Un joli cadeau de Noël pour les amateurs de biographie, de peinture et d’enquête littéraire, le Prix Chateaubriand 2011 du Conseil général des Hauts-de-Seine donne l’opportunité de découvrir une artiste dont le portrait de la Reine de France fit scandale et hâta l’impopularité de Marie-Antoinette, portraitiste considérée à l’époque à l’égal de Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze.

« Entre deux siècles comme au confluent de deux fleuves  » ces mots de Chateaubriand semblent avoir été écrits pour elle.

Née sous le règne de Louis XV, Louise Elisabeth Vigée Le Brun est témoin des prémices de la Révolution, connaît l’Empire et la restauration, avant de s’éteindre sous la monarchie de Juillet, dans sa quatre-vingt-septième année. Une longévité exceptionnelle qui accompagne une destinée hors du commun. Artiste précoce et talentueuse, elle pénètre malgré les obstacles, dans le cercle prestigieux de l’Académie royale de peinture ; ses cachets sont les plus élevés de son temps. Les troubles de la Révolution font d’elle une voyageuse : de l’Italie à la Russie en passant par l’Autriche, dans une Europe dont le Français est la langue, elle conquiert à la force du poignet une clientèle princière.

Mais les succès ne compensent pas les peines privées : sa fille chérie, Julie s’oppose à elle, son frère la déçoit, son époux endetté réclame son aide.
La postérité a retenu l’image du peintre gracieux de Marie-Antoinette, on sait moins qu’au XIX siècle, mue par un esprit de curiosité infinie, Madame Vigèe-Lebrun ouvrit son salon à la jeune génération romantique.
Exploitant archives, lettres et carnets inédits qui éclairent la vie privée et publique de l’artiste, accordant toute sa place à son œuvre peint, cette biographie retrace le destin d’un des plus grands peintres de son époque.
L’auteur Geneviève Haroche-Bouzinac, est professeur à l’Université d’Orléans et spécialiste du XVIIIème siècle. Elle a publié de nombreux articles sur Louise Elisabeth Vigée Le Brun et établi l’édition de référence de son autobiographie (Champion 2008)
Cet ouvrage édité chez Flammarion,  vient d’être couronné par le Prix Chateaubriand 2011 décerné par le Conseil Général des Hauts-de-Seine dans le cadre prestigieux de l’Institut de France après délibérations dans  la maison de Chateaubriand sise dans La Vallée aux Loups.
Fondé en 1987, le Prix Chateaubriand qui fête sa 25ème édition, couronne une œuvre de recherche historique ou d’histoire littéraire, une édition critique substantielle ou une fiction fondée sur des travaux historiques sérieux. Les ouvrages sélectionnés portent sur la période où vécut Chateaubriand, entendue dans un sens large : de la fin du siècle des Lumières jusqu’au XIXe siècle, ou sur des thèmes abordés dans ses œuvres.