Odile Joyeux et son remplaçant, Sébastien Scognamiglio, candidats EELV dans la 9ème circonscription, nous ont donné rendez-vous au jardin des serres d’Auteuil, à 2 pas de Boulogne. Le soleil se décide enfin à apparaître après une journée pluvieuse et l’endroit est enchanteur malgré le bruit de fond du périphérique tout proche.

Odile Joyeux et Sébastien Scognamiglio sont candidats EELV dans la 9ème circonscription

 

e-bb : Madame Joyeux, qui êtes-vous ?

Odile Joyeux : Je suis une simple citoyenne, mariée, mère de 2 enfants, juriste en entreprise. J’ai longtemps vécu à l’étranger ce qui m’a permis d’observer différents modes de vie. J’ai toujours eu une sensibilité écologique mais sans être engagée politiquement jusqu’au déclic de la catastrophe de Fukushima. Je ne pouvais plus rester sans agir ! J’ai souhaité agir au niveau mondial à travers des associations comme Greenpeace mais aussi au niveau local.

e-bb : Pourquoi nous donner rendez-vous ici ?

Odile Joyeux : J’ai choisi ce jardin parisien très apprécié des boulonnais car il est menacé. Les travaux sont sur le point de commencer sans concertation des boulonnais ! Pour augmenter de seulement 6 % la capacité du stade de Roland Garros, la ville de Paris a autorisé la Fédération Française de Tennis à détruire à peu près tout ce qui n’était pas protégé au titre de monument historique. Ainsi, les serres chaudes, où se développent les espèces avant d’être transférées dans la grande serre, seront déplacées à Vincennes !
Pourquoi ne pas plutôt transférer le stade à côté de Disney ? Ce n’est pas la place qui manque là-bas. Ou encore pourquoi ne pas construire au-dessus du périphérique ce qui permettrait d’en réduire les nuisances et donnerait accès à davantage de surface ? Non ! C’est l’alternative la moins chère qui a été retenue, au détriment de la qualité de vie des habitants qui vont subir les travaux et perdre une partie de leur parc (et même la totalité pendant la compétition). De plus, avec le périphérique et l’A13, la porte d’Auteuil est un des endroits les plus pollués de Paris.
En retirant des espaces verts, on fait le contraire de ce que la santé publique commande ! J’invite tous ceux qui veulent se mobiliser pour le jardin des serres d’Auteuil à me contacter sur mon blog.

e-bb : Pourquoi êtes-vous candidate ?

Odile Joyeux : Ce n’est pas par ambition personnelle car ma carrière professionnelle me satisfait. Ce que je souhaite, c’est promouvoir les valeurs d’EELV pour nos enfants et les enfants de nos enfants. Ce que je ne veux pas, c’est un monde où la nourriture se trouverait uniquement emballée dans du plastique, un monde bétonné, sans espace vert, et où il serait nécessaire de s’endetter pour suivre des études.

e-bb : Si vous étiez élue, quels seraient les domaines qui vous intéresseraient le plus ? Dans quelle commission aimeriez-vous siéger ?

Odile Joyeux : Regardez cet article page 2 du quotidien Le Monde du 19 mai : « Un insecticide altère le jeune cerveau » qui montre un développement anormal du cerveau des enfants exposés à un pesticide très courant. Ou encore plus bas dans la même page cette étude sur la pollution à Pékin en Chine : les usines ont été arrêtées pendant la durée des Jeux olympiques pour améliorer la qualité de l’air pendant les compétitions, et ça s’est vu également au niveau … du sang des habitants avec les conséquences cardio-vasculaires qu’on imagine !
Si je suis élue, je veillerai à ce qu’on tire toutes les conséquences de ce genre d’études qui restent trop souvent ignorées. Saviez-vous que la proportion de personnes asthmatiques a doublé depuis 20 ans ? Ou encore que l’espérance de vie est diminuée de 8 mois pour les citadins ? Non ? Et bien il faut en parler ! J’organise une soirée débat le 8 juin à 20 heures dans le préau de l’école primaire Fessart (34, rue Fessart) autour de ces sujets de santé publique. Et mercredi 23 mai, en fin de journée, sur la Grand’Place, nous distribuerons des disques de coton démaquillants pour permettre aux gens de constater par eux-mêmes la couche de pollution sur leur visage et par conséquent dans leurs poumons. C’est pourquoi je suis essentiellement attirée par la santé publique et l’environnement.
Par ailleurs, si je suis élue, je soutiendrai les initiatives visant à un audit citoyen ou au moins parlementaire de la dette française : les dépenses publiques en matière de santé et d’éducation n’ont pas augmenté au cours des 30 dernières années mais la dette a explosé. Pourquoi ?
Enfin je militerai pour le développement de l’économie circulaire, c’est-à-dire les zones industrielles où les usines polluantes côtoient des centres de retraitement de façon à réduire à néant les rejets de la zone industrielle.

e-bb  : Quelles priorités pour Boulogne-Billancourt, pour le département ?

Odile Joyeux : Ce ne sont pas les causes à défendre qui manquent à Boulogne ! Il y a tout d’abord la préservation de notre hôpital Ambroise Paré, qui représente une médecine de proximité permettant un peu d’humanité, la couverture de l’avenue Édouard Vaillant qui coupe la ville en deux et le développement des pistes cyclables.
Le velib’ à Boulogne, c’est bien, mais trop souvent dangereux par manque de voies de circulation propres. Même le nouveau quartier « Rives de Seine » n’est pas exemplaire. Pourtant la compétence existe en Europe. A Amsterdam, près de la moitié des déplacements quotidiens se font à vélo ! Les Émirats Arabes Unis demandent conseil aux Hollandais, pourquoi pas nous ?
Je suis également favorable au développement de fermes pédagogiques et de jardins potagers dans les écoles pour que les enfants citadins aient le goût des fruits et légumes et sachent d’où ils viennent. Et aussi car généralement ils trouvent cela passionnant ! On pourrait par exemple envisager de créer une ferme pédagogique sur l’île Seguin.

e-bb : Quel est votre slogan de campagne ?

Odile Joyeux : « Vivre mieux ensemble »

e-bb : Quelle question auriez-vous souhaité que l’on vous pose ?

Odile Joyeux (après une brève réflexion) : « Comment voyez-vous Boulogne dans 50 ans ? » Si des gens comme moi sont élus, les Boulonnais de 2060 utiliseront des véhicules électriques pour se déplacer, ils seront sveltes et vivront plus longtemps car la nourriture, en partie produite localement, sera saine et abordable. Il y aura moins de pollution et davantage de respect pour l’environnement et les uns pour les autres.
Mais Boulogne peut aussi devenir une ville entièrement bétonnée où les gens vivent dans des cages à lapins et consomment des fruits et légumes venant du bout du monde et couverts de pesticide (quand ce n’est pas de la nourriture en sachets).

Nous sommes à la croisée des chemins et il faut vraiment une forte volonté politique pour éviter ce scénario catastrophique mais réaliste.