Oui, tout ça à la fois, et même un peu plus encore, c’est ce qui attendait les Boulonnais sur un tronçon du boulevard Jean Jaurès rendu piétonnier hier.

Comme l’an dernier, l’opération consistait à sensibiliser, de stand en stand, le public à ces grandes questions. Les concessionnaires exposaient leurs véhicules hybrides ou 100 % électriques, les passants se demandaient comment tenir à l’arrière de la Twizy, GPSO rappelait l’existence d’une maison de la nature et d’un conseiller-énergie pour consommer moins, un petit bus électrique promenait les enfants, la RATP rappelait l’existence d’Imagine R, les amis du Palace vendaient du foie gras – durable, forcément -, des « Safari clowns » promenaient leur fanfare en long, en large et en travers suscitant le dandinement immédiat des passants, les enfants se pressaient au stand de maquillage ou autour des jeux géants du CNJ…

Un peu en marge, mais bien dans la thématique, un groupe de Boulonnais en gilet jaune fluorescent marquait de sobres panneaux blancs l’emplacement des derniers accidents mortels survenus sur la voie publique. 4 personnes en deux ans sont décédées sur le coup, victimes de chauffards ou de la mauvaise visibilité de conducteurs. « Ça commence à faire beaucoup, commente Julien Simonpieri. Des aménagements ont été effectués place Marcel Sembat après un accident dramatique, mais ils n’ont pas empêché une nouvelle mort cet été. Il faut prendre ce problème à bras le corps avec les Boulonnais, c’est le sens de notre opération et l’objet de notre tract. Nous leur demandons de recenser les points dangereux, aussi bien du point de vue des piétons que des voitures, et de nous faire part de leurs suggestions. » Au cours de sa marche, le petit groupe a déjà recueilli de précieux témoignages, comme celui de cette famille, qui habite au-dessus du feu placé avenue du Général Leclerc, avant la rue Liot : là, une femme a été victime d’un motard qui brûlait un feu. « Tous les automobilistes brûlent ce feu, explique le papa : ils accélèrent depuis la place et ne s’arrêtent pas, jusqu’au feu suivant ! » Pendant qu’il parle, on constate le phénomène. Sa solution : « Il faut réprimer : c’est bête et méchant, mais une vidéo-radar à ce feu serait bien utile, juge-t-il. »
Une maman renchérit, un peu plus loin : « Cette traversée est d’autant plus dangereuse que le temps de traversée est très court. Même si vous allez très vite, vous ne pouvez pas traverser d’un coup. Et c’est très angoissant de se retrouver coincé dans le refuge avec une poussette, entre les véhicules qui roulent à toute allure. »
Deux autres personnes vilipendent quant à elles l’extension des terrasses place Marcel Sembat et le mobilier urbain : « En poussette ou en fauteuil, il est impossible de passer sur les trottoirs qui encadrent la rue des Quatre Cheminées, témoignent-elles. Alors on passe sur la chaussée. Et pour les véhicules, tous ces parasols bloquent la visibilité, rendant la traversée encore plus dangereuse. »

L’une des affiches apposées hier :

Devant Bricorama

Pendant ce temps les clowns paradent sur le boulevard :

Les "Safari clowns"

Le Palace fait des affaires :

Le Palace occupe carrément la moitié de la chaussée

Les enfants se voient déjà métamorphosés en tigre :

Le petit bus attend d’avoir fait le plein :

Le boulevard était donc indéniablement animé, mais on serait curieux de savoir ce que les visiteurs auront retenu de la sécurité routière, de la mobilité, et du développement durable dans tout ça.