Avant le premier tour des législatives 2017, rencontre avec Boris Amoroz et Jennifer Creff, candidats PC dans la 10ème circonscription des Hauts de Seine.

Un engagement de longue date

e-bb : Pourriez-vous vous présenter ?

Boris Amoroz : Je suis ingénieur en métallurgie dans un grand groupe industriel français, j’ai 35 ans et j’ai grandi à Vanves. Après plusieurs années d’activité professionnelle en province et à l’étranger, je m’y suis de nouveau installé en 2011. Je suis actuellement conseiller municipal de Vanves.
Jennifer Creff : Je suis bibliothécaire à la médiathèque Landowski depuis 10 ans. J’ai 30 ans et j’habite, moi aussi, Vanves.

Boris Amoroz

Boris Amoroz et Jennifer Creff

e-bb : Quel est votre parcours d’engagement ?

Boris Amoroz : J’étais sympathisant du Parti communiste depuis très longtemps. C’est à mon retour en France, en 2011, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, que j’ai pris conscience qu’il fallait agir et s’impliquer davantage. Cela s’est notamment traduit aux municipales de 2014, où j’ai conduit une liste. Etre élu local est une expérience très intéressante  : derrière les petites problématiques de terrain, on touche aux problématiques globales. Ainsi, les horaires de plus en plus restreints de la Poste du plateau de Vanves traduit le repli progressif des services publics du territoire.
Si je suis candidat aujourd’hui, c’est pour porter le discours d’une jeunesse de terrain, qui connaît la vie et sait ce que c’est que de travailler.

Jennifer Creff : Mon parcours est assez similaire ; je milite au Parti communiste depuis deux ans pour ne plus être spectatrice, mais actrice. Je suis très attachée au service public et à ses valeurs, et je suis persuadée qu’il faut des élus communistes à l’Assemblée nationale pour mener les combats.

Des idées-repères dans le paysage politique

e-bb : Durant l’entre-deux tous, le Front de Gauche s’est fissuré. Comment abordez-vous cette nouvelle élection ?

Boris Amoroz : Il faut tout d’abord préciser que la France Insoumise (le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, ndlr) ne fait pas partie du Front de Gauche. Depuis 2012, avec le Front de Gauche, nous avons donné beaucoup d’espoir aux gens, et fait des choses très intéressantes. Cela explique aussi le très bon score recueilli à la présidentielle. Il est malheureux que, malgré le travail en amont, la France Insoumise fasse cavalier seul pour les législatives, mais bon, les gens pourront choisir !

e-bb : Que pensez-vous de la recomposition politique en cours ?

Jennifer Creff : Elle a son importance pour les années à venir. Dans ce cadre, nous restons un point d’ancrage fort, avec des idées-repères dans le paysage de gauche. Ainsi, depuis longtemps, nous sommes le parti de la paix, si menacée dans le contexte international actuel. Nous sommes aussi le parti qui défend le service public.

Défense, travail, réforme constitutionnelle et environnement

e-bb : Quelles sont vos priorités ?

Boris Amoroz : Elles sont nombreuses ! Tout d’abord, la réforme du code du travail. Notre proposition est toute prête, et vise une simplification, dans le sens des travailleurs. Raison pour laquelle elle ne correspond pas du tout à celle qu’Emmanuel Macron, au service du patronat, va porter. Par exemple, nous prônons d’en finir avec les dérogations. Au hasard, déroger aux accords de branches au profit d’accord d’entreprises ne conduit qu’à causer de la concurrence entre les entreprises, au détriment des salariés. On pourrait aussi parler des dérogations aux dimanches chômés, et de tant d’autres…

Ensuite, l’environnement. Nous sommes sur une planète qui va mal, avec des ressources surexploitées par l’industrie et la population. Une réorganisation est impérative, qui garantisse l’accès aux ressources tout en les ménageant. Cela touche aussi bien les transports que l’énergie ou l’alimentation. Nous voulons privilégier les circuits courts, et une agriculture raisonnée sur des exploitations de taille limitée. Les produits seront de meilleure qualité et tout le monde y gagnera. Il s’agit aussi de défendre des modes de transport alternatif, et de réduire la consommation d’énergie.

Enfin, j’y reviens, la défense et la diplomatie françaises. C’est en faisant la paix qu’on fera la paix, aux antipodes des menées de la France en Syrie et en Libye. Certes, il faut des capacités militaires, mais utilisées à bon escient. Aujourd’hui, l’industrie française de l’armement fait pour premières victimes les populations civiles. On doit renforcer la diplomatie française, et l’on voit bien qu’il y a une responsabilité parlementaire dans ce domaine. Certains ont pris gain de cause pour l’un ou l’autre belligérant dans les conflits. D’autres, et c’est scandaleux, ont reçu au Sénat une délégation de l’assemblée turque composée de tous les partis, sauf du HDP, le parti kurde. Les élus communistes ont aussitôt réagi.

e-bb : Le parti communiste, comme d’autres, prône le passage à une 6ème République. A quoi ressemblerait-elle ?

Boris Amoroz : Pour la petite histoire, nous y sommes favorables depuis les années 60, et avons toujours été hostiles à la 5ème !
Notre principe est de mieux impliquer le peuple. Aujourd’hui, les élus sont un peu déconnectés de leur base, et les couches de délégations aggravées par la réforme territoriale n’arrangent rien. Le régime présidentiel est symbolique de ce décalage.

Jennifer Creff : C’est pourquoi il faut adopter la proportionnelle totale à l’Assemblée nationale, et ôter du pouvoir aux mêmes, par exemple en limitant le cumul des mandats. Il faut aussi étendre la déclaration d’intérêts aux collaborateurs des ministères. Nous sommes également favorables aux référendums, à condition qu’ils ne soient pas biaisés, comme pour Notre Dame des Landes, et respectés, au contraire de 2005.
Boris Amoroz : 2005 est très représentatif du travail de terrain, et du dialogue politique avec les gens : l’intégralité des médias faisait campagne pour le Oui, c’était le discours dominant. Mais le Non l’a emporté parce que, sur le terrain, on a parlé avec les citoyens.
Jennifer Creff : Ça a toujours été porteur de demander l’avis des gens. Notre programme présidentiel, la France en commun, a ainsi été bâti pendant des mois, en s’appuyant sur la consultation des populations.

e-bb : Si vous êtes élu, dans quelle commission siégerez-vous ?

Boris Amoroz : Je choisirai la commission du Développement durable et de l’aménagement du territoire. Ce n’est certainement pas pour son intitulé, qui la coupe à tort du champ économique ! Mais ces problématiques touchent l’organisation de notre vie au quotidien : pensez qu’en deux quinquennats, le secteur industriel a perdu 1 millions d’emplois.
C’est au législateur de donner des directives. Je prendrai l’exemple du train : c’est un moyen de transport fiable, écologique et puissant, doublé d’un vecteur d’aménagement du territoire. Au lieu de fermer des lignes et de supprimer des horaires, il faut au contraire restaurer le transport localisé, qui est de plus une aide à l’activité industrielle. En Suisse, le ferroutage s’impose à tous les camions qui traversent le territoire. Pourquoi ne serait-ce pas possible en France ? Alors bien sûr, ceux à qui profitent les autoroutes et le carburant seront mécontents ; et alors ?

Le candidat sur Twitter : et sur Facebook : @AmorozCreff2017