A une semaine du premier tour des élections municipales, l’e-bb a rencontré les n°1 et 2 de la plupart des listes. Pierre Gaborit et Judith Shan conduisent la liste Parti socialiste/EELV.

e-bb : Pouvez-vous vous présenter mutuellement ?

Pierre Gaborit et Judith Shan

Pierre Gaborit et Judith Shan

J. Shan : Pierre Gaborit a été conseiller municipal de 1989 à 2008 soit pendant trois mandatures, et président du groupe Alternance Gauche Verte. Il est Boulonnais depuis ma naissance (rires). Il est professeur d’université spécialiste des questions d’urbanisme. Ce qui nous lie, parce que nous avons deux angles différents de lecture de l’urbanisme, moi plus en tant que géographe et Pierre plus en tant que juriste. Il a une grande expérience de la ville et connaît bien tant ses habitants que le tissu associatif. Il aime beaucoup les chats et les chiens. Nous avons tous les deux deux enfants, un garçon et une fille.
P. Gaborit : Judith est née l’année où je me suis installé à Boulogne Billancourt, nous avons chacun deux enfants mais pas ensemble ! (rires). Je connais Judith depuis qu’elle a adhéré au Parti Socialiste, lors des primaires de 2007. A l’époque la section boulonnaise a enregistré 400 adhésions.
Judith a été élue conseillère municipale en 2008. En 2010, j’ai soutenu sa candidature aux régionales, qui a été couronnée de succès. Par la suite, nous avons pris l’habitude de travailler ensemble, d’autant plus que le groupe socialiste au conseil municipal fonctionnait très mal. A présent, on sait pourquoi (allusion à la présence de Marc Fusina, conseiller municipal PS, sur la liste UMP, ndlr). Judith a alors vécu une période très difficile, et la commission des conflits du PS lui a donné raison.
A l’issue du premier tour des primaires socialistes à l’automne 2013, j’ai proposé à Judith d’être le numéro 2 de ma liste, et à Vincent Guilbert d’être le numéro 3. Puis nous avons constitué ensemble le reste de la liste en très bonne intelligence avec nos amis les Verts.

e-bb : Au cours de cette campagne, y-a-t-il eu une rencontre ou une anecdote qui vous a particulièrement marquée ?
J. Shan : Je suis toujours surprise à Boulogne par la manière très favorable avec laquelle nous sommes reçus sur les marchés, dans la rue, dans les porte à porte pendant les campagnes et le résultat des urnes à la fin du scrutin. J’ai le sentiment que nos concitoyens, dans une ville qui n’est pas du tout réputée comme une ville de gauche, attendent beaucoup de ce que nous leur proposons, et ceci même dans la période actuelle où le Parti Socialiste est assez décrié, il est très rare que nous soyons interpellés sur la politique au niveau national.
P. Gaborit : Je n’ai rien de croustillant à rapporter. Un jour, sur le marché, quelqu’un de totalement opposé à mes idées, avec un discours d’extrême-droite, m’a abordé. Je l’ai écouté poliment une dizaine de minutes, on a un peu échangé, et il est revenu plusieurs fois, sur le même marché, me poser des questions sur mon programme. Jamais quelqu’un d’aussi hostile ne m’avait posé autant de questions ! Et à la fin, il m’a dit qu’un jour il finirait peut-être par voter pour moi…
Mon autre souvenir, c’est d’avoir dû barrer la route à la fanfare des partisans de Baguet, qui prétendaient traverser la rue Escudier en plein marché ! Parmi eux se trouvait l’adjoint à la sécurité. Je me suis interposé, en écartant les bras, pour les faire reculer ! De même, j’ai fait partir du marché une jeune femme du Front National qui avait insulté quelqu’un qui parlait avec moi. Je ne supporte pas qu’on insulte les gens, je n’accepte pas qu’on rentre dans la marché parce que c’est illégal, et je n’accepte pas qu’on se comporte mal.

e-bb : Pouvez-vous nous parler des Boulonnais, de ce qu’ils sont et surtout de ce qu’ils attendent de ces élections ?
J. Shan : Leur première volonté c’est : « faites quelque chose pour changer le maire, » c’est vraiment ce que nous entendons à chaque fois.

