TOP« Il y a des femmes qui sont faites pour être fidèles, d’autres pour tromper leur mari, et leurs maris pour être cocus ! Qu’est-ce que vous voulez, on n’y peut rien, c’est comme ça ! »  lance provocateur, Sacha Guitry, dans cette pièce à la morale immorale donnée jusqu’au 15 mars au TOP.

Le Maître, « Mossieur Moa » disaient ses détracteurs,  fut un roi du théâtre pendant plus de 50 ans, fin observateur de la comédie humaine et grand amoureux des femmes. Il a laissé une œuvre de plus de 120 pièces de théâtre. Le mari, la femme et l’amant  exceptionnellement fait la part belle aux femmes, sans doute parce qu’elle est œuvre de jeunesse.

Le dramaturge tend à démontrer que le couple marié et installé ne peut résister à l’usure des habitudes qu’à la condition d’avoir amant ou maîtresse. Si bien que lorsque que l’un des protagonistes, pris d’un accès de vertu, veut rentrer dans les rangs de la morale, c’est tout le bel équilibre du trio qui est menacé.

Revisitée par Julien Sibre, amoureux de la fascinante modernité de l’auteur, celui-ci a trouvé par le style décalé de sa mise en scène, la clef pour plaire au grand public d’aujourd’hui.

Les acteurs vifs et malicieux enchainent à toute vitesse un chassé-croisé délirant dans une élégante scénographie sur fond de décors, costumes et standards de jazz des Années Folles.

Olivier Meyer et Julien Sibre Crédit photo A.Carbonnet

Olivier Meyer et Julien Sibre
Crédit photo A.Carbonnet

On se réjouit des trouvailles  loufoques :  la chorégraphie chic  et drôle, l’ascenseur  cartoonesque… qui contaminent l’œuvre d’une douce folie.

Et quelle légèreté dans le propos pertinent : « On devrait commencer par décorer les gens, pour les forcer à faire quelque chose », quelle drôlerie, quelle lucidité aussi : «  Vous n’êtes que des Maîtres, dit le valet, vous ne pouvez donc pas être parfaits… ».

La séduction du texte est totale : Sacha Guitry écrit la plus limpide, la plus vive et la plus classique des langues française. « Cette joyeuse mise en scène est une première mondiale, a rappelé Olivier Meyer directeur du TOP, elle mérite une longue vie. »

C’ est réjouissant et dynamisant , comme du champagne.