« L’île de la culture, de l’extraordinaire, de l’innovation, L’île Saint Louis du XXI siècle, De l’île industrielle à l’île industrieuse, Île durable, L’île de tous les arts, Figure de proue du Grand Paris, Scène sur la Seine… »

Patrick Devedjian, Pierre-Christophe Baguet et Jean Nouvel - photo A. Carbonnet

Voilà quelques-unes des expressions entendues mercredi au fil des interventions de Pierre-Christophe Baguet, Député-maire de Boulogne Billancourt, de Patrick Devedjian, Ministre de la Relance et Président du Conseil Général, et de Jean Nouvel, Architecte-Urbaniste de renommée internationale, en charge du projet d’aménagement de l’île.
Avec l’ambition de « déplacer le centre de gravité du Grand Paris culturel », l’île Seguin représente pour les porteurs du projet 11,5 hectares de « rêve  » associant la ville, le Conseil Général et GPSO.

Le ton était donc  lyrique, et tous les discours résolument tournés vers l’avenir, même lointain, puisque l’achèvement est programmé pour  2017. Quant au projet lui-même, il évoque les navires au long cours.

Sans revenir sur l’engagement du Conseil Général d’inscrire l’île au sein de la Vallée de la Culture grâce à un pôle musical de prestige, les présentations permettent de dégager trois dimensions :

  • un pôle culturel ambitieux,
  • une volonté de mixité des activités et des équipements,
  • un modèle d’urbanisme et d’architecture durable.

La maquette met en évidence la silhouette du paquebot

Le pont de ce  « bateau pétrifié »devrait être divisé en trois parties principales :

La serre sera amovible

– A la proue ou à l’aval, un pôle musical avec deux salles de spectacle, l’une de 3000 à 5000 places et l’autre, un auditorium, de  500 à 800 places, mais aussi le conservatoire à rayonnement régional, des studios d’enregistrement et la maîtrise des Hauts de Seine ;

– A la poupe ou à l’amont, un pôle d’art contemporain, avec des galeries d’art, le Cube d’Issy les Moulineaux consacré aux arts numériques, le lieu de mémoire de l’usine Renault et la fondation Renault d’art contemporain, et très probablement la Fondation Cartier …
– En partie centrale, le château du navire amiral abriterait pour sa part des galeries commerciales, un multiplexe, un « cirque numérique » de 1400 places, une École Supérieure des Arts Numériques, un grand hôtel, une résidence pour artistes, des bureaux, des restaurants et surtout des espaces verts pour lesquels Michel Desvigne a imaginé un grand jardin sous verrière de 4,5 hectares ainsi que des terrasses plantées accessibles au public.

Premiers pas sur le jardin de Michel Desvigne

Sur le projet lui-même, on retrouve la vision de Jean Nouvel, commune à ses réalisations à Paris et dans le monde entier. Celui qui déplorait en 1999 l’abandon du patrimoine industriel du site présente aujourd’hui une conception d’ensemble qui vise à tourner résolument le dos aux erreurs urbanistiques et architecturales du XXème siècle.

Pour ceux qui ne sont pas familiers avec l’œuvre de ce célèbre architecte, il faut souligner sa volonté d’intégrer le projet dans son environnement, dans le respect des abords et de la perspective exceptionnelle de cette portion du fleuve. Puisque l’île, mise à plat, ne saurait plus évoquer la mémoire des usines, reste cet écrin fluvial. Pour Nouvel, cette « ville dans la ville » dont la Reine sera la Culture, doit regrouper toutes les composantes de la vie urbaine.

A la fois objet urbain et élément du paysage, cette cité sur l’eau offrirait à tribord une continuité avec le quartier du Trapèze en présentant une façade fermée surmontée par la haute tour-cheminée, et s’ouvrirait à bâbord sur les coteaux de Meudon.

Les toits-terrasses seront en grande partie accessibles au public

Parmi bien des éléments forts, on en distinguera deux.
D’une part, l’aménagement de jardins en libre accès à tous les niveaux et dans toutes les dimensions. La maquette étonne et éblouit par sa succession de toits-terrasses, comme autant de jardins suspendus d’une moderne Babylone. Sa matière translucide accentue encore l’effet aérien des terrasses, qui semblent pour l’heure flotter en apesanteur au-dessus de l’eau.
D’autre part, en pendant à ces 7 hectares verdoyants dont 4,5 hectares de plain pied, Pierre Christophe Baguet a voulu mettre l’accent sur la qualité environnementale de l’ensemble : puits canadiens, panneaux photovoltaïques… seront intégrés aux bâtiments.

Un grand projet dont chacun restera seul juge mais auquel il faut reconnaître de l’ambition et de l’audace.

Ci-dessus, une simulation du projet présentée mercredi lors de la conférence de presse. – CR Val de Seine aménagement.

Cependant, bien des interrogations demeurent sur la densité et la hauteur du bâti, sur les modes de financement des équipements, sur le coût d’entretien des espaces verts et des bâtiments, sur la gestion des flux, sur l’engagement dans la durée au gré des élections, et sur le retour sur investissement.

Comment les riverains de l’ile Seguin accueilleront-ils la vision de Jean Nouvel ? Jeudi soir, en conseil municipal, Gauthier Mougin, le maire-adjoint à l’Urbanisme de Boulogne Billancourt, a annoncé la tenue prochaine d’une large concertation avec toutes les parties prenantes : habitants et riverains, élus, associations, institutions… Cette concertation constituera probablement une des pierres angulaires du débat, si l’on ne veut pas répéter certaines erreurs qui ont valu à l’île et aux Boulonnais quelques mauvais rêves depuis la fermeture de l’usine Renault.

Je suis heureux d’avoir pu être présent pour informer nos lecteurs sur ce projet capital pour notre ville. Je saisis d’ailleurs cette occasion pour rappeler que l’e-bb est bien un journal en ligne qui a pour vocation d’informer les Boulonnais sur la vie de la cité, sans a priori. C’est pourquoi je regrette que certains représentants de l’e-bb, pourtant dûment accrédités, n’aient pu accéder à la conférence de presse.
Il est évident que l’e-bb continuera à vous tenir informés des développements de ce grand projet.

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steph

Boulonnais depuis bientôt 35 ans, j'y ai fait venir ma femme qui ne quitterait plus la ville pour un empire. Avec elle nous avons déménagé deux fois à BB et donné le jour à deux enfants, eux aussi boulonnais. et nous venons d'y prendre notre retraite. Conseiller de mon quartier depuis 2003, j'essaye de participer le plus possible à la vie de BB. La rencontre avec mes complices de l'e-bb me permet de vous faire bénéficier de tous nos bons plans et de notre passion pour cette ville. Si vous croisez un homme aux cheveux blancs tiré par un chien encore plus blanc, il y a de forte chance pour que ce soit moi.