Président impopulaire et candidat démonétisé ? Pour une défaite interdite, Hollande doit-il se « mitterrandiser » sur le fond ou la forme ? Bayrou 2012 peut-il faire mieux que Bayrou 2007 ? Le Pen et consorts… Autant d’hypothèses auxquelles Gaël Sliman, pragmatique et connecté, dans son livre : « Le pompier et le maçon », répond avec tout le poids de sa compétence. Si comme moi vous ne comprenez rien à la politique, le livre offre un décryptage savant mais assimilable, avec l’exactitude des chiffres mais je confirme, l’aspirine en moins. Pour l’e-bb.fr, non partisan par essence, voici exactement le genre d’ouvrage et de personnalité que l’on aime relayer. Je saisi l’opportunité notre facilité géographique pour me rendre 50 rue Marcel Dassault à Boulogne et interroger le directeur de BVA opinion, touché il est vrai, par une faiblesse à gauche. Je parle d’une blessure au pied, ne commencez pas à tirer des conclusions. Enfin, j’arrive en rollers, une fois n’est pas coutume, dans l’entre du célèbre institut de sondage.
e-bb  : Si l’impact médiatique n’est pas indexé sur l’engouement politique populaire, pourquoi avoir écrit ce livre ?
Gaël Sliman  : Justement pour cette raison là, parce que mon job ça consiste à expliquer au-delà de l’écume, de l’apparence médiatique, ce qui compte vraiment pour les gens. Où en est la situation réelle, le rapport de force réel. Pour dire les choses simplement. Pendant très longtemps, on va parler de la gauche, Ségolène Royal réalisait des succès médiatiques impressionnants, elle remplissait des stades entiers dans ses meetings, les gens qu’on voyait la soutenir étaient extrêmement motivés avec un lien fort avec elle. Et pourtant, ce qu’on enregistrait dans les sondages c’est qu’il avait un divorce entre elle et la majorité silencieuse. C’est ça que nous montre les sondages. C’est quelle est la situation réelle dans l’opinion publique au-delà de apparences.

e-bb  : Le pompiers et le maçon, certains prétendent que cette campagne présidentielle à été kidnappée ou confisquée par Hollande et Sarkozy, alors pourquoi ce titre ?
G.S  : et bien pour dire que c’est vrai (rire), effectivement il y a beaucoup de critiques de la part de tous les autres candidats et c’est bien normal, consistant à dire qu’avant que l’élection ne soit jouée, le jeu ne se résume pas à deux favoris, putatifs, mais que tout le monde a équiprobabilités de chances de gagner et tout le monde est à égalité. Malheureusement pour eux, ce que j’observe dans mes enquêtes de puis très longtemps, c’est qu’au delà du buzz médiatique des hypothèses d’un troisième homme, les surprises etc…En réalité ça se jouera bien entre ces deux-là. Et au moment où je finissais d’écrire ce livre on était autour du match à 4. Souvenez-vous que des livres sortaient sur un duel final entre Marine Le Pen et François Bayrou. C’était ces hypothèses-là qui étaient les plus sexy médiatiquement, plutôt que de dire, prosaïquement, que les deux favoris qu’on pouvait imaginer, on bien mis une telle distance avec leur poursuivants que ça se jouera entre eux pour tout un ta de raison que j’aborde dans le livre révélant que tous les deux n’allaient pas se présenter de la même manière aux français. L’un se présenterait en Maçon, classique pour un candidat, l’autre à plus d’intérêt de se présenter en pompier : « je ne vais pas vous promettre des lendemains qui chantent, mais je suis le plus capable de vous en protéger. »

e-bb : Comme avait fait Obama en disant je vous promet sang et larmes, mais on va s’en sortir
G.S  : Oui et comme avait fait avant lui Churchill, le positionnement Churchillien promettant du sang de la sueur et des larmes et là Nicolas Sarkozy n’a guère autre choix parce qu’il est impopulaire, mais il y a un domaine sur lequel les français lui font encore confiance, c’est, quand on est dans une situation de crise très aigue, là dans ses moments-là les français le trouvent bon.

e-bb  : Vous dites, les politiques retirent un bien faible retour sur investissement en termes de rétribution symbolique popularité et (financière), vous qui les connaissez bien, qu’est qui les animent au-delà de l’exercice du pouvoir ou dans sa conquête ?
G.S : C’est un mystère ! C’est pour ça que moi je suis très critique avec tout le monde, parce que je pense que c’est plus intéressant, que depuis ma posture bien facile de commentateur par rapport à la leur et bien j’ai tendance à être critique. Dans le livre il y a des passages qui ne feront pas plaisir à Nicolas Sarkozy, pas plaisir à François Bayrou, ni plaisir à François Hollande qui ne cesse de dire par exemple que même si DSK avait été le candidat du PS, il aurait remporté la primaire. J’ai essayé de démontrer que ce n’est pas le cas, que donc il doit sa présence à son talent mais aussi qu’un vrai concours de circonstances l’a aidé et qu’il était imprévisible. Ce livre ne fera pas plaisir aux politiques. J’ai eu des retours de plusieurs d’entre eux qui me disent plutôt du bien de la lecture de l’ouvrage, mais qui trouve, chacun, que je ne l’ai guère épargné. Mais au bout du compte j’ai énormément d’estime pour les hommes politiques, alors que je sais par mes enquêtes, que les français les critiquent beaucoup et ne les aiment pas. Mais c’est un peu injuste .La comparaison des promesses et de ce qui est réalisé ensuite, mais c’est un boulot incroyable, extrêmement difficile, ils sacrifient tout. Souvent ce sont des gens qui ont un grand talent qui pourraient probablement valoriser en faisant un autre métier et vivre plus tranquillement. Et donc c’est ce que j’ai voulu dire à la toute fin du livre mais je le pense réellement.

Propos recueillis par Franck Andersen

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