C’est l’oeuvre d’une artiste au talent incontestable mais mal connu que la magnifique Propriété Caillebotte à Yerres offre au regard des visiteurs jusqu’au 6 novembre 2016. Si Marie-Thérèse Lanoa a vécu 50 ans à Crosne au bord de l’Yerres, c’est à Boulogne-Billancourt où elle passa les dix dernières années de sa vie que fut découverte, au fond d’un placard, l’immensité de sa production.
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Dominique Renonciat Maire-adjoint a la culture de Yerres Nicolas Dariel, Agnes Rossensthiel et Bruno Sthaly petits-enfants de Marie-Therese Lanoa

 

Un trésor caché dans un placard

 

Une œuvre pour laquelle les petits enfants de Marie-Thérèse luttent sans relâche afin de lui restituer la lumière qu’elle mérite,  depuis la découverte des 600 tableaux et dessins dans l’appartement du Quai de Seine à Boulogne.

« Nous n’avions jamais vu ces œuvres, retrouvées après la mort de notre grand-père dans les années 80, roulées ou empilées dans un placard,  dit Agnès Rosensthiel petite-fille de l’artiste, nous ne connaissions que les cinq tableaux qui étaient accrochés dans la maison » Et maintenant, reprend Nicolas Dariel un autre de ses  petits-fils je suis surpris par toute la lumière dégagée grâce à l’accrochage différent de ces tableaux que j’avais  toujours vu de très près. »
« Nous ne nous sommes jamais séparés d’ aucune de ses oeuvres et nous ne souhaitons pas le faire ajoute Agnès Rosenthiel »

Voilà qui devrait plaire à l’esprit de leur grand-mère qui elle-même n’a jamais voulu vendre une de ses toiles de son vivant !

 

Un début de parcours artistique sans faute

 

Marie-Thérèse Lanoa dès son enfance fréquente le Musée du Louvre, intégre les Beaux-Arts et entre à l’Académie Laurens où elle

Marie-Thérèse Lanoa

Marie-Thérèse Lanoa

rencontre Segonzac, Boussingault et Moreau.  Elle cotoie aussi  Bonnard, La Fresnaye , André Mare à l’atelier « La Palette » fondé en 1907 par  Pierre-André Favre qui devint ensuite son mari et le compagnon de toute une vie.

 . Elle expose dès 1909 aux salons d’Automne et des Indépendants «  Avant la seconde guerre mondiale le monde culturel était tourné vers les Impressionnistes, ma grand-mère a fréquenté tous ces artistes et les a suivis . C’était une femme libre malgré le poids des traditions confie Bruno Sthaly, l’un de ses neuf petits-enfants. »
 La jeune femme fait partie du Groupe de Puteaux, des artistes et critiques proches du cubisme mais qui se placent dans une approche post-cubiste. Le Groupe de Puteaux refuse l’abstraction, tout en estimant que la peinture réaliste est finie.
. En 1911, elle s’installe à Crosne sur les bords de l’Yerres avec son mari et ses trois filles et commence à peindre des sujets d’extérieur et en 1919 reprend ses expositions dans les salons nationaux .

Et le choix de la vie familiale

 

Mais très vite elle se soustrait aux exigences d’une carrière . Elle se consacre aux tâches de la vie de famille sans cesser de peindre, ce qui lui était une nécessité absolue. Elle peignait son environnement immédiat, la chronique familiale, le portrait des enfants et petits enfants, toujours à leur insu. Et surtout la rivière et ses jeux d’ombres et de lumières toujours recommencés.

 

La Maison de Crosne et l'Yerres 1928

La Maison de Crosne et l’Yerres 1928

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La baignade – 1924

 

En 1961 Marie-Thérèse Lanoa quitte Crosne pour le Quai de Boulogne, elle peint les coteaux de Saint-Cloud et  la vie de l’eau sur la Seine. Les péniches qui portent le sable ramassé loin, la font voyager : « Je vois ma rivière couler dans la Seine » disait-elle.
Après l’Atelier André Mare en 1987 et le Musée de Bernay en 2002, c’est au tour de la Propriété Caillebotte, lieu emblématique pour l’impressionnisme et non loin de la demeure qui fut celle de Marie-Thérèse Lanoa de réunir une cinquantaine d’œuvres sur le thème « Hymne à la rivière » jusqu’au 6 novembre 2016.