« Il suffirait de presque rien.. peut-être dix années de moins … »
C’est la petite musique lancinante de ce livre dont les doux accords de revanche ne devraient pas déplaire aux femmes.
Il n’y a pas si longtemps on disait d’un homme aux tempes argentées qu’il était séduisant, maintenant on dit qu’il est vieux,  c’est ce que pense un peu plus fort chaque jour Jacques Duruy, 58 ans, animateur d’une très populaire émission de télévision, et prêt à tout pour retrouver sa jeunesse.
« J’avais envie, dit l’auteur, Valérie PineauValencienne, après avoir publié « Une cicatrice dans la tête » (un témoignage sur l’épilepsie), d’écrire une comédie. Le succès de cet essai m’a permis de rencontrer certaines personnalités du monde de la télévision et lorsque l’un d’eux m’a dit un jour, l’air horrifié : « j’ai une ride, crois-tu que je devrais me faire lifter ? », j’ai su que je tenais mon sujet : celui d’un homme, bientôt sexagénaire, furieux de vieillir physiquement. On ne parle que des angoisses des femmes, bien peu de celles, fort réelles, de ces messieurs…
Au départ, je crois que je voulais me moquer des obsessions de l’apparence, je voulais observer ces vieux beaux qui ont eu une jeunesse de rêve, celle des Trente Glorieuses, et qui ont du mal à passer le relais, à laisser à la jeunesse le privilège de sa spontanéité et de sa fraîcheur.
Je me suis aperçue que pour certains, qui n’avaient connu ni la guerre, ni le sida, ni le chômage, vieillir était le premier traumatisme. Au fur et à mesure de l’écriture, je me suis mise dans la peau de mon narrateur, Jacques Duruy, animateur télé sous pression, un peu fleur bleue, pas très sûr de lui, affublé d’une ex femme insupportable, et je me suis attachée à lui.
Chronos Blues c’est l’histoire douce-amère, tendre et moqueuse d’une génération, de l’amitié masculine, tripale et pudique, des rapports enfants-parents dans un monde où les curseurs ont tendance à s’affoler, où adultes et ados, hommes et femmes peuvent parfois se confondre.
Écrire une comédie est un exercice très difficile : j’ai eu bien plus de mal à trouver des gags, à chercher des dialogues grinçants qu’à écrire les passages les plus poignants d' »Une cicatrice dans la tête ».
Au final j’étais épuisée. Comme après un accouchement. Mais le « bébé » Jacques n’a plus besoin de moi ! Un projet de film est à l’étude… qui verriez-vous dans la peau de mon cher vieux beau ? J’ai bien mon idée, mais…  » conclut-elle.

Valérie Pineau Valencienne, boulonnaise de toujours, est l’auteur d’un essai « Une cicatrice dans la tête (éditions Plon Pocket). Principal témoignage sur l’épilepsie, il a obtenu en 2001 le prix du Salon de la Médecine (MEDEC) et son succès lui a valu d’être adapté à l’écran.

Chronos Blues (Editions France-Empire) est son premier roman.