De 18h à 20h30, les résidents du foyer Coallia ainsi que leurs soutiens ont manifesté dans Boulogne. Partis de la rue Nationale, ils ont rallié l’Hôtel de Ville après un arrêt devant la sous-préfecture.
Ils espéraient être reçus par le maire, Pierre-Christophe Baguet, comme ils le lui avaient fait savoir dans un courrier en date du 6 janvier.
Depuis l’incendie du 16 décembre, leurs revendications n’ont pas varié : ouverture d’une instruction judiciaire pour faire la lumière sur le sinistre, rénovation du foyer et prise en compte de la vie collective, mise à mal depuis la fermeture de la cuisine par les services de l’hygiène au printemps dernier.
Elles figurent désormais dans une pétition en ligne.

« Justice et solidarité pour les résidents du foyer national »

Scandant des slogans tels que « Libérez le foyer ! » « Rénovez le foyer ! » « Justice et réparation ! » environ 500 personnes ont défilé à un bon rythme. Parmi elles, beaucoup de résidents, des organisations syndicales, politiques et non gouvernementales*, ainsi que quelques habitants extérieurs au foyer. L’émotion des résidents était bien palpable ce soir encore, près d’un mois après l’incendie.
Leur manifestation n’a pas manqué d’attirer l’attention des habitants et des employés des bureaux du Trapèze, pour beaucoup loin de soupçonner l’existence même du foyer. Surprise, indifférence, ou franche sympathie ont encadré le cortège. La palme au plein de fraîcheur « Moi j’suis pour le foyer Wesh ! » lancé par une collégienne sur le chemin.

Des employés de bureaux observent la manifestation

Échanges et encouragements entre les habitants et les manifestants

Si le sous-préfet a fait savoir aux délégués des résidents qu’il les recevrait dans les prochains jours, leur démarche auprès du maire, en revanche, est restée lettre morte. C’est d’ailleurs devant une mairie fermée et gardée par une compagnie de CRS que la manifestation s’est terminée. Cet accueil a suscité l’indignation des participants, occasionnant des mots très durs de la part de certains orateurs.
« Ce n’est pas la première fois que le maire refuse de nous recevoir » a par ailleurs déclaré Bakary Cissokho, délégué des résidents. « Aucun représentant de l’État ou de la majorité municipale n’est venu au foyer depuis l’incendie. Pourtant nous sommes aussi Boulonnais que lui, on va revenir ! »
Pierre Gaborit n’a pas manqué d’audace en déclarant : « En tant que conseillers municipaux, mes camarades [les élus du groupe PS, présents, ndlr] et moi représentons la municipalité » au nom de laquelle, donc, il a souhaité la reconstruction du foyer dans ses environs immédiats. « Il ne faut pas en disperser les résidents comme s’ils n’avaient pas d’attache. Quand on vit dans une ville depuis quarante ans, on a des attaches » a-t-il insisté.
Plusieurs autres porte-parole se sont succédé (COPAF, DAL CGT…), dont l’un, Monsieur Bradi, représentant de la coordination des délégués des foyers, a souligné le rôle d’acteurs du développement de ces travailleurs immigrés, leurs remises soutenant leurs pays d’origine.

En tête du cortège, Demba Kanouté, Mamadou Dia, Bakary Cissokho, Pierre Gaborit, Philippe Kaltenbach (sénateur PS des Hauts de Seine)

Le conseiller régional Eric Coquerel (Parti de Gauche)

L’avocat des résidents, Pascal Winter, a fait observer une minute de silence absolu sur le parvis de l’Hôtel de Ville, à la mémoire d’Oussi Traoré, décédé lors du drame. « Les responsables sont parmi ceux qui ne veulent pas nous recevoir, ceux qui ne veulent pas venir nous voir » a-t-il estimé, annonçant qu’il comptait également relancer le Procureur de la République pour l’ouverture d’une instruction judiciaire.

Des CRS ont pris place sur le parvis de l’Hôtel de Ville, aux portes closes

Environ 500 personnes ont pris part à la manifestation


Manifestation de soutien au Foyer des… par e-bb

*Manifestation organisée avec le soutien de l’Association pour la promotion du Soninké, l’Association des Travailleurs Maghrébins en France, la CGT, la Coordinations des délégués des foyers Aftam/Coallia, Adoma, le Collectif pour l’avenir des foyers, DAL, Droits Devant  !, la  Fédé des associations de soutien aux Immigré-e-s, la Fédé des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives, Habitants de Logements Ephémères ou Mobiles, Intégration 21 et Collectifs des sans-papiers…, Intercollectif parisien de soutien aux migrants, La Ville citoyenne, la Ligue des droits de l’homme, le Mrap, EELV, Ensemble, PCF, PG, et PS.