Législatives 2017 : Rencontre avec Nicolas Moreau et Thierry Barthe, candidats Nouvelle Donne dans la 10ème circonscription des Hauts de Seine.

Un engagement de longue date

e-bb : Quel est votre parcours d’engagement ?

Nicolas Moreau : J’ai 44 ans et j’habite Issy les Moulineaux depuis 2000. Mon engagement a pris corps au sein de la FCPE, une fédération de parents d’élèves dont j’ai présidé la section locale durant deux ans. Je me suis ensuite impliqué dans la politique locale, et j’ai été conseiller municipal de 2008 à 2014. J’ai toujours été proche du parti socialiste mais depuis quelques temps, il m’apparaît nécessaire de changer la donne !

Thierry Barthe : Je suis comédien et j’habite Issy les Moulineaux depuis 1962… J’ai adhéré au parti socialiste en 1981, mais dix ans auparavant, j’avais assisté au congrès d’Epinay avec mes parents ! Je me suis un temps investi dans la section Culture au siège du parti, rue de Solferino. Ce sont les options prises par le gouvernement de Manuel Valls en 2014 qui m’ont fait quitter le PS.

Nicolas Moreau

Thierry Barthe et Nicolas Moreau

e-bb : Pourquoi vous présentez-vous aux législatives ?

Nicolas Moreau : Nous nous présentons ensemble parce que nous nous connaissons bien, nous étions sur la même liste en 2008. Notre tandem ne met pas en cause la parité, puisque celle-ci concerne le nombre de titulaires. Et à ce compte, sur 88 candidats, Nouvelle Donne donne l’exemple en présentant 45 femmes.
Nous souhaitons porter les valeurs de notre parti. Nouvelle Donne est un parti récent, fondé en 2013. Il a fait 5 % aux Européennes et, à notre grand satisfaction, ses idées ont circulé lors de la présidentielle. Je pense entre autres au revenu universel ou à la réduction du temps de travail.

Thierry Barthe : Nous souhaitons que les citoyens reprennent la main, dans tous les domaines. Santé, démocratie, institutions, emplois… mais sans sectarisme. Ainsi, même si elle demande à être amendée, la loi sur la moralisation de la vie politique nous convient sur le principe. Nous serons plus vigilants sur la loi Travail !

L’urgence sociale et la transition écologique

e-bb : Dans le programme de Nouvelle Donne, quels sont les trois points les plus importants pour vous ?

Nicolas Moreau : Il faut remettre le salariat et l’emploi au cœur du système, alors que les entreprises profitent du chômage. Le passage à la semaine de quatre jours est indispensable pour créer de l’emploi. Cela limite les heures supplémentaires possibles, et conduit donc à embaucher. On estime entre 1,6 et 2 millions d’emplois ainsi créés, sans parler de l’amélioration de la qualité de vie. Moi-même, je suis aux 4/5 depuis plusieurs années pour m’occuper de mes enfants et j’en suis heureux !
Dans le même temps, il faut reconnaître le chômage technique : l’idée est de préserver l’emploi, pas le revenu du chômeur.

Thierry Barthe : Sur ce point nous sommes très opposés à la vision de Macron, qui m’évoque le système des loueurs de bras du XIXème siècle. Comment imaginer que la société de demain sera faite de petits jeunes qui prennent tous les risques pour nous livrer à vélo à n’importe quelle heure ? Nous promouvons aussi une réforme fiscale, qui viserait à remplacer l’ISF par un impôt sur la transmission du patrimoine. Il faut également réformer la taxe foncière.

Nicolas Moreau : Un autre sujet, c’est la solidarité. Elle se décline de maintes manières. Nous proposons par exemple une tarification progressive pour l’eau, l’électricité et le gaz. Par ailleurs, il faut préserver les services publics, en augmentant le nombre d’enseignants et en cassant le numerus clausus des professions médicales. Il est également urgent d’encadrer la gestion du foncier dans les zones en tension. Selon les cas, il peut atteindre des prix prohibitifs ou au contraire être bradé. C’est arrivé récemment à Issy les Moulineaux : la Ville a bradé le terrain qui accueillera la nouvelle école du Barreau au prix des domaines.

La troisième priorité concerne la transition écologique. La croissance n’existe plus, c’est pourquoi il faut revoir les traités européens pour mettre à jour les objectifs. Surtout, on doit utiliser les fonds de l’union bancaire, qui représentent 20 milliards d’euros pour la France, et les injecter dans l’économie réelle, au service de la transition écologique.

Thierry Barthe : On peut de même affecter le fonds de réserve pour la retraite, qui est aujourd’hui bloqué en capital-risque, dans l’économie réelle.

Nouvelle Donne

e-bb : Que pensez-vous de la recomposition politique en cours ?

Thierry Barthe : Dans une large mesure, Nouvelle Donne l’a préfiguré. C’est un parti composé à 85 % de nouveaux venus en politique, mais qui avaient une conscience. Quand on voit Macron, de son côté, piocher dans les anciens partis qui sont en train de mourir au lieu de se tourner vers la société civile, on se dit que c’est un acte manqué. Comme la France insoumise, En Marche s’est structurée verticalement, avec à sa tête un conducator. C’est à l’opposé du fonctionnement de Nouvelle Donne.
Longtemps, il y a eu des ouvriers à l’Assemblée nationale, pourquoi n’y en a-t-il plus ? Parce que la France a spécialisé la fonction politique, et c’est une catastrophe.

Nicolas Moreau : On est dans un moment de transition entre deux mondes, on ne sait pas ce que ça donnera, mais nous avons la ferme intention d’exister.

e-bb : Si vous êtes élu, quel député serez-vous ?

Nicolas Moreau : Je serai à l’écoute des gens dans la durée, mais pas uniquement. On n’est pas là pour se représenter soi, mais la réalité de la circonscription ne doit pas non plus occulter celle de la France. Notre devoir, c’est d’expliquer que ce n’est pas chacun pour sa gueule ! A titre d’exemple, c’est même pourquoi je suis opposé à la fusion de Boulogne et Issy : mutualiser les moyens et les structures n’a rien d’aberrant, mais il est trop évident, en l’occurrence, que ce projet n’est qu’une manœuvre pour échapper au Grand Paris. Ce n’est donc ni dans l’intérêt du public, ni dans l’intérêt collectif.

Je n’ai aucune raison de défendre un projet personnel, étant donné que ce n’est pas la fonction du député. A l’Assemblée nationale, on travaille avec les autres, à condition d’être présent. C’est l’engagement que je prends : je serai présent et ne cumulerai pas les mandats. Je puis également vous assurer que les lobbyistes ne franchiront pas la porte de mon bureau.

Les candidats sur Twitter : @MOREAUNic – @sakamlerose