Thierry Solère, candidat DVD, nous a donné rendez-vous au carrefour du boulevard Jean Jaurès et de l’avenue Jean-Baptiste Clément.

Thierry Solère, candidat dissident de l'UMP dans la 9ème circonscription

«  J’ai été renversé par une voiture à ce carrefour, quand j’avais quatorze ans » nous dit Thierry Solère, en nous accueillant à l’angle du Bld Jean Jaurès et l’avenue Jean Baptiste Clément. « C’était de ma faute et je n’ai pas été blessé. Mais je reste particulièrement marqué par ces questions très concrètes de sécurité, particulièrement en tant que père de famille. »

Thierry Solère est arrivé à Boulogne- Billancourt quand il avait 11 ans. Il en a aujourd’hui 40, il est père de quatre enfants. Sa vie professionnelle de conseil en stratégie dans un grand cabinet d’audit est importante, à ses yeux, pour son enracinement dans la société et cette culture du résultat, sur laquelle il reviendra, lors de notre entretien.

La direction de campagne de J.P.Fourcade aux municipales lui vaut d’être adjoint au maire de Boulogne, dés mars 2001, en charge successivement des sports, du développement économique, la politique de la ville.

Conseiller général des Hauts de Seine depuis 2004, il en est devenu vice président en 2007. Il exerce des responsabilités, locales et nationales à l’UMP depuis plus de dix ans. Il est, depuis 2007, suppléant du député sortant Pierre Christophe Baguet, auquel il a exprimé son désaccord sur la gestion des grands projets communaux et un bétonnage excessif de la ville, quittant ainsi ses fonctions de Premier adjoint.

Pourquoi suis-je candidat ? Boulogne- Billancourt n’est pas une ville banale ; le député de Boulogne, outre son rôle national de législateur, doit faire avancer les nombreux problèmes de la ville qui nécessitent d’être abordés dans un cadre plus large. Je suis opposé au cumul des mandats et je soutiendrai Pierre-Matthieu Duhamel aux prochaines élections municipales, de même qu’il me soutient, avec Jean Pierre Fourcade, pour les élections législatives.

Prenons l’exemple de la sécurité. Il faut réduire les déficits publics, mais les réductions d’effectifs de la fonction publique ont parfois manqué de discernement. Ainsi les effectifs de la police nationale, à Boulogne, ont diminué de 30 en quelques années, au moment où partait la brigade de gendarmerie. Pendant ce temps les cambriolages ont augmenté de 53 %. Il faut donc obtenir de nouveaux effectifs pour rétablir des équipes suffisamment étoffées. « J’imagine mal Claude Guéant allant négocier cela avec son successeur. » Autre exemple, de trop nombreux Boulonnais doivent mettre leurs enfants dans des lycées Parisiens, du fait de la réputation assez moyenne des nôtres. Un nouveau lycée est en construction. Il devrait se situer rapidement à un niveau d’excellence qui passe par l’ouverture de deux classes préparatoires. Là aussi, il faudra négocier avec le ministère de l’éducation nationale. Sur un plan plus local, les mauvaises relations entre Boulogne et la ville de Paris ont amené la construction du stade Jean Bouin, que nous récusions, sans obtenir de compensations, ce qui va sérieusement pénaliser le rugby de l’ACBB.

Boulogne-Billancourt a donc besoin d’un député pouvant négocier, tant avec des ministères qu’avec la ville de Paris, sans a priori ni blocages idéologiques.

Boulogne-Billancourt a largement voté en faveur de N. Sarkozy à la dernière présidentielle, mais n’est pas une ville facile qui voterait pour n’importe quel candidat, pourvu qu’il ait le bon label. Thierry Solère rappelle ainsi l’échec cinglant du maire sortant, Paul Graziani, en 1995.

Les difficultés notamment de logement, avec des loyers souvent prohibitifs, amènent la population à être plus exigeante vis-à-vis de ses élus. Le Front National y réalise un score médiocre et les électeurs Boulonnais, privilégiant une politique du résultat, ne devraient pas être séduits par la candidature de Claude Guéant, souvent trop proche de ses positions.

Thierry Solère aimerait travailler à la Commission des Finances de l’Assemblée Nationale, s’il est élu. Mais il est conscient de la difficulté, pour un nouveau député, d’imposer ainsi ses choix. A défaut, il pense avoir un rôle à jouer, au sein de la Commission des lois.

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