Après les farçous, la maréchale, les escargots et les pitahyas, on poursuit notre découverte des produits du marché avec une halte à l’Epicurianu, où se vendent fromages, vins, charcuterie, confitures et miels de Corse.

Ange Solinas

Il y a un peu plus d’un an, l’Epicurianu s’installait sur le marché Escudier, et le bouche à oreille s’est activé très vite. Il faut dire que les bons produits corses sont rares en région parisienne, et encore plus à Boulogne Billancourt. D’ailleurs, lorsque les journalistes du dernier Salon de l’agriculture ont cherché un commerçant dans la région, c’est vers l’Epicurianu que les producteurs exposants les ont orientés.
Le commerce est tenu par Ange Solinas, Boulonnais – « Non, je suis Corse, corrige-t-il, mais j’habite à Boulogne Billancourt depuis que j’ai quitté l’île, il y a trente ans. » Depuis le mois de mai, Ange est également présent sur le marché de Billancourt et connaît un engouement encore supérieur : « Le marché de Billancourt est populaire et vivant. L’arrivée des habitants du nouveau quartier l’a beaucoup dynamisé, explique-t-il, c’est une population jeune, curieuse et ouverte aux produits originaux. »
Le stand de l’Epicurianu est un paradis pour clients curieux, puisque le patron et son fils n’hésitent pas à faire goûter, et organisent tous les samedis et dimanches une dégustation de vins : « J’ai toujours voulu vendre des produits corses, et faire partager la douceur de vivre de mon île. J’ai appelé mon affaire « l’épicurien » en souvenir d’une promesse que nous nous étions faite au lycée, avec mon meilleur ami :  nous étudiions Montaigne, sa philosophie nous a séduits, elle correspond à ce que nous aimons de notre île, et nous nous sommes promis que le premier d’entre nous qui lancerait un commerce l’appellerait ainsi ! La Corse a une image contrastée, on y voit souvent le pire, en oubliant le meilleur. Et dans le meilleur, il y a notre terroir. »

Le vermentinu, le cépage du cru

Avant de se lancer, Ange est parti un mois en prospection sur place, à la rencontre des producteurs et des artisans, « des gens passionnés, qui donnent le meilleur d’eux-mêmes. J’aime parler des produits et de ceux qui les préparent avec mes clients, dont beaucoup connaissent bien la Corse, » raconte-t-il. Si bien que, lorsqu’on lui demande de nous présenter un produit, un seul, il hésite ! Après un coup d’œil panoramique à l’étal, un temps d’arrêt sur… un jambon blanc (« mais ça vous surprendrait trop ! Pourtant, il est excellent, servi au Plazza Athénée…« ), Ange se décide pour un délicieux lonzu : un filet de porc salé, rincé au vin puis roulé dans le poivre et séché durant quatre mois, dans un boyau naturel. C’est une viande relevée, à cause du poivre, que l’on peut déguster en salade, ou alors grillée, comme du bacon, « par exemple pour accompagner un poisson, ou alors servi avec du fromage de brebis, en apéritif » suggère Ange. Comme boisson pour aller avec, il recommande un vin blanc de domaine, de la région d’Ajaccio ou de Patrimonio, produit à partir du cépage local, le vermentinu.

Pour la rentrée, l’Epicurianu nous prépare de nouvelles surprises, avec les préparation de plats cuisinés : « Il y a des plats délicieux, comme le veau aux olives, ou la polenta aux figatellu » annonce le patron. On reviendra goûter.