Le projet de P. Gaborit pour l'île Seguin - document du candidat

Le projet de P. Gaborit pour l’île Seguin – document du candidat

Après, on rentre dans les détails du programme, mais ils sont très intéressés par la possibilité de dédensifier l’Ile Seguin, et ils veulent comprendre comment, alors qu’ils ont toujours entendu qu’il fallait construire du bureau pour rentabiliser cette opération. Curieusement, j’ai été moins sollicitée sur la question de la place Marcel Sembat, qui, pour moi, est très importante, et est un vrai sujet dans la ville. Il semble que cela ne soit pas leur priorité immédiate.
Enfin, ils nous parlent beaucoup du logement social. Ils ne comprennent pas pourquoi ils n’ont jamais eu de réponse, bien qu’ils soient inscrits depuis très longtemps et qu’ils aient renouvelé leur demande chaque année. Ils ont connaissance de dossiers qui sont allés beaucoup plus vite. Ils se posent des questions sur le mode d’attribution.
Ce que les Boulonnais ne comprennent pas, c’est l’injustice, et comme ils n’obtiennent jamais de réponses aux mails et courriers qu’ils envoient, ils ont l’impression qu’il n’y a pas de règle, et qu’il existe deux types de public pour le service public.
P. Gaborit : Quant on fait campagne, il ne se dégage pas d’aspirations très marquées. Les gens pensent que la ville ne va pas si mal. Ils s’estiment pressurés par les impôts, mais ils l’imputent plutôt à l’État, sans pouvoir nous dire, d’ailleurs, de combien ils ont augmenté. Il y a donc cet aspect d’être pressuré et de l’autre l’absence de doléance fondamentale particulière qui se dégagent nettement.
Au niveau local, j’ai l’impression qu’ils considèrent qu’il y a une espèce de fatalité, que de toute façon la ville sera gouvernée à droite et que ce n’est pas très passionnant d’arbitrer entre les deux. Quant on leur propose quelque chose de différent, ça les intrigue et ils se demandent donc si c’est possible. C’est pourquoi ils nous demandent comment nous allons faire pour l’Ile Seguin avec 150 millions d’€ de dettes. Ce qui est intéressant c’est lorsqu’ils viennent discuter, parce qu’alors ils repartent convaincus. Mais ce qui empêche une vraie discussion d’avoir lieu dans cette ville, c’est l’absence totale du maire et le refus de tout débat. Du coup, on pourrait croire que tout va bien. C’est sans doute intelligent de la part de Baguet. Duhamel, lui, préfère les réunions d’appartement. Ce n’est pas très convaincant non plus, parce que cela ne laisse la place à aucune contradiction.
Durant la campagne, on est bien reçu, on a l’impression d’être écouté, mais en fait il n’y a pas de campagne.
 J. Shan : S’il n’y a pas de campagne, c’est aussi en partie à cause des réseaux sociaux. Ils donnent aux militants l’impression de faire campagne, mais leurs assertions ne sont jamais étayées, et surtout, elles tournent en circuit fermé. Ce faux-débat pour initiés a pris le pas sur ce que l’on pouvait faire en direction des autres citoyens.

e-bb : Justement… Sur Twitter, il y a une véritable bataille de chiffres autour des finances et encore plus au niveau de l’endettement des Boulonnais. D’ailleurs une page entière de votre programme est consacrée à cet endettement. Pourquoi devrions-nous vous croire ?

