Blanchisserie Leroy rue de la Rochefoucauld

Passants, vous qui empruntez la rue de La Rochefoucauld à Boulogne, arrêtez-vous un instant pour rêver à ce qu’elle fut… il y a quarante ans, cette ruelle aux trottoirs étroits, reliant le chic « Boulogne Nord » à l’église Notre-Dame.

C’était un morceau d’Italie planté dans ce quartier à l’opulence toute pompidolienne. Constituée de maisons ouvrières entrelacées dans un lacis d’impasses et surpeuplées de Napolitains, la rue bruissait de cris et de rires, et le linge décorait chaque fenêtre mieux que les guirlandes de Noël.
Il y avait l’épicier auvergnat qui a vendu l’unique commerce encore vivant au désormais célèbre monsieur Ali. Il y avait la charcutière italienne (très belle) et la boulangère édentée. Il y avait le tripot des Corses, aux rideaux marrons toujours tirés…

Hormis Ali, tout le monde est parti. Les Italiens, qui travaillaient aux usines Renault ou dans les blanchisseries des bords de Seine (Boulogne a un passé de lavandière), ont été remplacés par les bobos avides d’une authenticité détournée. Les maisons, noires de suie à l’époque, se sont éclairées. La rue, dans le calme, s’est embellie.
Mais une ex petite fille se souvient de Lino Ventura qui allait voir sa mère tous les jours au 8 bis de cette rue. Il passait taper une belote chez le Corse avant ou après sa visite. Et pour une gamine sur le chemin de l’école, croiser Lino le Magnifique, c’était un truc à vous ensoleiller la journée…

Lino Ventura

Aux mémoires de Boulogne, qui procurent parfois une sensation de bonheur absolu.

Ps : Notez, messieurs ! Ventura allait voir sa mère TOUS LES JOURS !

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Valérie Pineau-Valencienne

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