Samedi 30 août 2014, l’école des sciences et de la biodiversité – qui ne portera donc pas le nom de Nelson Mandela – a été inaugurée. Retour et présentation.

Un vrai air de rentrée par un temps enfin clément accueillait beaucoup de monde, parents et enfants, et même, tout petits venus respirer l’atmosphère de la future école de leurs aînés.

Dans la cour

Dans la cour

Philippe Wuillamier, Directeur académique des services de l’Éducation nationale, et la nouvelle inspectrice Anne-Marie Sacco accompagnaient le maire Pierre-Christophe Baguet et quelques élus pour cette opération triomphale.
On note avec satisfaction le retour a une architecture d’école « fermée », entourant les espaces de récréation, apportant beaucoup de sécurité, au risque de faire un peu forteresse. La diversité de la flore des toits et des murs et de la faune qui est appelée à nicher dans les 1500 parpaings évidés atténuera sans doute cet aspect massif de l’extérieur.

Un gymnase de compétition

Un gymnase de compétition

Dans son allocution, le maire a insisté sur l’importance de la surface mise à la disposition des enfants avec une moyenne de 400 m² par classe (bâti et espaces collectifs construits). L’ensemble couvre 6682 m² + 120 m² d’appartement de fonction. Il s’est félicité de l’intégration d’un gymnase aux normes nationales permettant l’organisation dans un proche futur de compétitions régionales. Ce vrai projet, destiné à rapprocher les enfants de l’observation de la nature… va courir les prix d’architecture et espère même la célèbre Équerre d’Argent (il n’y a pas d’or, ndlr).
Il a prédit une longue vie à cette école (50 ou 100 ans). Quand chacun n’a, en matière d’architecture que les mots DÉVELOPPEMENT DURABLE, on espère bien tabler sur 100 ans et plus. A Boulogne, les écoles Thiers et Billancourt ont montré le chemin de la longévité en dépassant allègrement les 100 ans sans, pour autant acquérir le statut de « monument historique »… Mais, hélas, les garanties constructeur ne sont que décennales…

La distribution des espaces sur plusieurs niveaux - CR ChartierDalix

La distribution des espaces sur plusieurs niveaux – CR ChartierDalix

L’école peut abriter 18 classes. Pour 2014, en cumulant les classes Maternelles qui seront au rez-de-chaussée et les Primaires, 13 classes seront ouvertes dès mardi 2 septembre. Le directeur unique, Monsieur Perdriat aura donc une décharge complète de cours. Un vrai soulagement pour le nouveau quartier, dont le dynamisme démographique peinait à s’accommoder de la seule école Doisneau.
Cette nouvelle école doit donc devenir un écosystème à lui tout seul au milieu d’une zone densément construite. On voit assez comment seront implantés les végétaux par la main de l’homme, et on espère que les moineaux, les merles, les fauvettes, les pies, les corneilles et même, les pipistrelles et tous les insectes dont chacun se nourrit viendront occuper dès le printemps prochain les parpaings évidés spécialement pour eux. Il est difficile de croire que « cette maison pour tous » puisse vivre toute seule ; elle échangera sûrement avec les coteaux de Meudon et les arbres de la ville. Déjà, les canards sauvages font escale dans nos mares et nos bassins, souhaitons que très vite tout ce petit monde volant trouve sur place les commodités d’une vie facile.

Des parpaings nichoirs pour accueillir une population de volatiles... - CR ChartierDalix

Des parpaings nichoirs pour accueillir une population de volatiles… – CR ChartierDalix

Mais laissons parler la créatrice Pascale Dalix, qui présente l’école en ces termes sur son site : « Ce projet, extrêmement innovant combine les 2 programmes dans une enveloppe “vivante,” devant accueillir diverses espèces de faune et de flore. Le défi est de créer un écosystème en toiture : une nature primitive, qui se prolonge dans la texture d’un mur d’enceinte habité. Nous prenons le parti de la fluidité en reliant les pleins et les vides, comme les différents niveaux topographiques en évitant au maximum les ruptures. Le bâtiment devient ainsi un morceau de territoire extrudé, un paysage en hauteur, dans lequel une nature indigène se développe librement – sorte de canopée urbaine – à l’abri, mais aussi sous la protection de l’homme. Les locaux d’enseignement suivent cette logique en enveloppant des espaces récréatifs aux contours souples (rdc pour la maternelle, R+1 pour l’élémentaire) accompagnés de zones paysagées généralement accessibles ou en continuité visuelle permanente. » Tenante de l’inscription dans le territoire et de la végétalisation du bâti, l’architecte décline actuellement le concept pour une école à Aubervilliers, sur le thème de l’eau.

Le projet de l’école a été arrêté en 2011, les architectes de l’équipe parisienne de Frédéric Chartier et Pascale Dalix ayant gagné le concours lancé par la ville de Boulogne Billancourt. Le projet a subi peu de modifications depuis l’origine, mais estimé à 12,5 Millions d’euros HT par le Courrier de l’architecte en octobre 2011, il aura finalement coûté 34 millions d’euros TTC, ce qui représenterait le montant d’une année d’impôts locaux des Boulonnais ! ! !
Quoi qu’il en soit, chacun est enchanté que ce chantier soit terminé à temps pour la rentrée.

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