Avant le premier tour, l’e-bb va à la rencontre des candidats aux législatives sur la 9ème et la 10ème circonscriptions des Hauts de Seine. Voici Claire de Thézy, candidate du Parti Chrétien Démocrate sur la 9ème circonscription, conseillère municipale déléguée au logement, « en congé » de la majorité municipale le temps de la campagne. 

De la vie associative à l’engagement politique

e-bb : Quel est votre parcours d’engagement ?

Claire de Thézy

Claire de Thézy

Claire de Thézy : On ne peut pas dire que j’avais la fibre politique, et mon engagement est récent. À vrai dire, ce sont les circonstances qui m’ont menée à la politique.
Je faisais du bénévolat depuis longtemps dans les paroisses de la ville. J’ai été élue à la tête de la section locale des Associations familiales catholiques (AFC) quelques temps avant la promulgation de la loi sur le mariage pour tous. Or, les AFC ont été un des gros bataillons de la Manif pour tous, avec Alliance Vita. Je n’ai pas été la principale animatrice des Manifs, mais il est m’est revenu de faire circuler les informations et de coordonner les actions sur Boulogne. C’était une activité totalement nouvelle pour moi ! Sans cette loi, j’aurais défendu la famille différemment.

e-bb : C’est ce qui vous a finalement menée au conseil municipal ?

Claire de Thézy : C’est Frédéric Delaître, l’instigateur des actions de la Manif pour tous à Boulogne, qui avait réellement une vision politique. Il était membre du parti chrétien-démocrate (PCD), et voulait que ses valeurs soient portées à l’échelle municipale. Il m’a demandé si j’accepterais de rejoindre le groupe qu’il était en train de constituer en vue de rejoindre la liste de Pierre-Christophe Baguet. Pour tout vous dire, l’engagement politique ne faisait vraiment pas partie de ma culture, si bien que j’ai réfléchi longuement, près de huit mois, avant d’accepter.
J’ai constaté que le PCD me correspondait et j’ai eu envie, en effet, de représenter sa voix. Femme et issue de ce parti, j’étais automatiquement en position éligible. En tout nous avons eu trois élus à Boulogne.

Lorsque Frédéric Delaître est mort (en février 2015, ndlr), je me suis retrouvée un peu seule, car il était moteur. Mais j’ai décidé de reprendre le flambeau. Je me suis ainsi engagée dans la primaire, pour Jean-Frédéric Poisson. Nous avons organisé une réunion publique à Boulogne qui a réuni 320 personnes !

Une candidature pour porter des questions de société

e-bb : Pourquoi vous présentez-vous aux législatives aujourd’hui ?

Claire de Thézy : De nouveau, c’est parce qu’on me l’a demandé, et j’ai bien réfléchi avant d’accepter. Ce rôle aurait dû revenir à Frédéric Delaître. C’est par respect pour sa mémoire que j’y vais.
C’est ma première expérience de campagne législative, et j’apprends beaucoup : c’est très fatigant d’abord, d’autant que je travaille à plein temps et qu’il y a trop de travail à l’hôpital pour que je puisse me permettre de lever le pied. Ensuite, il faut être prêt à recevoir des coups : se lancer dans ce genre de campagne, c’est aussi se rendre compte de choses très malheureuses, lorsque les problèmes d’ego et de personnes prennent le pas sur les valeurs.

e-bb : Vous semblez pourtant bien entourée.

Claire de Thézy : Mais je le suis ! J’ai une équipe formidable, qui déborde d’idées et qui se montre très active. C’est entraînant. Ce soir, je vais donner un coup de main au groupe des colleurs fous avec mon mari. Avec l’équipe de Thierry Solère, c’est à qui recouvrira les affiches de l’autre, et pour l’instant on se défend bien…
Je dois dire aussi que mener une telle campagne est l’occasion pour moi de préciser mes idées.

e-bb : Pouvez-vous en dire plus ?

Claire de Thézy : J’ai fait le constat que les problèmes sociétaux portés par le PCD sont laissés à l’abandon par les autres partis parce qu’ils ne sont pas vendeurs, et trop clivants. Or, pour moi, des questions telles que la banalisation de l’avortement, la fin de vie, le transhumanisme ou le statut de l’embryon sont fondamentales pour la marche de la société. Je prendrai l’exemple de la fin de vie : certains lobbies font pression pour un droit à mourir, alors que les lois Léonetti répondent déjà à la plupart des attentes. Pas à toutes, c’est vrai, il suffit de regarder le cas de Vincent Imbert, mais aucune loi ne règlera tous les problèmes. Décider demain de mettre la fin de vie entre les mains de n’importe qui, ce n’est pas acceptable pour moi.

Au PCD, nous plaçons l’homme au centre de notre réflexion. C’est à partir de lui, et de la notion de dignité humaine, que nous déclinons notre programme. Dans le monde tel qu’il va, le PCD doit être un aiguillon de société.

e-bb : Parmi les 10 points forts du programme du PCD, quelles sont vos priorités ?

Claire de Thézy : La première d’entre toutes, c’est la famille, à laquelle, je pense, la société française est très attachée. On peut dire que la famille est la meilleure et la pire des choses : elle est l’organe des plus grandes blessures, mais aussi du plus grand pardon. Il faut la dynamiser, par la restauration des allocations familiales, mais aussi la responsabiliser.
Ensuite, si nous nous sommes associés au programme économique de François Fillon, nous sommes beaucoup moins libéraux. Par certains aspects, je trouve même une proximité avec des partis de gauche, eux aussi soucieux de prendre la personne en dignité. L’ubérisation, l’action destructrice des fonds de pension, sont des sujets primordiaux pour moi.

Députée à plein temps

e-bb : Que pensez-vous de la recomposition politique en cours ?

Claire de Thézy : Je la juge souhaitable : après les élections, il est vraisemblable qu’un rapprochement s’opèrera avec les Républicains conservateurs, les partis souverainistes, et Marion Maréchal-Le Pen, dont je suis certaine qu’elle reviendra. Même si nous ne sommes pas d’accord sur tout, nous avons un socle commun.

e-bb : Si vous êtes élue, quelle députée serez-vous ?

Claire de Thézy : Je serai bien sûr une députée à plein temps : écouter les gens, défendre des positions, trouver les informations nécessaires au jugement, c’est un vrai métier. Mon engagement portera d’abord sur les questions sociétales. Je ne connais pas tout sur la bioéthique, mais j’ai des idées et un fond de connaissances comme point de départ.
Se présenter est une décision lourde. Comme je n’ai pas d’ambition personnelle et que je ne dépends de personne, j’agirai en toute liberté.

Retrouvez la candidate sur twitter : @c2thezy

François et Anne-Sophie

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