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Patrick Ollier, président de la MGP

La désertification des centres-villes ne touche pas seulement des villes moyennes, en zones rurales. Nous le constatons trop souvent dans de nombreuses communes du Grand Paris. Un constat assez déprimant de boutiques fermées et de la disparition de services essentiels à la qualité de vie en ville. C’est pourquoi Patrick Ollier a saisi le ministre de la cohésion des territoires pour une extension du plan gouvernemental « Actions cœur de villes », annoncé à Rodez en décembre dernier, aux 40 communes de moins de 20 000 habitants de la MGP, confrontées à la paupérisation de leurs centres-villes.

Finalement le programme centres villes vivants de la MGP ne se limitera pas aux villes de moins de 20 000 habitants mais sera valable pour toutes les communes de la Métropole

La dévitalisation des centres-villes, un phénomène préoccupant

Dès le mois de mai dernier il avait saisi les maires des 131 communes de la Métropole sur cette problématique et installé le 31 août 2017 un groupe de travail dédié. En parallèle, le CoDev a mené une réflexion sur les thèmes des centres-villes et des nouvelles centralités urbaines.
« Notre ambition est de construire une métropole du XXIème siècle attractive, rééquilibrée et résiliente, au rayonnement mondial » a résumé Patrick OLLIER, lors d’une réunion de presse tenue le 16 janvier. A cette occasion,  Jean Marc Nicole, Maire du Kremlin Bicêtre, conseiller métropolitain, a rapporté les conclusions de groupes de travail réunissant une moyenne de 60 participants, depuis le mois d’août.

Les principales orientations de la revitalisation des centres-villes

« Les centres-villes sont les piliers de l’attractivité économique locale. Ce sont des lieux de vie, de consommation, de rencontres et d’échanges. Leur vitalité est essentielle pour tous les habitants et usagers de la Métropole » affirme le rapport.

Les principales orientations ont été résumées ainsi :
• Développer des outils d’action pour préserver le commerce de proximité et l’artisanat
• Rendre le centres-villes accessibles à tous les usagers (stationnement automobile inclus)
• Réactiver la fonction résidentielle en soutenant l’offre de logement et sa qualité
• Préserver le cadre de vie en prenant en compte les enjeux de beauté, de nature en ville, de paysage et de confort des espaces publics.
• Animer (par la culture et l’événementiel) les centres-villes et développer les services à la population afin, notamment, de soutenir le commerce de proximité

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Tous les territoires du Grand Paris ont apporté leur réflexion au sujet

 

La MGP apportera en 2018 une première enveloppe de 5 millions d’euros pour dynamiser les centres-villes

La MGP apportera en 2018, une première enveloppe de 5 millions d’euros, via la mise en place d’un « Fonds d’intervention métropolitain de soutien au Commerce, à l’Artisanat et aux Services » (FIMACS). Il permettra notamment d’aider les communes dans la mobilisation des moyens de préemption des baux commerciaux, voire des murs commerciaux.
Le calendrier de mise en œuvre de ce programme doit s’échelonner de 2018 à 2020

Combien  de « centres villes »  pour  Boulogne-Billancourt ?

L’e-bb a souhaité prendre l’avis du Boulogne Club Commerces, une jeune association dynamique de commerçants, entreprises, artisans, professions libérales implantés à Boulogne-Billancourt et sur les communes voisines. Le BCC, créé en 2014, s’efforce de faire bouger les lignes et de soutenir l’activité de ses membres en organisant régulièrement des rendez-vous et rencontres thématiques, en développant des synergies, et en mettant en réseau les membres autour de problématiques communes.

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Un évènement festif de janvier 2018 : la galette des rois du BCC tourne  chez les commerçants boulonnais 

Une ville de 120 000 habitants polycentrique

« La volonté de l’association est d’échanger, de mettre en avant les savoir-faire et valoriser le travail de chacun » dit Christelle Janes co-fondatrice et secrétaire générale du BCC. « Dans notre commune   il faut  constater une pluralité des centres villes . Il semblerait que l’on ait pris à un certain moment Boulogne-Billancourt pour le 16ème arrondissement et que tout se soit centré sur Les Passages. Mais d’autres « centres villes » existent, comme par exemple le Trapèze, ou l’avenue Jean-Baptiste Clément dont plusieurs fonds de commerce sont actuellement en vente. »

La multiplication des fêtes de quartier auxquelles s’associent les commerçants (La Ferme, Le Quai, Silly-Gallieni, les squares de l’Avre et des Moulineaux…) confirme bien le profil polycentrique de Boulogne-Billancourt. Mais la proximité, pensée en termes d’accès aux services publics par le biais des mairies de quartier par exemple, peine à s’entretenir au plan commercial. 

Une problématique spécifique

Truffaut Boulogne 39 Quai Georges Gorse

C’est que la ville est chère, et les logiques parfois contradictoires. « Seules les banques, les agences immobilières et les chaînes de supermarchés ont actuellement les moyens de supporter les loyers de Boulogne-Billancourt » ajoute Christelle Janes. Si la révision à la hausse des baux est une réalité quel que soit l’emplacement (on se souvient de la fermeture de la librairie des Passages, en emplacement n°1), une première installation est parfois tout aussi compliquée. C’est le cas dans le récent quartier du Trapèze. Toutes les surfaces commerciales sont à peu près identiques, et inadaptées aux petits commerces. Elles accueillent avec succès des enseignes phares comme Truffaut ou la Grande Récré. Les nombreux restaurants ont plus de mal à se maintenir, concurrencés par les restaurants d’entreprise, plus accessibles aux salariés.
Une commission commerces a été installée par l’ex-SAEM et actuelle SPL, avec des riverains, pour obtenir des concessions au cas par cas. Mais il n’est pas toujours facile de persuader les investisseurs que leur intérêt bien compris passe par des surfaces plus petites, mais occupées… 

Quelles pistes ?

« On tue les petits commerces alors que les municipalités sont censées préempter* » déplore Christelle Janes. « Cela se pratique pour certains centres-villes du nord de la France, qui souhaitent lutter contre la désertification et relancer le commerce de proximité. Certaines mairies rachètent des commerces et d’autres gèrent travaux et mises en conformité. Elles louent parfois à des loyers très modérés ces boutiques, ces emplacements à de jeunes créateurs d’entreprise pour leur permettre de lancer leur activité à moindre coût et relancer l’attractivité des centres villes. »
« Aujourd’hui tout le monde va sur internet, et fait ses emplettes de chez soi. Il faut stopper la machine et implanter des marques porteuses de dynamisme, faciliter le stationnement en offrant un temps de gratuité, et encourager les initiatives. Issy les Moulineaux par exemple offre deux fois par semaine un  marché ouvert jusqu’à 19 heures 30 , c’est pratique et convivial » avance Christelle Janes. 
 

Les Boulonnais sont particulièrement demandeurs de commerces de proximité et de vie de quartier. La problématique nationale dont s’emparent les politiques à tous les niveaux aura-t-elle des retombées près de chez nous ? Comme toujours, si les premiers concernés, ici les commerçants, ne font pas de propositions, la réponse risque d’être inadaptée.                                                                        

*Une loi sur la préemption des baux commerciaux est en vigueur depuis 2008, à l’initiative de Jean-Pierre Fourcade, sénateur à l’époque, ndlr.                                                                                                                                                                                                            
                                                                                                                                                                                            Anne Carbonnet et Gilbert Veyret 

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