Le 26 octobre, Meka Brunel a présidé sa première séance plénière du CoDev de la Métropole du Grand Paris. Elle succède à Michèle Pappalardo.

Meka Brunel et l’apport citoyen du CoDev

« C’est toujours extrêmement émouvant de se sentir accueilli et de tenir son rôle de citoyen » a déclaré Meka Brunel aux membres du Conseil de Développement du Grand Paris réunis pour son installation. A la suite de Michèle Pappalardo, nommée à la tête du cabinet de Nicolas Hulot et qui s’était fait connaître du public en cherchant à « déguinder » l’ENA, c’est une autre femme de trempe qui prend la tête du conseil. « Une main de fer dans un gant de velours » a décrit Patrick Ollier.

Meka Brunel

Meka Brunel entourée de Jacques Godron et de Patrick Ollier

D’origine iranienne, comme elle l’a rappelé, la directrice générale de Gecina conçoit le CoDev comme la possibilité – trop rare à son goût – pour les citoyens de s’exprimer et de mieux connaître leur territoire. Elle a par conséquent insisté auprès des présents sur la responsabilité de leur engagement. Cette ancienne Boulonnaise, toujours très attachée à la ville, a ainsi donné le ton pour sa présidence.

A la tête de cette structure récente, Meka Brunel entend s’appuyer sur son vice-président Jacques Godron, par ailleurs président de l’Institut des Hautes études des Métropoles. Surtout, elle compte promouvoir sa méthode de travail qui met l’accent sur le transversal et le collaboratif. La composition du CoDev, faite de personnalités qualifiées et de citoyens volontaires, s’y prête. A Patrick Ollier et Philippe Laurent qui rappelaient la vocation d’innovation du conseil, Meka Brunel a répondu en déclinant les trois piliers de sa présidence : l’anticipation des besoins des populations, la réflexion sur les moteurs d’attractivité et de rayonnement et… l’imagination.

Reste à savoir si les calendriers très serrés imposés au CoDev lui permettront de développer le volet « think tank » de la structure, au-delà des avis qu’il est appelé à rendre régulièrement.

Aménagement du territoire et environnement

Cette installation a été l’occasion pour Patrick Ollier d’évoquer les réalisations de la Métropole du Grand Paris, depuis sa création en 2016. Affichant une parfaite sérénité face au projet de réforme territoriale et aux mises en cause de la MGP, le président a énuméré les motifs de satisfaction.

Métropole roule propre

Métropole roule propre ! prévoit le remplacement de 1000 véhicules sur la durée de la mandature

De l’inauguration des premiers nouveaux vélib’ (la MGP finance chacune des 399 stations à hauteur de 10 000€ par an) à la maîtrise d’oeuvre de la piscine des futurs JO, en passant par l’aide à l’achat de véhicules électriques ou le guichet unique avec la Région et la capitale pour les entreprises du Brexit, ces actions illustrent le mot d’ordre de son président. « L’objectif final de la MGP, ce sont les 7 millions d’habitants qui attendent qu’on fasse des choses concrètes pour eux. »

Dernier succès en date : la réussite d’Inventons la Métropole du Grand Paris, le plus gros concours d’architecture et d’urbanisme d’Europe. « 7,2 milliards d’investissement financés par le privé, 2 millions de m² à construire nécessitant 65 000 emplois, et devant déboucher sur la création de 50 000 emplois à terme » a-t-il insisté.

Comme il l’a rappelé, les opérations de la MGP s’actualisent en plusieurs phases. La réforme territoriale en projet, quelle que soit sa forme finale, n’entrera en vigueur qu’en 2020. Entre-temps, les plans Climat-air-énergie et Habitat et hébergement (PMHH) auront été appliqués, et les chantiers d’Inventons la Métropole lancés. A sa façon, la Métropole marche au canon et le CoDev doit suivre.

Meka Brunel

Meka Brunel lors de la séance plénière, avec Philippe Laurent et Thomas Degos

Quels enjeux pour le CoDev ?

Un calendrier très contraint

Prenant le relais de Michèle Pappalardo, Meka Brunel doit tout à la fois assurer la bonne fin des dossiers ouverts et envisager la suite.
Depuis sa création au printemps dernier, le CoDev a rendu deux rapports conséquents sur le SCOT métropolitain et le Plan Climat-air-énergie. Ce dernier est un préambule à l’avis formel que le conseil devra rendre après l’adoption d’un projet en décembre par le conseil métropolitain.

Dans un délai serré et déjà renégocié par la nouvelle présidente, le dossier de la rentrée porte sur les centres-villes à l’horizon 2030. L’établissement d’un calendrier au moins semestriel, réclamé par les membres du CoDev, semble être un chantier à part entière…

La prise de contact que constitue cette séance plénière a permis de prendre la mesure, d’une part de la volonté d’écoute de Meka Brunel, et d’autre part du fort investissement des conseillers dans leur tâche. Observations sur les dossiers en cours, liens avec l’actualité européenne, suggestions méthodologiques et projets de contribution à part entière ont fusé.

Le vif engagement des habitants membres

Mme Nenner, M. Tillé Mme Huss et M. Stubber sont membres du CoDev. Habitants de Plaine Commune, Est-Ensemble ou GPSO, ils ont pris l’habitude de travailler ensemble.

Irène Nenner, qui représente GPSO, tirait à l’issue de la séance un premier bilan de son activité au CoDev. Elle a été co-rapporteur des deux premiers dossiers. « Le travail qu’on nous demande est très lourd, compte-tenu de l’importance des sujets traités, et très contraint par le temps. Il est trop tôt pour juger de son impact réel sur les décisions de la MGP, mais ce qui est évident, c’est que les habitants volontaires jouent un rôle très actif par rapport aux experts. A mon avis, il n’y en a pas assez (24, ndlr) et il faudrait revoir la composition du conseil pour leur donner une plus grande place. »

Elle se félicite par ailleurs du mode de sélection des habitants (tirés au sort parmi les volontaires, à parité des territoires de la MGP). « J’ai découvert qu’il y avait des sensibilités différentes selon les territoires ; notre travail au sein du CoDev a développé la compréhension mutuelle et par là, une meilleure appréhension du fait métropolitain dans son ensemble. »

Avec des membres de bonne volonté, une feuille de route précisée, et une présidente décidée à renforcer la part de ses contributions, le CoDev est bel et bien lancé.

 

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