La situation financière de la Ville, selon P. Gaborit - document du candidat

La situation financière de la Ville, selon P. Gaborit – document du candidat

P. Gaborit : Parce-que les chiffres que nous publions résultent des chiffres officiels au 1er janvier 2014, dont les sources sont citées. D’où viennent les chiffres ? Du budget de la ville présenté par Monsieur Baguet, du budget de GPSO publié par Monsieur Baguet, et de l’avant-dernier CRACL de la SAEM dont le président est Monsieur Baguet. Ces trois organismes dépendent tous de Monsieur Baguet. Pour la SAEM, je me suis de plus procuré tous les emprunts, et j’ai personnellement vérifié. Par exemple, la date de maturité de l’emprunt, c’est-à-dire le moment où on doit le rembourser ou le renégocier. J’ai tous les actes de prêt sans exception. Ceux de la ville, je les détiens également car ils sont publiés automatiquement en annexe du budget comme ceux de GPSO. J’ai retenu 43 % de la dette de GPSO, ce qui correspond à la part de la Ville.
Mon analyse rejoint celle de Duhamel, même si nos chiffres divergent. C’est tout simplement parce que nous n’avons pas travaillé sur les mêmes bases : il a pris en compte les budgets prévisionnels, alors que j’ai travaillé sur le réalisé. Quand Monsieur Baguet dit qu’il a fait baisser la dette de la ville, c’est surtout celle du budget principal. Il a raison, et d’ailleurs mon graphique le montre. Mais de manière consolidée, quand il est arrivé nous avions 242 millions d’€ d’endettement, et au 1er janvier 2014 c’est 375 millions d’€. L’augmentation est de 54 %. Ces chiffres sont certains.
Quant à l’augmentation de l’impôt, elle provient de mes relevés d’impôts locaux. Ils sont parfaitement comparables car je n’ai pas déménagé. Ils ont augmenté de 37 %, ce qui représente une augmentation de 25 % hors inflation pour la taxe d’habitation. Et nous avons été très honnêtes puisque c’est ce dernier chiffre, donc hors inflation, que nous avons indiqué dans notre programme. N’oubliez qu’en 2009, Monsieur Baguet a augmenté les impôts de 15 %. Et ces 15 % se sont reportés chaque année. Et en plus vous avez eu les impôts de GPSO l’an dernier.

 e-bb : Parlons de l’Ile Seguin : à part la cité musicale, que retenez-vous du programme actuel ?
P. Gaborit : Mais il n’y a pas de projet actuel ! Il y a un gros machin entre les deux pointes, c’est tout. Sérieusement, on garde la cité musicale et le R4. Pour l’instant, le permis de construire de ce dernier équipement est illégal, mais je pense que cela peut s’arranger. Seulement il faut que les investisseurs paient le terrain à sa valeur réelle, et non au 5ème comme ça a été convenu avec le maire actuel. 650€ du m² en moyenne, alors qu’on pourrait le vendre 5 000€.

e-bb : Vous chiffrez la dette de la SAEM à 143 millions d’euros, vous prévoyez de réduire la constructibilité à 100 000m² avec 700 logements, un piscine, un gymnase et un parc de 3 hectares. Un conseiller municipal de la majorité actuelle estime qu’on ne peut pas construire plus de 200 logements sur l’île. Démontrez-nous la viabilité financière de votre projet.

La maquette du R4, dévoilée à l'ambassade de Suisse il y a quelques mois. Sur une parcelle voisine, la SCI devrait étendre son projet. - CR Ateliers Jean Nouvel

La maquette du R4, dévoilée à l’ambassade de Suisse il y a quelques mois. Sur une parcelle voisine, la SCI devrait étendre son projet. – CR Ateliers Jean Nouvel

P. Gaborit : Mais comment peuvent-ils se permettre d’en parler ? Leur propre PLU a été annulé par le Tribunal administratif ! Moi, en 2005, j’avais voté contre le PLU. Un PLU qui a donc été conçu pour un projet d’il y a dix ans, qui n’a pas vu le jour.
Les choses ont changé : Fourcade puis Baguet ont réduit le nombre de logements prévus sur le Trapèze, au profit des bureaux ; les projets culturels de la cité musicale et du R4 sont en cours… Aucun projet ne tient dans le PLU aujourd’hui, ni celui de Baguet, ni celui de Duhamel, ni le mien. C’est pourquoi je demanderai une modification du PLU pour y bâtir des logements, tout simplement.
Financièrement, voici mon analyse : on a 150 millions d’euros de dette, et des investissements lourds à prévoir, pour la voirie, un parking supplémentaire sur la berge et le parc. Le projet de Baguet se chiffre à 450 millions d’euros si tout va bien. Celui de Duhamel n’est pas crédible : comment installer 1 300 logements sur l’île sans crèche ni école ?  sans compter le réseau d’assainissement…
Moi, je pars de la situation financière existante : il paraît qu’on a 40 millions de trésorerie à la SAEM, ce qui fait donc passer la dette à 110 millions. La vente des logements devrait rapporter 80 millions, auxquels s’ajouteront le solde du R4, les subventions de l’État et la participation des promoteurs pour les équipements publics. Le but n’est pas de gagner de l’argent dans cette opération, mais de mener l’aménagement à son terme sans couler la Ville.
Le seul élément non financé de mon programme est le parc, mais je compte instaurer la règle du « 2 pour 1 » : 1m² d’espace vert pour 2 m² construits au sol. Et s’il est impossible d’aménager ces surfaces vertes dans la ville, les promoteurs financeront le parc de l’île en proportion. Ça s’appelle un PUP, un projet urbain partenarial. En dix ans, le parc sera payé, et nous le financerons entretemps par l’emprunt. Quant à l’équipement sportif, il s’agirait du transfert de l’actuel projet sur le parc de Billancourt. Il est déjà budgété ! Sans compter qu’il n’est pas interdit de passer des partenariats intelligents, en vue d’un naming par exemple.

