vengeance des logosCertains auteurs ont le privilège de vivre dans un monde dont ils ont dépassé la réalité et qui ne nous est pas perceptible. Ils en sont les traducteurs pour leurs lecteurs, l’embellissent et le recolorisent en lui restituant leur note personnelle. Avec son dernier  ouvrage : La vengeance des logos et autres nouvelles, paru aux Editions MerryWorld  l’auteur, Jacqueline Giroud, grande observatrice de la réalité et amoureuse de la nature, nous emmène pour un voyage tout en transparence, dans sept nouvelles attractives mais moins innocentes qu’il n’y paraît à première vue. Les horloges y sont folles, les oiseaux protègent les poètes ou persécutent les chevaux, et un modeste mille-pattes illumine par miracle une soirée d’anniversaire.

Boulonnaise depuis des années, et auteur de deux précédents ouvrages, Jacqueline Giroud a bien voulu répondre aux questions de l’e-bb.

l’e-bb :  Vous êtes boulonnaise, voulez-vous vous présenter à nos lecteurs ?
Jacqueline Giroud : En effet, j’habite la ville de Boulogne depuis près de trente ans. D’origine viennoise (je précise dans le Dauphiné), je suis venue à Paris pour occuper un poste de documentaliste dans un grand cabinet d’avocats. Et j’ai toujours préféré habiter à Boulogne, me sentant dans une ville aux dimensions plus humaines, où il était plus facile de m’échapper pour me retrouver dans la nature ; dans la plaine de Versailles par exemple où l’on peut encore rencontrer des écureuils, rêver au pied de grands arbres, et même ramasser des pommes dans les jardins de la ferme de Gally. Une impression de campagne !

l’e-bb : – Comment êtes-vous arrivée à l’écriture  ?
J.G. : Il y a une vingtaine d’années, je me suis surprise, je dis bien surprise, à écrire des poèmes. Ça venait tout seul. C’est alors que mon entourage me rappela qu’élève, mes professeurs insistaient pour que je cultive cette facilité. Je n’ai jamais prêté attention à ces conseils jusqu’à mon premier poème : La plume de l’ange.  J’ai dû écrire une trentaine de poèmes durant plusieurs week-ends, puis j’ai laissé tout tomber pour revenir à mes activités sportives, amicales et culturelles. Puis un jour, j’ai fait un étrange rêve qui m’a  poursuivie pendant plusieurs jours. Je l’ai écrit sur une feuille de papier pour m’en débarrasser,sur les deux premières pages, une suite s’est présentée tout naturellement et a donné mon premier livre, Cléophée.

L’e-bb : – Quels sont les thèmes de vos 2 précédents ouvrages, et pourquoi avez-vous choisi cette fois la forme d’un recueil de nouvelles ?
J.G. :  Cléophée, roman de 112 pages, raconte les rencontres inattendues et déconcertantes d’une adolescente (Jameline) avec un petit personnage (Cléophée) qui est en fait son âme. Qui est-elle, d’où vient-elle ? C’est une quête qui nous emmène dans des lieux réels transfigurés par un regard poétique. C’est l’histoire d’une personnalité en pleine mutation, à la charnière de la vie adolescente. Le personnage lui fait découvrir quelques clefs de la vie.
Comme un manteau de fourrure en plein été, un roman de 200 pages, raconte l’histoire d’une jeune femme (plumassière de son état) qui par tout un ensemble de circonstances se retrouve sur les lieux de son enlèvement, alors qu’elle n’avait pas 3 ans.  Un évènement lui fait retrouver la mémoire. Elle avait occulté ce tragique évènement… et retrouve sa véritable identité… On est toujours rattrapé par son passé.
L’idée du recueil de nouvelles m’est venue en relisant mes poèmes que j’avais aussi enfouis dans le fond d’un placard. J’ai alors eu l’idée d’en faire des nouvelles. Par des nouvelles et la poésie, on peut dire tant de choses qu’il serait prétentieux ou impossible d’expliquer autrement.

Jacqueline Giroud à un récent Salon du Livre de Boulogne-Billancourt

Jacqueline Giroud à un récent Salon du Livre de Boulogne-Billancourt

L’e-bb : – Avez-vous déjà eu l’occasion de rencontrer vos lecteurs ?
J.G. : Oui, pour Cléophée à la Forêt du livre, grâce à des amis. C’étaient mes premiers pas. Ma famille, mes amis m’ont encouragée. Puis j’ai à nouveau lâché ma plume. Un jour, alors que je vais régulièrement à Lyon pour voir ma mère, je rencontre un éditeur lyonnais qui se lance dans l’aventure et me publie. J’ai fait une signature dans ma ville natale, puis j’ai participé au Salon du livre de Boulogne en 2011. Là, j’ai rencontré mes lecteurs. J’éprouve toujours une grande humilité vis à vis du futur lecteur qui s’attarde sur mon livre, qui est intrigué par le titre et finalement, s’en empare.
Pour les nouvelles, j’ai des retours de lecteurs qui se sont laissés entraîner dans ce monde à la fois réel et imaginaire où la nature et la poésie sont reines. Les travers de l’humain sont évoqués l’air de ne pas y toucher. J’épure au maximum mon écriture pour que la lecture soit comme une eau fraîche qui s’écoule, fluide comme une évidence.

L’e-bb : – Avez-vous déjà un autre projet d’écriture ?
J.G. : Oui, une suite au Comme un manteau de fourrure en plein été. Et des nouvelles, car beaucoup me les réclament.