Le dernier conseil municipal a autorisé le dépôt des permis de construire du 57 Métal et du lycée place Jules Guesde. Une étape dans l’aménagement du quartier.

Les trois premières délibérations du conseil municipal du 7 avril portaient sur l’aménagement du sud de la ville, avec la transformation du 57 Métal, la construction du lycée place Jules Guesde et l’installation d’un terrain de sport synthétique sur le parc de Billancourt.

Permis de construire pour le lycée place Jules Guesde

L’aboutissement d’une longue procédure

En projet depuis des années avec une parcelle réservée dès le début des années 2000 et un budget de construction adopté en 2009 par le Conseil Régional, le lycée place Jules Guesde va enfin sortir de terre.
Il s’agira d’un établissement général et technologique, mais amputé de la filière littéraire, au profit d’une classe passerelle post-bac, une CPES. Bâties sur 5 étages, 21 classes devraient y accueillir un peu moins de 800 élèves à la rentrée 2018. Une capacité bien inférieure aux lycées actuellement construits dans la région. Sur les 5 000m² de la parcelle, le projet prévoit également un gymnase et une salle de conférence.
Le bâtiment, conçu par le cabinet d’architectes Mikou Design, très expérimenté en la matière, ouvrira sur la place Jules Guesde, par le portail des ex-usines Renault. En voici une première image, vue depuis la place :

lycée place Jules Guesde

Le parvis du futur lycée vu depuis la rue Yves Kermen – CR Mikou Design

La veille, le Conseil Régional confirmait l’enveloppe budgétaire dévolue à la construction de ce nouvel établissement.

Le cinquième collège en suspens

Judith Shan

Judith Shan

Cette délibération a donné l’occasion à Judith Shan (PS) de souligner son action au Conseil Régional pour débloquer le dossier. Une responsabilité que Pierre-Christophe Baguet lui a reconnue de mauvaise grâce. Tous deux ont ensuite débattu du terrain destiné au cinquième collège : la fréquentation des quatre collèges de la ville, Auriol, Bartholdi, Landowski et Renoir, était très déséquilibrée, les collégiens étant actuellement concentrés au sud de la ville. Une modification de la carte scolaire à la rentrée dernière a permis d’améliorer la répartition, puisque Renoir, très fréquenté, a ainsi perdu près de 70 élèves. Il n’y a donc pas urgence à bâtir un cinquième établissement.
Mais le maire n’a pas voulu pour autant permettre un aménagement provisoire de ce terrain vague en plein quartier comme le suggérait l’élue socialiste. Il a estimé que « ce serait un mauvais geste politique vis-à-vis du département » (dont il est vice-président, ndlr) que de disposer, même provisoirement, d’un terrain réservé. Il n’a pas exclu qu’il puisse servir un jour, si l’île Seguin toute proche devait finalement accueillir des logements…

Un terrain de sport sur le parc de Billancourt

pierre-christophe baguet

pierre-christophe baguet

Ça se concrétise aussi du côté du terrain de sport prévu depuis 2013 sur la partie Est du parc de Billancourt. La demande de subvention pour la construction de cet équipement destiné au foot et au rugby, avec terrain synthétique et vestiaires, a été adoptée à l’unanimité, le groupe PS s’abstenant. Pierre Gaborit a justifié cette position par le fait que, si son groupe avait toujours réclamé des équipements sportifs, il était en revanche hostile au sacrifice d’un espace vert. Il a risqué un parallèle entre cette décision et l’extension de Roland Garros sur les serres d’Auteuil, immédiatement contredit par le maire : « Le projet de Roland Garros ne répond pas à une nécessité, mais à du confort » a-t-il déclaré, avant de défendre l’amputation du parc de Billancourt, qui répondrait à un réel besoin des habitants. « S’il n’y a pas de terrain de sport, il y a un coût social derrière. »

Permis de construire pour le 57 Métal

Gauthier Mougin

Gauthier Mougin

L’adjoint à l’Urbanisme, Gauthier Mougin, a pris le temps d’expliquer la singularité de cette délibération, qui consiste à autoriser un promoteur privé, BNP Paribas Real Estate, à déposer un permis de construire sur une assiette foncière dont une partie ne lui appartient pas – encore. En effet, dans la transaction dont on n’a pas encore tous les détails, il a été convenu que la Ville cèderait une emprise au sol, sachant que BNP lui rétrocèderait ensuite des parcelles aménagées le long de la rue du Vieux Pont de Sèvres. Comme l’instruction de ce dossier sera longue, le conseil ce soir-là a choisi d’anticiper la cession effective de la parcelle, qui aura eu lieu avant que le permis de construire ne soit délivré.
L’opposition est restée prudente sur ce sujet litigieux : le PS s’est abstenu « pour ne pas bloquer, » tout en insistant sur le fait que, compte-tenu de sa complexité, le dossier ne pouvait qu’évoluer. Pierre Gaborit a au passage regretté que le projet prévoie des bureaux dans un périmètre où la loi sur le Grand Paris prescrit des logements. Le groupe de Pierre-Mathieu Duhamel a quant à lui voté contre, sans explication de vote.