Avant le premier tour, l’e-bb va à la rencontre des candidats aux législatives sur la 9ème et la 10ème circonscriptions des Hauts de Seine. Voici Jérémy Coste, candidat UDI/LR sur la 10ème circonscription, successeur d’André Santini.

Des rencontres et des choix

e-bb : Pourriez-vous revenir sur votre parcours d’engagement ?

Jérémy Coste : Mon parcours est fait de rencontres et de choix.
Je viens du milieu associatif : j’étais sportif de haut niveau et par ce biais, également entraîneur et bénévole dans le milieu sportif. C’est là que j’ai compris que c’étaient les politiques qui décidaient. J’ai décidé de m’engager, j’avais 16 ans et mes parents, qui ont toujours voté, n’y étaient pas trop favorables. Leur rapport à la politique, faite de devoir citoyen, mais aussi de méfiance et de défiance vis-à-vis des élus, m’a marqué jusqu’à nos jours. Mais moi j’avais rencontré le professeur Dubernard, médecin et député de Lyon, qui m’a proposé de travailler avec lui. Après deux ans à ses côtés en parallèle de mes études, j’ai pris mes distances avec l’UMP à l’époque, et je suis retourné à mes activités associatives. Le sport, toujours, mais également l’Europe, dont je me sens vraiment citoyen.

Ce sont les suites de la présidentielles de 2007 qui m’ont ramené à la politique, avec la rupture de Bayrou. Je me suis toujours senti de centre-droit, et j’ai donc sans hésiter adhéré au Nouveau Centre. Le parti venait de se créer, et Damien Abbad m’a proposé de m’occuper des jeunes du parti en Rhône Alpes. J’ai accepté, et petit à petit, j’ai pris des responsabilités.

Jérémy Coste

Jérémy Coste et son directeur de campagne, Pascal Vertanessian

e-bb : Quel rapport entretenez-vous avec votre prédécesseur et suppléant, André Santini ?

Jérémy Coste : Avec André Santini, j’entretiens une relation de confiance vieille de 10 ans. C’est lui qui m’a tendu la main lorsque, étudiant en aménagement du territoire, je devais faire un stage d’urbanisme. Il m’a invité à le faire à Issy-les-Moulineaux, alors qu’il s’occupait de la Société du Grand Paris. Lorsqu’il est redevenu député, il m’a proposé de rejoindre son staff parlementaire. Cette fois-ci, mes parents m’ont encouragé à accepter. Ils savaient que j’apprendrais énormément.
Et c’est un fait, André Santini est un pédagogue, un vrai. Il ne m’a jamais dit exactement ce que je devais faire, mais me répète toujours : « Écoute, observe, et tu trouveras la solution. » J’ai été son assistant parlementaire, j’ai pu l’accompagner à la SGP, il m’a permis d’assister à son « Codir », la réunion qu’il convoque tous les lundis matin avec tous ses collaborateurs, pour établir le programme de la semaine.

Des ateliers parlementaires

e-bb : Quelle conception vous faites-vous de la politique ?

Jérémy Coste : Pour moi, la politique, c’est la proximité avec les gens.
Si je suis élu, je mettrai en place un atelier parlementaire, composé d’associatifs, d’élus de quartiers, et de citoyens tirés au sort, pour les faire participer à la fabrique de la loi. Je doublerai cet atelier mensuel d’un mandat digital, qui me permettra de consulter mes concitoyens en temps réel.
Bien que les parlementaires aient un mandat national, pour moi, un député doit être l’émanation de son territoire : il doit le connaître, le représenter, mais également en faire un terrain d’action et d’expérimentation. Personnellement, je connais les besoins et les enjeux de la 10ème circonscription, et je travaillerai en lien étroit avec les élus locaux et départementaux.
Enfin, je suis favorable à la limitation du cumul des mandats dans le temps.

e-bb : Que pensez-vous de la recomposition politique en cours ?

Jérémy Coste : Elle est bienvenue ! A la fin des fins, Macron se positionne au centre. Il me rappelle Giscard, pour qui j’ai beaucoup d’admiration. Mais il faut être vigilant, et ne pas prendre les choses à l’envers : quand j’entends le discours des candidats « En Marche », ça me perturbe. Ils mettent en avant le « programme Macron », veulent donner une majorité au président… en oubliant au passage que le pouvoir exécutif et le pouvoir législatif sont complémentaires et doivent s’inscrire dans une logique de co-construction, non d’application aveugle.

e-bb : Si vous êtes élu, comment vous positionnerez-vous, alors ?

Jérémy Coste : Je voudrais faire observer qu’aujourd’hui l’UDI est le seul parti qui tient. Nous avons soutenu le programme de Fillon pour le premier tour, et pour le second, nous avons soutenu Macron contre Le Pen bien sûr, mais aussi parce que ses idées sont intéressantes.
Il y aura évidemment un groupe UDI à l’Assemblée, et je le rejoindrai. Mais de même que je ne serai pas dans l’opposition, parce que ça ne veut rien dire dans une logique républicaine, je me tiendrai à distance d’une stricte discipline de groupe. André Santini comme Pierre-Christophe Baguet m’ont chacun dit : « Ne fais pas la même erreur que moi, qui ai dû voter des textes auxquels je ne croyais pas. » J’aurai derrière moi mon comité local, le travail de mon territoire, et ma liberté ! (il montre son tatouage Liberté chérie).

e-bb : Dans quelle commission siégerez-vous ?

Jérémy Coste : Deux m’intéressent : la commission des affaires sociales, parce que c’est celle qui touche le plus au quotidien des gens, et la commission des lois, parce que je suis favorable à une 6ème République.

Des propositions personnelles

e-bb : Votre programme contient des propositions très personnelles, que l’on ne l’attend pas forcément d’un candidat de la 10ème circonscription des Hauts de Seine…

Jérémy Coste : C’est personnel en effet, lié à mon histoire et à mes expériences. Mais en dépit des apparences, il y a bel et bien un lien avec le territoire.

Ma mère étant réunionnaise, j’ai une culture d’Outre-mer. J’ai aussi travaillé un an à Nouméa. L’outre-mer pour moi est la vitrine du savoir-faire et des cultures françaises à travers le monde. Il représente en outre un enjeu géostratégique que tout le monde connaît, mais qui n’est pas considéré à sa juste valeur.
Dans le champ maritime aussi, il faut donner à la Défense nationale les moyens de faire son job.
Quant à la francophonie, c’est un levier économique et diplomatique auquel on a renoncé à tort, par complexe, à cause du poids de l’histoire. Moi, j’en ai marre des complexes ! On sait ce qu’on a fait de mal, maintenant il faut qu’on avance. Les Chinois, les Indiens, les Américains, n’ont pas ces complexes, et ils prennent la main.

Enfin je suis sensible depuis toujours à la question du bien-être au travail, parce que j’ai vu souffrir mon père. Il était mécanicien, et comme 60 % de Français, il ne se sentait pas considéré dans son travail. Pour moi, le bien-être au travail peut être amélioré par la loi, en s’appuyant sur ce qui marche. Il se trouve que dans la circonscription, nous avons beaucoup d’entreprises qui en ont fait une préoccupation, et qui ont mis en place des choses qui marchent. De nouveau, le territoire peut inspirer l’action législative.

Réunions publiques de Jérémy Coste sur son site de campagne.
Le candidat sur Twitter : @JeremyCoste

François et Anne-Sophie

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