Jusqu’au 9 avril, la galerie Mondapart accueille la nouvelle exposition de Laurent Allory, Extasie. Un hommage à la Chine, fidèle aux thèmes de prédilection du plasticien.

Le long de murs gris cadrés très bas, sans fin, des silhouettes stationnent, évoluent, flânent, marchent ou gambadent. Ces passants anonymes, tête baissée ou dissimulée sous de larges casquettes, sont l’âme de ces paysages vagues.
Bienvenue en Extasie, le titre de la nouvelle exposition de Laurent Allory chez Mondapart. La série présente, en quatre formats (de 40 à 110 cm²), des photos prises en Chine et retraitées, à l’habitude du plasticien, à la peinture acrylique parfois sous-tendue de collages.

Laurent Allory

Wall, photo et acrylique sur aluminium – CR Laurent Allory

La peinture pour Laurent Allory est le moyen de rendre vie à des lieux en transition. Le geste est large et vigoureux, scindant l’espace, accompagnant le mouvement, déséquilibrant le cadrage en touches audacieuses. La peinture est l’énergie qui a déserté ces rues latentes, et elle afflue sur les chaussées, se rappelle en coulures sur les murs de briques sales, ou se sur-imprime aux pans. Le rouge, couleur chinoise par excellence, domine, vif ou sombre, jusque sur le sceau original qui marque, tel un antique document de la Cité Interdite, chacune des œuvres présentées. Moins tranchants, des blancs et des noirs semblent émaner du décor, au contraire de fluos vindicatifs, qui renforcent les contrastes et l’atmosphère inhérente à des espaces non conçus pour l’homme, et où l’homme s’aventure.

Laurent Allory

« Under the Highway » (2015), photographie et acrylique sur aluminium

Si Wall, l’enfant courant s’affirme comme l’icône de l’exposition, on salue aussi Wall5, qui évoque avec tant de naturel des univers si différents, entre l’allure de la silhouette au chapeau de paille judicieusement vêtue de noir et blanc, l’incongru observateur fluo en surplomb et le graphisme général de la scène, accentué encore par les deux bandes peintes.

Laurent Allory

Wall5 (2015), photographie et acrylique sur aluminium

Chaque format est retravaillé pour lui-même, afin d’en préserver les effets, et c’est un bonheur supplémentaire que de pouvoir passer ainsi de l’un à l’autre.