comme art ?Jors. J’ai découvert la photographie en amateur dans les années 80. C’était l’époque des appareils argentiques et ce n’était pas toujours facile. Je me souviens que je devais attendre que mes enfants aient libéré la salle de bains pour pouvoir transformer cette dernière en laboratoire de développement. L’arrivée du numérique a changé tout cela et je me suis remis à la photographie en 2003. Et j’avoue que je n’ai aucune nostalgie par rapport à l’ère de l’argentique, les appareils actuels offrant de plus des possibilités quasi infinies.

e-bb. L’exposition s’intitule « Réalisme paradoxal ». Pouvez-vous nous en dire plus sur le choix de ce titre ?

Jors. Je suis un photographe de terrain attaché à la réalité, venu à la photo sans prétention

d’exposer et qui lutte contre la recette ; si une scène a plu, il est facile d’essayer de la reproduire mais ça me lasse, c’est un piège car on risque de ne plus voir.

Borderligne -Jors

Borderligne -Jors

Je suis attiré par ce qui disparaît, par les paysages classiques comme le parc du château de Versailles mais même si mon regard est pessimiste, j’ai la volonté d’y trouver le détail qui rend espoir, et l’insolite, fait pour déconcerter le spectateur ami de la logique.
Pour résumer, le touriste photographie pour avoir des souvenirs, l’artiste le fait pour corriger le réel et non pour proposer une reproduction photographique de la réalité.

e-bb. Dans un certain nombre des photographies qui sont exposées, le brouillard occupe une place importante…

Jors. En effet, j’adore le brouillard, il révèle et sépare des plans, c’est un écran qui permet de mettre en exergue et en perspective. J’aime aussi la mousse, le

lichen qui prend d’assaut les monuments. Il faut peut-être y voir l’influence de mon admiration pour la peinture flamande et les « vanités » (Ndlr. Catégorie de peinture suggérant le peu d’importance et la précarité de la vie humaine.).

Laverie - Jors

Laverie – Jors

e-bb. Si vous deviez choisir trois de vos œuvres exposées, lesquelles choisiriez-vous et pourquoi ?

Jors. Question difficile mais je vais essayer d’y répondre…

D’abord « Borderline 2 ». C’est une photo de digue bretonne après équinoxe, prise en 2004 avec une série d’autres sur le même thème, mais je n’ai vu le potentiel de cette image qu’en 2007, trois ans plus tard. Pourquoi ne l’ai-je pas vu plus tôt ?
Il y a ensuite « L’allée », prise dans le parc de Versailles. C’est la première photo de ce type de paysages brumeux. J’aime le contraste entre le classicisme de cette allée, son peu de couleurs, et le panneau du sens interdit, posé comme un point rouge dans ce paysage monochrome.
Et enfin, « La laverie »… C’était un soir de Noël, les passants se pressaient de rentrer chez eux, ayant fait les dernières courses, victuailles, cadeaux…Et au milieu de tout ce luxe, une femme dans une laverie fait sa lessive, examine son linge pour voir s’il est propre… C’est ce décalage que j’aime…

Et vous, lecteurs de l’e-bb, lesquelles choisiriez vous ?
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