Le 14 janvier dernier, s’est tenu le quinzième Art Brunch… L’occasion de faire le bilan de cette manifestation, qui, depuis octobre 2012, rassemble tous les premiers dimanches du mois, à l’hôtel Marriott, des amateurs d’art et de brunchs de qualité, autour d’un artiste, présenté par les galeries de Carré sur Seine.

Pour cela, le plus simple était de demander leur avis à Pierre-Henri Chauveau, artiste exposant ce jour là (que l’e-bb avait rencontré en novembre 2012), Julie Van de Kerckhove, directrice de l’hôtel Marriott, et Ivane Thieullent, membre de Carré sur Seine et directrice de Voz Galerie.

e-bb. – Pierre Henri Chauveau, après avoir exposé à Voz Galerie, vous exposez dans le cadre du Marriott. Quel est votre sentiment par rapport à ce changement de cadre ?

Ivane Thieullent et Pierre-Henri Chauveau - CR JVDK

Ivane Thieullent et Pierre-Henri Chauveau – CR JVDK

P.H.Chauveau. – C’est une ouverture sur un public moins habitué, qui n’a pas fait la même démarche que celle qui consiste à rentrer dans une galerie d’art. Cela ouvre sur plus de « regardeurs » et je trouve cela positif, car il est agréable que les œuvres que l’on a produites, soient montrées ; elles ont besoin de sortir et comme le travail de l’artiste ne peut pas être exposé en permanence, une manifestation comme l’Art Brunch multiplie cette visibilité des œuvres. C’est pour moi le point essentiel.

e-bb.Le choix de œuvres à accrocher au Marriott, a-t-il été différent de celui qui a été fait pour la Voz Galerie ?

PHC. – Les critères du choix ont été fixés avec Voz mais aussi en fonction de ce lieu qui permet d’exposer des grands formats ; nous avons aussi inclus une autre série d’œuvres, sur les Danses, qui n’avait pas été exposée en galerie ; mais nous sommes restés sur la même idée que mon exposition d’alors qui s’intitulait « Traces, » puisque les danses représentées ici sont le tango, le flamenco, des danses qui nous raccrochent au passé, à l’Histoire mais qui restent encore vivantes.

e-bb.Que constatez vous à propos des réactions du public ?

Les Danses, une série qui se conjugue à la série Traces - CR JVDK

Les Danses, une série qui se conjugue à la série Traces – CR JVDK

PHC.- Dans une exposition en galerie, on a des contacts bien sûr mais ici l’artiste se présente et fait un bref exposé pour introduire son œuvre ; le cadre convivial permet des contacts plus fouillés, on peut échanger plus longuement ; alors que pendant un vernissage, on me pose des questions mais on se trouve dans une atmosphère d’animation permanente. Par contre, quel que soit le cadre, les questions portent toujours sur mon travail et sont indépendantes du cadre et de l’ambiance.

e-bb.- Après l’Art Brunch, décrochez vous vos œuvres tout de suite ?

PHC.- Non, elles vont rester au Marriott pendant un mois. Jusqu’au prochain Art Brunch qui sera consacré à un autre artiste, puisqu’exposent ici, à tour de rôle, quatre galeries : Exit Art Contemporain, Green Flowers Art Gallery, MondapArt, et Voz…

e-bb.Julie Van de Kerckhove, comment s’organise ce « séjour » d’un mois dans l’hôtel que vous dirigez ? et quel est le bilan que vous pouvez faire de cette manifestation ?

Fanny au travail, pendant l'Art Brunch...

Fanny au travail, pendant l’Art Brunch…

J.Van de Kerckhove. – Il faut s’assurer bien sûr que les œuvres sont protégées mais surtout il faut s’assurer qu’elles sont mises en valeur ; pour nous, elles ne servent pas seulement de décoration. L’artiste doit pouvoir exposer son travail dans les meilleures conditions possibles ; depuis le premier Art Brunch, nous avons procédé à des améliorations, dernièrement par exemple, nous avons fait installer des spots qui mettent en valeur les œuvres. Dans ce lieu de passage recevant des clients du monde entier, l’artiste exposé est présent dans les chambres, grâce à un jeu de cartes postales représentant une de ses œuvres ; dans le restaurant, on peut consulter sa biographie, le catalogue de ses œuvres. De plus l’équipe du Marriott s’est appropriée la dimension artistique de cette manifestation, elle connaît l’artiste exposant, l’apprécie et est capable de répondre aux questions de nos clients et d’échanger avec eux sur les artistes et leurs œuvres. Elle se sent impliquée et fière de ces expositions qui donnent une dimension créative à son travail.

e-bb.Et vous Ivane Thieullent, qui dirigez Voz Galerie et êtes aussi membre de Carré sur Seine, pouvez vous nous parler du rôle des galéristes dans les Art Brunch ?

Ivane Thieullent. – Il est de conseiller et de travailler en concertation. Par exemple, j’ai discuté avec Pierre-Henri Chauveau mais le choix définitif est de lui. Quant à la concertation avec Julie Van de Kerckhove, elle est particulièrement facile ; Julie pourrait intervenir car certaines œuvres peuvent remuer, interpeller avec force. Mais elle a un esprit artistique certain et nous donne entièrement carte blanche. Puis, pendant le mois où les œuvres restent au Marriott, notre travail est de communiquer sur ces œuvres, en concertation avec l’équipe du Marriott qui nous indique les visiteurs intéressés.

e-bb. Vous qui avez l’habitude d’exposer dans une galerie, donc dans un cadre dédié, quel bilan pouvez vous faire de ces quinze expositions au Marriott ?

L'équipe du Marriott - CR JVDK

L’équipe du Marriott – CR JVDK

I. T. – Pour moi le tout premier bénéfice est d’ordre humain et relationnel ; l’Art Brunch est un moment partagé entre passionnés. Comme il est récurrent et a lieu à date fixe le 1er dimanche de chaque mois, c’est devenu un rendez vous d’amis où l’on échange sur le plan culturel mais pas seulement. Nous nous approprions le lieu et nous nous y sentons chez nous. De plus on y découvre des gens avec lesquels on aurait eu des liens seulement commerciaux ; car lorsqu’un client rentre dans une galerie, il peut éprouver de la méfiance, soupçonner le galeriste qui s’approche de lui, de vouloir vendre à tout prix ; ici c’est décontracté et convivial, nous ne sommes pas repérés comme vendeurs potentiels. L’Art Brunch est vraiment une action concertée en accord avec la raison d’être de Carré sur Seine, dont la vocation est de contribuer à la visibilité artistique de Boulogne et au rayonnement de l’art contemporain.

Le lecteur l’aura donc compris, le bilan de ces 15 mois d’Art Brunch est plus que satisfaisant. Et si l’on rajoute à l’intérêt culturel, les délices du buffet et l’excellence du service, cela permet de mieux comprendre pourquoi il vaut mieux faire preuve de prévoyance en s’inscrivant au préalable…