la valse du singeUne belle et redoutable amazone, Irina  vient de recevoir l’investiture du parti majoritaire pour gagner la mairie de la première ville d’Ile-de-France, contre le maire adjoint, Bernard Lanqueteaux dit Camembert personnage odieux qui a la légitimité du terrain. Le système informatique de pointe qui gère les services de la ville,  flique chaque individu, et envoie par le biais d’un virus un singe démoniaque valser sur les écrans,  désignant ainsi  les adversaires à abattre.

Bienvenue en 2019 à Boulogne-Billancourt où tous les coups fourrés sont permis pendant la semaine cruciale où doivent se constituer les listes pour les élections municipales de 2020. Cette tâche est dévolue  par Irina à Denis jeune loup rompu au monde de l’entreprise, mais qui croit encore à la quête  de l’intérêt général en politique. Denis va découvrir un florilège de vices bien planqués derrière la société du sourire qu’il aborde en Rastignac ;  son cheminement donne un roman choc, cruel et fascinant, satyre politique aux accents rabelaisiens,  dont seule la belle ville de Boulogne-Billancourt sort indemne , sous la plume amoureuse et fervente de Pascal Fournier qui fût pendant trois ans son  maire-adjoint délégué à la culture  .

La Valse du Singe éditée aux Editions du Passeur est en  librairie à partir du 5 mai et Pascal Fournier son auteur , a bien voulu répondre à nos questions.

L’e-bb : On vous connait auteur d’un blog boulonnais agréable à lire, La Valse du Singe est-il votre premier livre ?

Pascal Fournier : C’est mon premier roman. J’ai commis par le passé un recueil de poèmes et des bandes dessinées, domaines sur lesquels je travaille encore.

J’ai été nègre pour des personnalités, collaboré au Livre des inventions (histoire du rock), dirigé un journal polémico-littéraire (L’Idiot International sous la conduite de Jean-Edern Hallier), commencé des romans mais ils ne trouvaient grâce à mes yeux. Critique littéraire et musical, à force de lire les autres, comment faire entendre ma partition ? Quelle prétention, me disais-je. Qui es-tu pour oser aller jouer dans une cour où les talents et les monuments imposent l’humilité et le silence. De plus, l’exigence entrepreneuriale m’a contraint à brider mes élans littéraires ou du moins à les mettre au service de mes clients.(NDLR Pascal Fournier est actuellement  dirigeant de la Société Amalta Conseil)

Il reste que l’écriture est ma vie et que je me suis toujours fait un sang « d’encre ».  A un moment particulièrement extrême de mon existence, elle est devenue vitale : un coup de pied au fond de la piscine.

L’e-bb :  Est-ce un roman à clefs ? N’avez-vous pas eu , en l’écrivant, l’impression de trahir quelques « secrets de famille » ?

Pascal Fournier :  Certes ! Mais ce sont des clefs qui ouvrent les portes du cœur, de l’authenticité et de l’idéalisme. Je suis quelqu’un d’entier, qui s’est imposé durant plusieurs

Pascal Fournier    D.R

Pascal Fournier D.R

années le silence après être passé dans l’illusion de la lumière et dans la fin d’une aventure entrepreneuriale de 21 ans plus que difficile. Quand vous êtes seul enfermé dans le tambour d’une machine à laver qui n’en finit plus de vous rincer et de vous essorer, l’écriture est une clef possible, salvatrice peut-être, auto nettoyante certainement, auto dérisoire à coups sûrs.

Dire que La Valse du Singe est un roman à clefs (j’admire votre f, moins usité aujourd’hui), oui dans la mesure où ce roman dans son grand principe est une parabole autour de la mort et de la renaissance, qu’il ouvre les portes d’un univers fondé sur l’image et le paraître et qu’il en dévoile les dessous peu affriolants. En revanche, il ne stigmatise personne en particulier, juste des comportements et une forme de cynisme qui nous ronge.

