Depuis des décennies, le 3ème jeudi de novembre est marqué par l’arrivée du Beaujolais nouveau. Comme son nom l’indique, il s’agit d’un vin primeur, commercialisé deux mois à peine après les vendanges, et que l’on ne peut garder que quelques mois.
On classe le Beaujolais en Beaujolais, Beaujolais Villages et crus classés : Saint-Amour, Juliénas, Chénas, Moulin à Vent, Fleurie, Chiroubles, Morgon, Régnié, Côte-de-Brouilly et Brouilly.

La carte 2012 des cavistes et bars à vin de la ville

Pour les amateurs éclairés chacun de ces vins a sa personnalité propre, même si ils viennent tous du même cépage, le Gamay.
Pour en revenir au Beaujolais nouveau, les buveurs bon public s’apprêtent déjà à célébrer son goût de banane… ce n’est pourtant pas une chose à dire aux professionnels boulonnais ! Tous ont pris soin de prévenir : leur Beaujolais à eux n’aura pas ce goût-là, parce que, déclare Alain Quenioux, des Caves Saint-Clair, « Si j’ai envie de banane, je mange de la banane, mais si j’ai envie de vin, je bois du vin !  » Au-delà de la boutade, il est bien temps de lever le voile sur cet arrière-goût exotique : pour obtenir un vin si tôt après la vendange, les vignerons doivent encourager la fermentation du raisin. Pour ce faire, deux options : recourir à des levures chimiques, ou bien à des levures issues du pied de cuve. La différence ? les premières, travaillées en laboratoire, vous proposent tout un catalogue de goûts parfaitement artificiels, tels que, pour le Beaujolais, « le bonbon anglais » ou la banane. Le petit nom de la levure bananifère fait rêver, le B71… Dans l’autre cas, on fait fermenter une petite quantité de raisin – ce qui est plus rapide – qu’une cuve entière, et lorsque la fermentation est à point, on déverse ce « pied de cuve » dans les barriques pour que le charme agisse. La saveur n’a plus grand-chose à voir, alors, avec la banane…
Pour savoir où déguster quoi en cette journée traditionnelle, l’e-bb a fait le tour des cavistes et des bars à vin de la ville. Première étape, les bars à vin.

La machine à coudes

A la machine à coudes

35 rue Nationale – 01 47 79 05 06 – Marlène Alexandre-Buisson et Thomas Benady.
Le célèbre petit bar à vins de la rue Nationale fêtera bien sûr le Beaujolais le 15 au soir.
Comme l’an dernier, Marlène et Thomas proposeront deux cuvées, celle de Jean Claude Lapalu et celle de George Descombes.
Ces deux vignerons travaillent en biodynamie et fournissent la Machine à coudes en Beaujolais toute l’année.
Pour apprécier ces vins, rien de tel que les assiettes de noir de Bigorre et de fromage proposées par le chef !

La maison du Beaujolais

Monsieur Orieme affiche sa formule Beaujolais !

50 rue Escudier – 01 46 05 88 48 – Monsieur Orieme.
La Maison du Beaujolais, qui s’est installée depuis peu en face du marché Escudier, proposera une formule spéciale consacrée à l’événement uniquement le jeudi 15, midi et soir : un verre de Beaujolais primeur, assiette lyonnaise, jambon braisé au Beaujolais, et poire au vin. La formule complète sera à 19 euros, et celle de plat, entrée ou dessert à 16 euros. On aura deux options pour le vin : Beaujolais primeur Noël Briday ou Beaujolais Villages primeur Château de Corcelles. Celui-ci est plus fruité et meilleur (évidemment, puisque le Villages est de plus haut de gamme que le Beaujolais simple), et si vous voulez goûter seulement le vin, cela vous coûtera probablement 2 euros par verre, et 23-25 euros par bouteille (le prix n’était pas tout à fait fixé au moment de la visite). La formule venait d’être affichée sur la vitrine le lundi 5 midi, et Monsieur Orieme attend la réservation des intéressés !

