Depuis les années 2000, l’Hexagone connaît une vague déferlante de « coachings » en tous genres… Pour changer de look, apprendre à dire non, à séduire, à mieux travailler en équipe… Je m’attends même à ce que mon chat exige bientôt que je lui paye un coach (Ndlr. On trouve sur Internet des sites proposant les services de coach animalier)

Socrate et ses élèves en ...coaching ?

Socrate et ses élèves en …coaching ?

L’e-bb a donc voulu en savoir plus sur cette pratique, et m’a confié la délicate mission d’écrire cet article, arguant du fait que j’ai commencé à exercer bien avant l’utilisation du terme en France, car, pour paraphraser monsieur Jourdain, le héros du Bourgeois Gentilhomme qui faisait de la prose sans le savoir, nous étions nombreux, quand le « coaching » anglo-saxon a « débarqué », à pouvoir dire : « Par ma foi ! il y a plus de vingt ans que nous faisons du coaching sans que nous en sussions rien… ».
Certains n’hésitent pas d’ailleurs à faire du grec Socrate, le premier coach ayant pignon sur rue, ou plutôt sur l’Agora d’Athènes ; et, dans sa mission de protection de la langue française, l’Académie Française recommande d’utiliser entre autres, « tutorat » ou « mentorat », deux termes anciens, déjà en cours dans l’univers du stage de formation et de l’apprentissage (Ndlr. Mentor était le précepteur de Télémaque, dont le père Ulysse était parti à la guerre et la mère Pénélope était occupée à sa tapisserie),..
Une abondante littérature sur le coaching existant sur le sujet, tant en librairies que sur le Net, je me contenterai de quelques réflexions inspirées de ma pratique et n’engageant que ma responsabilité, et je renvoie les lecteurs intéressés vers cette documentation très diversifiée.
D’abord tout le monde doit-il se faire coacher ? chacun ayant en lui les ressources pour développer son potentiel, le recours au coaching ne doit être ni une solution de facilité, ni un effet de mode, sous prétexte qu’il est du dernier chic d’avoir son (ou ses) coach. Il est souhaitable, pour avoir une vision précise des difficultés que l’on rencontre, d’avoir essayé d’abord de les résoudre par soi-même.
À quoi cela sert-il ? Il est utile pour progresser et améliorer sa pratique. Un coach n’est pas une fée Clochette et ne transformera pas quelqu’un d’incompétent en champion toutes catégories, mais il aide la personne à développer son potentiel. Georges par exemple, est un manager, compétent et efficace, mais il ne travaille bien qu’avec des collaborateurs expérimentés et ayant de la bouteille… Il sait déléguer mais ne sait pas former et encadrer de jeunes assistants qui arrivent dans son service avec peu d’expérience. Le coaching de Georges a eu pour objectif de l’aider à développer la fonction pédagogique, indispensable à l’exercice du management.

Carole quant à elle, est toujours débordée ; très disponible, elle laisse sa porte toujours ouverte et se sent coupable de dire « désolée, je suis occupée, je vous

Le coaching : une boîte à outils ?

Le coaching : une boîte à outils ?

verrai plus tard.. ». L’objectif a été de l’aider à structurer son organisation et à gérer son temps, tout en restant disponible.

Quelle différence y a-t-il entre un coach et un psychologue ? revenons en à Georges ; lors d’une séance, alors que nous analysons les raisons de ses difficultés avec son responsable, il compare soudain sa relation avec lui avec celle qu’il a avec son père. Il est évident qu’il y a une forte similitude entre les deux mais je m’en tiens au cadre professionnel, je recentre sur son responsable et m’abstiens de toute incursion dans sa vie privée. L’important est que Georges a pris conscience qu’il reproduisait au travail une relation fils-père. Par contre, si le cœur lui en dit, il pourra l’analyser avec un psychologue…
Un coaching dure-t-il longtemps ? cela dépend de l’objectif. Certaines entreprises proposent un coaching pour aider à la prise de nouvelles responsabilités. Il m’est arrivé, dans cette optique, de voir la personne seulement deux fois car elle s’adaptait très rapidement à son nouvel environnement et gérait parfaitement le stress généré par son nouveau poste. Par contre le coaching de Dominique a demandé plus de temps ; débuté pour l’aider à surmonter sa timidité à s’exprimer en réunion, il a révélé des difficultés méthodologiques pour faire un plan, illustrer la pensée avec des exemples, varier le vocabulaire… Et nous avons travaillé ensemble pendant une dizaine de séances.

un coaching collectif

un coaching collectif

Le coaching est-il réservé à des individus ? non, une équipe peut vouloir améliorer ses méthodes de travail. Mais il est vrai qu’un coaching collectif est plus difficile à organiser pour des raisons matérielles, d’emploi du temps, d’impératifs professionnels…
Comment sait-on qu’un coaching a porté ses fruits ? avant de commencer, les critères d’évaluation doivent être précisés de façon rigoureuse. La question est d’autant plus importante dans le cadre d’un coaching payé par l’entreprise ; le coach n’a pas à intervenir dans le processus de l’évaluation, qui se passe entre le bénéficiaire du coaching et son entreprise. Sans cette garantie de neutralité et de confidentialité, il ne peut y avoir de relation de confiance. Et le coach pourrait à juste titre, être vécu comme Big Brother…
Pour conclure, le coaching peut être, en ces temps de stress professionnel important, d’une grande utilité, à condition de ne pas être un gadget et d’être encadré de façon rigoureuse.