Voici le résultat de notre jeu autour de Le Corbusier, merci aux participants, et bravo à ceux qui ont identifié le bon château d’eau !

Qui est donc celui-ci :

Le château d'eau de Podensac

Bon, objectivement, il n’est pas très joli, mais il a une histoire. Tout d’abord, il restera dans les annales comme la première réalisation de Le Corbusier en France, très exactement en 1917.

Ensuite, il faut comprendre ce qui a amené le futur père de l’architecture moderne à concevoir cet équipement de peu de prestige à Podensac, dans le Bordelais.

Le début du siècle consacre l’essor d’un matériau de construction révolutionnaire, le béton armé. Fer de lance de l’architecture des années 30, il fait l’objet dès les années 10 d’entreprises de promotion visant à mettre en avant sa plasticité, sa solidité et sa facilité d’emploi.

Parmi les promoteurs, on compte Max Du Bois, ingénieur de profession, compatriote de Le Corbusier et de surcroît son ami d’enfance. Après s’être fait la main dans un cabinet d’études français pour grosses infrastructures (barrages, stations hydro-électriques … etc.), Du Bois fonde sa propre agence en 1910, la Saba, spécialisée dans la construction d’ouvrages industriels en béton armé. Le Corbusier devient architecte-consultant de la Saba dès 1914, mais son engagement dans les premières années est plutôt symbolique. Si c’est avec Du Bois qu’il réfléchit aux premières structures de maisons en béton armé, ce n’est qu’en 1917 qu’il rejoint bel et bien l’agence avec cette première réalisation, le château d’eau de Podensac.

En soi, l’ouvrage ne présente pas grand intérêt, ses allures de phare n’étant pas originales pour l’époque. Seul aspect remarquable : Le Corbusier a poussé la logique du phare jusqu’à concevoir une salle de repos panoramique.
Mais il est, à son niveau, l’un des premiers ouvrages-manifestes de l’architecture en béton armé, réalisé par un homme qui, bientôt lassé des études pour centrales hydro-électriques, se consacrera entièrement, excusez du peu, à révolutionner les lois de l’urbanisme et de l’habitat.
A ce titre, le château d’eau de Podensac, désaffecté depuis de nombreuses années, est conservé comme un témoin de notre patrimoine.