La rue Fessart n’est pas des plus passantes, mais si vous l’avez empruntée depuis le 1er mars vous avez peut-être eu la surprise de découvrir une nouveauté au numéro 61 : Le Diable au Corps, premier studio de tatouage/piercing de Boulogne. Six mois après l’ouverture, l’e-bb a rencontré Virginie la tatoueuse, Lou le perceur et Jennifer la gérante du studio.

Pourquoi ces trois passionnés ont-ils eu l’idée de s’installer dans notre bonne ville si tranquille ? Jennifer l’explique tout simplement : « Initialement on voulait s’installer à Nanterre pour profiter de sa population étudiante, puis nous avons cherché sur Suresnes, pour finalement nous rendre compte que Boulogne, que je connaissais pour y avoir habité, était mieux desservie par les transports en commun et pouvait présenter une bonne dynamique, notamment parce qu’il n’y avait pas avant nous de vrai studio avec pignon sur rue. Nous avons trouvé ici le local parfait pour nous installer, on a eu quelques aménagements à faire mais il était aux normes d’hygiène avec sa salle carrelée ». La rue Fessart n’est-elle pas un peu trop calme ? « En fait être situés un peu à l’écart de Marcel Sembat est plutôt un avantage : les personnes qui entrent dans la boutique sont vraiment intéressées, elles font la démarche de nous trouver et on peut leur consacrer plus de temps ».

Quelques riverains un peu inquiets ont vite été rassurés : le studio ne crée pas plus de remue-ménage qu’un salon de coiffure. Actifs depuis une quinzaine d’années dans le circuit tatouage/piercing, Virginie et Lou sont professionnels depuis deux ans. Au-delà d’une phase d’apprentissage technique au sein de divers studios, chacun a son propre parcours. Virginie a en poche un bac art appliqué et une licence d’arts plastiques, elle a toujours dessiné. Les études de biologie de Lou lui ont donné une connaissance de la peau et de la physiologie qui se révèle bien utile dans son activité actuelle, « parce que toutes les parties du corps peuvent être percées, y compris les plus intimes, mais tout le monde n’est pas perçable à tous les endroits ». Parfois, même pour un piercing assez « classique », il peut y avoir des contre-indications : « J’ai récemment refusé de percer une langue parce qu’il y avait une veine à l’intérieur que je ne pouvais pas contourner ». D’où l’intérêt de s’adresser à des professionnels, qui vont s’attacher à personnaliser votre bijou percé ou votre tatouage, dans le respect de votre corps, de votre peau et de votre mode de vie.

Tous les tatoueurs ayant leur style, il vaut mieux consulter au préalable leur book en ligne (celui de Virginie) et éventuellement en rencontrer plusieurs. Si elle peut

Branche fleurie sur buste de femme

tatouer à peu près tous les motifs, toujours personnalisés plutôt que sortis d’un catalogue (même si on peut s’inspirer de bases d’images ou de typographies), Virginie avoue quelques préférences : « dans l’abstrait j’aime bien tout ce qui est floral. J’aime tout à partir du moment où ça a du sens et que ça raconte l’histoire de la personne qui le porte, avec un sens profond pour elle. Après, j’aime à la base dessiner tout ce qui a un rapport avec les femmes, les visages, les personnages. J’adore le figuratif, mais le plus important reste le rapport avec la personne ». Lou quant à lui porte une tendresse particulière à « un piercing compliqué, celui du nombril. Il est assez courant mais pas si facile à réaliser, il faut que ce soit bien droit et que la peau s’y prête ».

Il suffit d’avoir regardé les JO, les tatouages sont plus que jamais à la mode et certains motifs se retrouvent fréquemment. Virginie cite en exemples « le fameux papillon arabesque, les petites étoiles ou la clef de sol sur le poignet et tous les lettrages : citations, initiales ou prénoms. A ce sujet, je peux tatouer des prénoms d’enfants, mais je refuse d’encrer le nom de l’être aimé, parce que les situations personnelles peuvent changer, mais un tatouage n’est pas anodin, c’est pour la vie ! ». Ce rôle de conseil est primordial pour nos artistes, qui prennent en considération les motivations de leurs clients, mais aussi leur âge et leur style de vie, et les mettent souvent en garde : « sauf à travailler en Angleterre, difficile pour un banquier d’arborer un tatouage ou un piercing visible, et si les gens n’y pensent pas on essaie de leur en faire prendre conscience ». Ils refusent aussi certaines pratiques : « Par principe on ne tatoue ni le visage ni les mains et il nous est interdit d’intervenir sur les moins de 16 ans, sauf pour le perçage des oreilles, et encore, à partir du moment où l’enfant le demande ». Lou est intarissable sur la supériorité technique mais aussi hygiénique d’un perceur professionnel par rapport à un bijoutier armé d’un pistolet perce-oreilles. À garder en tête lorsque la petite dernière voudra de jolies boucles d’oreilles !

Percing langue

Bon, en pratique, si on veut embellir son corps, combien ça coûte et comment cela se passe-t-il ? Rien de plus simple : il suffit de prendre contact en passant au studio où l’équipe vous accueillera avec le sourire du mardi au samedi entre 11 et 20 heures. L’idéal est d’avoir un projet un peu précis (une idée du motif/bijou et de l’endroit qui va l’accueillir) et de prendre rendez-vous. Virginie travaillera sur un dessin préparatoire personnalisé et après quelques échanges, y compris par email, programmera une ou plusieurs séances de tatouage selon la taille et la complexité du motif finalisé. Le tarif démarre autour de 80€ pour une « petite pièce » (le coût du matériel stérile à usage unique est incompressible). Pour les grandes pièces un tarif horaire est appliqué et entre les deux il y a des forfaits. Côté piercings, Lou vous étonnera en décrivant les multiples possibilités offertes par le corps humain… Le perçage des oreilles vous coûtera 20€ par lobe, celui du nombril 45€, bijou définitif inclus. Vous pouvez bien sûr poser des questions préalables par téléphone ou email, mais venir au studio aura l’avantage de vous permettre d’admirer le travail d’autres artistes ou artisans : photos ou bijoux sont exposés et vendus dans la boutique, ce qui permet de « partager nos coups de cœur artistiques et de rendre visibles des gens qui ne le sont pas forcément dans des galeries plus classiques, tout en changeant la décoration du studio régulièrement ».

Le Diable au Corps 61 rue Fessart Du mardi au samedi de 11 à 20 heures, sur internet ou sur Facebook.

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