Les 6 et 7 mars derniers, les élèves de la classe de chant du conservatoire ont présenté deux versions du Barbier de Séville, mises en scène par Alain Garichot. Avec l’aimable autorisation du conservatoire, nous en reproduisons quelques extraits.

De la nuit du plateau, surgirent les premières notes.

Il faut saluer la performance de Paul Beynet, professeur et pianiste qui, seul à son piano, a tenu de bout en bout la partition de l’Opéra Bouffe de Rossini. Un marathon qu’il a accompli non seulement avec brio mais avec un bonheur communicatif, une empathie pour tous ces artistes dont il avait la lourde tâche d’accompagner les premiers pas sur scène.

Chapeau bas !

Sans doute est-ce une chance d’avoir travaillé avec de tels talents.

Car ce qui frappe, toutes soirées confondues, est l’extraordinaire beauté des voix, leur maturité, leur aisance. Une science du chant portée par une énergie, une générosité que le public a partagées, séduit, touché et parfois même bouleversé.

Le rôle de Rosine a été tenu par deux artistes différentes ainsi que celui de Figaro. Élégante, féline, la mezzo-soprano Maria Mirante, a belle allure. Sa voix, pleine, vibrante, n’est peut-être pas adaptée au rôle de Rosine, mieux incarnée par Momoko Kamazawa, qui sert admirablement son personnage de jeune-fille enthousiaste et candide. Maria Mirante ferait sans nul doute une belle Carmen. Elle a en elle une puissance dramatique qui ferait merveille.

La soprano Momoko Kamazawa bénéficie d’une voix d’une grande fraîcheur, à la fois fruitée, aérienne et puissante, se jouant de façon étourdissante de toutes les difficultés. Son jeu est bien celui d’une très jeune-fille, coquette et mutine mais menacée et fragile. Alors que celui de Maria Mirante, signe de maturité, est intériorisé, distancié.

Figaro est un personnage frondeur. Il est joué sans excès par le ténor Guillaume Durand dont la voix dense est d’une grande plénitude.

Jérôme Bouteiller l’incarne lui d’une manière plus abrupte, avec un côté canaille, voyou sympathique que l’idée d’écarter Bartholo de la vie de Rosine met en joie. La voix, d’une coloration plus claire, est tout aussi belle.

Le talent est largement partagé entre tous.

Constantin Gaubert, le Comte Almaviva, Alexandre Bolikian, Don Basilio, dont la voix de basse, cependant, manque parfois de précision, et l’étonnant Yaxiang Lu, Bartolo, dont la performance de s’exprimer dans une langue totalement étrangère n’a d’égale que sa voix exceptionnelle.

On prédit un bel avenir à tous ces jeunes talents, remarquablement formés au chant par le conservatoire et qui ont acquis, grâce à Alain Garichot, leur première expérience d’acteurs !

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