On a du mal à concevoir aujourd’hui que Gabriele D’Annunzio (1863-1938) fut l’écrivain personnage le plus entouré, le plus imité, le plus jalousé de son temps. D’Henry James à Joyce ou à Borges, trois générations d’intellectuels l’ont lu, étudié et copié, quitte à le renier ou l’oublier par la suite. Une légende noire et rose a fleuri autour d’un homme hors norme.

D’Annunzio :un personnage hors normes aux relations ambiguës avec le pouvoir

 

« D’esprit baroque et rutilant , très dense et touffu dit Maurizio Serra l’auteur,  D’Annunzio fut aussi un réaliste avec le sens de la vitesse, de la rapidité et de l’assise jusqu’à la moëlle… Quand les choses changent et qu’il y a maldonne, il faut mettre le cap ailleurs et partir »

Maurizio Serra

Car D’Annunzio n’a pas été seulement poète, romancier, auteur dramatique, séducteur, aviateur, héros de la guerre, condottiere, Comandante pendant les « Cinq cents jours » de Fiume, jusqu’à sa longue retraite volontaire dans son palais du Vittoriale sur le lac de Garde. Il fut, du début à la fin, un poète de l’action, que le mouvement soulève, que le repli paralyse et que l’inertie tue. Non pas un aventurier, mais un véritable prince de l’aventure, précurseur des Lawrence d’Arabie, Saint-Exupéry, Malraux, et Romain Gary, qui se sont inspirés de lui.

Un ouvrage destiné à sortir D’Annunzio des clichés qui entourent son personnage

Si on ajoute que c’est surtout un grand écrivain, le moment n’est-il pas venu de le relire sans préjugés ? Ce livre est donc dédié au public français d’aujourd’hui : non pas pour changer son jugement sur l’homme et l’œuvre, mais afin qu’il puisse s’en former un. Et situer à la place qui est, qui restera la sienne, ce D’Annunzio, malgré tout, magnifique.

Maurizio Serra complète ainsi sa fresque magistrale chez Grasset de grands auteurs italiens du XXe siècle, commencée avec Malaparte vies et légendes (Prix Goncourt de la biographie, prix Casanova) et poursuivie avec Italo Svevo ou l’Antivie, ouvrages qui ont reçu les suffrages de la critique et du public, déjà traduits en plusieurs langues.

Les résultats ont été proclamés le 22 janvier au Domaine départemental de la Vallée-aux-Loups – Maison de Chateaubriand, à Châtenay-Malabry, par Marc Fumaroli, de l’Académie française.

Le Prix Chateaubriand est doté à hauteur de 8 000 euros par le Département des Hautsde-Seine.

La remise officielle du Prix Chateaubriand 2018 et la conférence du lauréat auront lieu le 14 mars 2019 à 18 heures à l’Institut de France à Paris 

Le Prix Chateaubriand couronne une œuvre de recherche historique ou d’histoire littéraire, une édition critique substantielle ou une fiction fondée sur des travaux historiques sérieux. Les ouvrages sélectionnés portent sur la période à laquelle vécut Chateaubriand, entendue dans un sens large : de la fin du siècle des Lumières jusqu’au XIXe siècle, ou sur des thèmes abordés dans ses œuvres.

Ce prix, fondé en 1987 par le Département des Hauts-de-Seine, a notamment été attribué à Jacqueline de Romilly, Gérard de Senneville, Paul Veyne, Emmanuel de Waresquiel, André Vauchez, Roberto Calasso ou Arlette Jouanna. En 2017, le Prix Chateaubriand a été attribué à Alexandre Grandazzi, pour son ouvrage : Urbs, Histoire de la ville de Rome des origines à la mort d’Auguste, paru chez Perrin en 2017.

Ce Prix s’inscrit dans une politique plus globale d’accès de la culture au plus grand nombre, une « culture pour tous », une philosophie et un objectif au cœur du projet de la vallée de la culture des Hauts-de-Seine imaginée par Patrick Devedjian, Président du Département des Hauts-de-Seine