Le chai
66 rue de la Saussière – 01 47 12 13 55 – Madame Terrimi et Monsieur Goujet

Le chai et ses nouveaux propriétaires

Madame Terrimi m’a accueillie avec Monsieur Goujet, qui était en pleine préparation en cuisine, pourtant ils ont gentiment pris le temps pour poser devant mon appareil. Ils viennent en effet de reprendre le bistrot de son ancien patron en août dernier, et pour le moment, ils n’ouvrent la porte qu’au midi en semaine. Pour ceux qui n’ont jamais la chance d’être à Boulogne-Billancourt le midi, le jeudi 15 et le vendredi 16 novembre seront une occasion à ne pas manquer pour leur rendre visite. Le bistrot est ouvert exceptionnellement les deux soirs, en plus de midi, pour fêter l’arrivée du Beaujolais nouveau (mais ils ont déjà des habitués qui ont réservé leur place, dépêchez-vous si vous êtes intéressé !). Une bouteille de Beaujolais Villages primeur de domaine Lafond (avec qui le bistrot travaille depuis 19 ans, et on peut déguster son Beaujolais pendant toute l’année) sera ouverte et mise à votre disposition sur chaque table, et vous pourrez vous servir tant que vous voulez. Le prix de la bouteille sera entre 20-24 euros, et vous réglerez l’addition selon votre consommation. Pas de formule spéciale pour ces jours-là, mais le chef a quelques idées en tête pour les plats qui accompagneront son Beaujolais : terrine (entrée, 8 euros), pot-au-feu (plat, 16 euros), côte de bœuf (44 euros pour 2 personnes), plateau de fromage, assiette de charcuterie, etc.

Le Eighty Wine

Damien et l'équipe du Eighty Wine

81 av. P. Grenier – 01 46 08 13 28 – Damien Guevel
Chez Damien et Michael, on proposera le Beaujolais nouveau du Château de Pizay (probablement 4 euros par verre, 20 euros par bouteille) uniquement pour le jeudi 15 (midi et soir), sans menu spécial. À défaut, l’énorme cheeseburger et ses frites incomparables, ou bien une belle assiette de charcuterie feront l’affaire ! On peut aussi goûter, tout au long de l’année, les Beaujolais plus anciens du même domaine dont se fournit régulièrement le Eighty Wine.

Le Bistrot 19

Le Bistrot 19

1 rue Liot – 01 46 09 08 28 – Patrick Lavigne
Notre cher bistrot (puisque nous nous réunissons là-bas et partageons une reconnaissance profonde pour leur accueil aimable) ne prépare pas d’événement spécial non plus, mais il nous fera goûter pendant la journée du jeudi 15 le Beaujolais nouveau du domaine Beauvoisie comme chaque année et à prix raisonnable (ce sera 15 euros par bouteille et 3 euros par verre, à peu près).
Merci à Monsieur Lavigne, dont le nom rime bien avec son métier, pour ces informations.

Les occasions manquées
La taverne du Grenier

23 av. P. Grenier – Luis Rodriguez

Luis Rodriguez dans sa Taverne

La Taverne du Grenier est un bistro de quartier fréquenté par de sympathiques habitués d’un certain âge, pour la plupart d’origine lusitanienne…
L’établissement a été racheté il y a quelques mois par des Portugais, dont M. Luis Rodriguez qui officiait aujourd’hui… Des travaux de réhabilitation de l’établissement vont commencer ces prochains jours pour une durée indéterminée…
Conséquence : la Taverne sera fermée le 15… donc rien n’est prévu pour l’arrivée du Beaujolais nouveau…
« Et l’année prochaine ? »
« Oh la la je peux pas vous dire… »
Je pense que l’ami Luis n’est pas encore très au fait de nos traditions et que l’on fêtera plus volontiers le Fado et le Porto que le Bojo au 23 avenue Pierre Grenier !

Espace C
42 rue du Point du Jour
Ce restaurant a beau être un bar à vins, il ne fait pas de Beaujolais nouveau. À tester pour une autre occasion…

Ont participé à l’enquête Alain, Anne-Sophie, Éric, François et Kazuko

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