Trahir quelques « secrets de famille » ? Il suffit d’ouvrir le Canard Enchainé pour observer que la réalité dépasse souvent la fiction et qu’elle s’y étale avec une délectation évidente. Dans le postlude du livre, je cite le poète irlandais Brendan Kennelly : « si tu veux servir ton époque, trahis-la ». Ce que je ne puis trahir, c’est ma famille, mes vrais amis et mes convictions, tant que mon libre arbitre est sauf et il a souvent été malmené. Les secrets de famille que vous évoquez sont de Polichinelle : une marionnette qui parle à qui veut l’entendre, menteuse et parfois cruelle. Ma lanterne n’est pas une vessie ! Même si elle cherche plus à m’éclairer de l’intérieur qu’à l’extérieur.

L’e-bb   : Pensez-vous qu’on pourra trouver La Valse du Singe sur les rayons des bibliothèques municipales de BB, malgré quelques scènes un peu « chaudes » ?

Pascal Fournier : Je ne pense pas que La Valse du Singe mérite « l’enfer » d’une bibliothèque municipale pour ses scènes présumées « chaudes » et encore moins d’y être interdite parce que le roman serait politiquement incorrect… Ce serait faire injure au choix des bibliothécaires et à leurs lecteurs, et à la liberté d’expression en général. Mais si cela devait être, merci de donner une telle importance à ce roman !

L’e-bb : Vous avez grandement contribué pendant 3 ans au développement de la politique culturelle de Boulogne-Billancourt en lui donnant un nouveau souffle, Festival BB Mix, Tremplin GoWest, expositions à succès … 3 ans après votre départ, avez-vous toujours « mal à votre BB »  ou bien la thérapie a  été libératoire ?

Pascal Fournier : Merci pour le compliment ! Encore une fois, ce n’est pas la fonction qui fait l’homme mais l’inverse !  Un « BB » comme vous dites, tel que celui-là ne se quitte pas facilement et sans une certaine frustration de ne pas avoir été jusqu’au bout, d’être parti la queue entre les jambes et des idées plein les cartons, dont certaines parfaitement abouties. Je pense notamment à une exposition iconoclaste dont j’avais entièrement rédigé le concept et le contenu ainsi que trouvé les partenaires, je pense encore à mon projet de statue monumentale sur l’Ile Seguin re-toqué à l’époque par les politiques et comme par enchantement ré-approprié par le Conseil Général il y a quelques mois. Je n’aime pas les « etc. »… mais vous en met un quand même.

Nul n’est propriétaire de sa délégation et parfois, la politique vous rattrape comme un boomerang. Après la prise de tête, la migraine et le retour à une réalité moins jubilatoire que celle que l’on s’était inventée. Alors on s’impose le silence, on tente de retrouver dans l’ombre ses repères mais les lignes ont bougé, la vie aussi. Et la mienne est plutôt chanceuse par rapport à celle que subit la majorité des gens. Améliorer la leur devrait être la seule raison d’être du politique. Quant à la « thérapie libératoire » que vous évoquez, disons que dans la Valse du singe, je ne mâche pas mes… maux !

L’e-bb : Quel sera le thème de votre prochain opus, se déroulera t’il toujours dans notre Boulogne-Billancourt ?

Pascal Fournier : Nouvelle vie, nouvelles ambitions… Outre le développement de ma nouvelle entreprise dédiée à la culture et à la communication, je travaille aujourd’hui sur un projet de bande dessinée et de série télévisée. Deux romans se font également concurrence dans mon esprit. Le premier n’a rien à voir avec BB, le second est la suite logique de La Valse du Singe. Cette dernière s’imposera, si les événements et bien sur l’inspiration en décident. J’ai déjà pas mal de matière !

Rendez-vous avec ce nouveau roman d’en moins d’un an…

Pascal Fournier dédicacera La Valse du Singe  le 15 mai  à 19 heures à la Galerie Mondapart 

les 17 et 18 mai de 10 à 13 heures à la Librairie Périples 54 avenue J-B. Clément