Avant le premier tour, l’e-bb va à la rencontre des candidats aux législatives sur la 9ème et la 10ème circonscriptions des Hauts de Seine. Voici Eliott Nouaille, benjamin de la 9ème circonscription, candidat pour Nouveau Souffle – Nouvelle Donne.

Un engagement lycéen fondateur

e-bb : Vous avez présidé le Syndicat général des lycéens, quel est votre bilan ?

Eliott Nouaille

Eliott Nouaille

Eliott Nouaille : Nous avons fait beaucoup de choses, à commencer par en faire le premier syndicat lycéen de France ! Au cours de ce mandat, je suis fier d’avoir obtenu de nouveaux droits pour les élèves. Ainsi, les candidats qui repassent le bac peuvent désormais conserver d’une année sur l’autre leurs notes supérieures à la moyenne. Au plan de la vie lycéenne, nous avons fait adopter une Charte des droits lycéens, qui vise notamment à reconnaître le lycée comme un lieu de vie, et pas seulement comme un lieu d’étude. Nous avons également rendu les conseils de vie lycéenne décisionnels dans les établissements. Enfin, nous avons lutté pour le bien-être des élèves. Par exemple, nous avons obtenu la suppression de l’application « Gossip », qui était une incitation au harcèlement. Pour ce sujet comme pour de nombreux autres, c’est en écoutant les demandes des élèves, premiers concernés, que nous avons mené notre action.

Je dois dire aussi que c’est cet engagement qui m’a fait prendre conscience des réalités de la jeunesse française. Comme représentant du SGL, on se déplace partout : j’ai rencontré des élèves qui font des journées de 12 heures parce qu’ils sont loin de leur lycée et dépendants du bus scolaire, des établissements où il n’y avait qu’une fille au milieu des garçons, mesuré les contrastes entre les filières… On touche vraiment des inégalités, et des discriminations auxquelles il faut mettre un terme.

e-bb : Quand avez-vous décidé de vous présenter ?

Eliott Nouaille : Ce n’a pas été une démarche individuelle. J’ai fondé Nouveau Souffle, un mouvement qui rayonne sur toute la France, avec d’autres jeunes. Lorsque, à la fin de 2016, nous avons compris qu’aucun des candidats en lice ne porterait nos idées à la présidentielle, nous avons vu dans les législatives le moyen de devenir acteurs de la vie politique.

Je suis d’une génération qui entretient un rapport différent à la politique : nous sommes beaucoup plus demandeurs d’investissement citoyen. Ceci est dû aux nouvelles pratiques issues des réseaux sociaux, mais aussi au contexte de ces dernières années : nous sommes très sensibles aux questions d’environnement, et au seuil de notre vie active, nous avons également un rapport différent au travail. Cela dit, il n’est pas question de ne représenter que « les jeunes » : sur le terrain, il semble que nous remotivions les plus vieux !
A titre personnel, si je suis candidat à Boulogne, c’est parce que c’est ma ville, et le terrain de mes premiers engagements, au collège Landowski d’abord, puis au lycée Prévert.

e-bb : Que faites-vous quand vous n’êtes pas candidat ?

Eliott Nouaille (sourire) : Je suis étudiant en philosophie et en sciences politiques à l’Université Panthéon-Assas. J’aime aussi beaucoup écrire, j’ai signé le livre L’alternative lycéenne (ESF) et pour l’anecdote, j’ai remporté le concours de poésie de Boulogne ! Avec Laura Sibony, j’anime également une association d’éloquence, l’Agoratoire : savoir parler, dans toutes les circonstances de la vie, est indispensable. Enfin, je sors avec mes amis !

Entre pragmatisme et idéalisme

e-bb : Dans votre programme, quel est votre apport, et quelle est la part de Nouvelle Donne ?

Eliott Nouaille : Nous sommes très heureux d’être soutenus par Nouvelle Donne, avec qui nous avons passé un accord. Dans mon programme, le volet « Education » est personnel. Le reste se compose de propositions de Nouvelle Donne sur lesquelles nous avons voulu mettre l’accent, car nous nous y retrouvons, comme le tirage au sort des sénateurs et le volet économique. Le programme comporte également des propositions de mouvements proches, tels qu’Utopia.

e-bb : Vous prônez de nombreux allègements de charges ; par quoi les compenser pour garantir les recettes de l’Etat ?

Eliott Nouaille : Je voudrais tout d’abord préciser qu’il s’agirait d’allègements conditionnés à des créations d’emplois durables. Quant à l’équilibre, il a été démontré : si les gens ont davantage de pouvoir d’achat parce qu’ils touchent un salaire, ils consommeront davantage et contribueront ainsi aux recettes de l’Etat. La semaine de quatre jours, qui est une proposition phare de notre programme, fonctionne déjà dans certaines entreprises. Le plus bel exemple est l’aéroport de Charleroi, en Belgique.

e-bb : Votre programme est fait de pragmatisme et d’idéalisme, comment les combinez-vous ?

Eliott Nouaille : La politique, c’est à la fois le court terme et le long terme : aujourd’hui, on a trop de pragmatisme en politique. Les décisions qui sont prises aujourd’hui, compte-tenu des enjeux, nous engagent pour un siècle. Alors oui, un tribunal international pour les écocides, à court terme, ça peut paraître utopique. Mais c’est fou qu’on ne puisse pas actionner à l’échelle internationale ce qui fait société, alors qu’on le peut pour la finance et les marchés !
Je suis persuadé que cela va venir, à travers le monde, les revendications qui vont dans le même sens vont converger. On assiste en ce moment à un réveil citoyen. Et pour l’accompagner, je défends la notion de « transition » : pas la rupture, pas la révolution. La transition.

Associer les citoyens aux décisions

e-bb : Si vous êtes élu, comment vous positionnerez-vous par rapport au gouvernement issu de la majorité présidentielle ?

Eliott Nouaille : Je ne m’inscrirai pas dans la majorité présidentielle, mais je ne mènerai pas non plus d’opposition catégorique. Ainsi, j’ai commencé à écouter les propositions de Jean-Michel Blanquer sur l’éducation : si la perspective d’un bac en contrôle continu me fait peur, en revanche je le rejoins sur les rythmes scolaires. Je me prononcerai donc au cas par cas, avec vigilance, au sein du groupe des progressistes et des écologistes.

e-bb : Quel député serez-vous ?

Eliott Nouaille : Je changerai les façons de faire pour impliquer davantage les citoyens. La réserve parlementaire sera administrée par une commission paritaire, composée de citoyens de la circonscription tirés au sort. Par ailleurs, j’organiserai régulièrement des réunions publiques. Enfin, et j’y tiens beaucoup, j’instaurerai un droit de saisine du député : si un nombre représentatif de Boulonnais, de 16 ans ou plus, me saisit sur un sujet, je considérerai comme de mon devoir de porter leur proposition.

Ces idées séduisent, semble-t-il : Vincent Guibert, conseiller municipal socialiste, vient de m’apporter son soutien, et il n’est pas le seul ! Emmanuel Macron a fait 20 000 voix à Boulogne et il n’a pas de candidat. Le parti socialiste non plus. Cela me donne de bonnes raisons de croire en mes chances d’être au second tour de cette élection.

Le candidat sur Twitter : @AudaceBoulogne