e-bb : Ne craignez-vous pas que votre projet d’imposer une surface d’espace vert à toute nouvelle construction n’augmente encore le prix du m² ?
P. Gaborit : La seule manière d’être sûr de ne pas provoquer un effet pervers, c’est de ne rien faire. Le prix de l’immobilier à Boulogne est pratiquement au niveau de celui de Paris, et ce n’est pas anormal.

e-bb : Le logement apparaît comme la préoccupation principale des habitants. Quelle est votre analyse en la matière ?
J. Shan : Il y a deux sujets :

  • Le parcours résidentiel, qui est le fait de passer, au long de la vie, d’un logement à un autre : décohabiter d’avec ses parents, accéder à un premier logement, l’agrandir, puis se réduire. A Boulogne, ce n’est pas évident car il y a peu de grands logements, concentrés aux Pouillon, au Pont de Sèvres et sur le Trapèze. La majorité sont des 2 pièces où vivent moins de 2 personnes. Par conséquent, les familles nombreuses sont obligées de quitter la ville. Parler du logement, c’est aussi ça.
  • Par ailleurs, il y a le logement social. On l’ignore, mais 65 % des Boulonnais y sont éligibles. Ainsi, une famille de 5 personnes avec 80 000 euros de revenus annuels a droit à un PLS (la catégorie la plus élevée de HLM, ndlr). A Boulogne, on relève un manque d’adéquation entre l’offre de logement social et la structure des foyers éligibles, ce qui aboutit à un effet pervers, où l’aide à la personne vient s’additionner à l’aide à la pierre.
Première pierre d'une résidence HLM en 2011 - A son tour, Judith Shan joue de la truelle devant Patrick Devedjian, Pierre-Christophe Baguet, Philippe de Nijs et Jean-Pierre Duport

Première pierre d’une résidence HLM en 2011 – A son tour, Judith Shan joue de la truelle devant Patrick Devedjian, Pierre-Christophe Baguet, Philippe de Nijs et Jean-Pierre Duport

Pour le logement social, donc, il convient de :

  1. Dresser le bilan des demandeurs et du parc existant, pour pouvoir ajuster l’offre à la demande ;
  2. Mieux répartir ces logements pour assurer la mixité urbaine. C’est notre idée d’un logement social à l’îlot, dans tout projet de plus de 15 logements.
  3. Assurer la transparence de l’attribution, en instaurant notamment l’anonymisation des dossiers.

P. Gaborit : Il y a aussi un problème spécifique, qui est celui du logement des plus défavorisés. On a besoin de logements d’urgence et de transit. Il faut recenser les personnes concernées et s’en occuper à part entière. C’est une problématique distincte.
Enfin, pour vous répondre globalement, le problème du logement ne se résoudra pas à l’échelle de la ville. C’est l’intérêt de la Métropole du Grand Paris, qui entend corréler cette question aux problèmes de déplacements domicile-travail des gens.
En conclusion, Boulogne a besoin de logements de qualité, que les gens peuvent payer, mais aussi de logement social. Et il y a un problème de mobilité dans le parc social, qu’il va falloir régler. A mes yeux, les offices HLM sont beaucoup trop rigides.

e-bb : Le maire actuel a demandé un sursis à l’application de la réforme des rythmes scolaires. Si vous êtes élus le 30 mars, que ferez-vous ?

Infographie des nouveaux rythmes scolaires - CR Ministère de l’Éducation nationale

Infographie des nouveaux rythmes scolaires – CR Ministère de l’Éducation nationale

P. Gaborit : J’ai lu le rapport du maire sortant. Quand on sabote une négociation, on est sûr de la faire échouer. Baguet n’a pas voulu résoudre ce problème. Si nous sommes élus, il faudra bien sûr appliquer la loi. Nous ne sommes pas comme Monsieur Baguet.
J. Shan : Baguet a divisé les parents en les faisant travailler en trois groupes sur des sujets connexes. Il existe cependant un point d’accord, sur le passage à deux heures de pause méridienne. On pourrait commencer par là. Pour l’organisation et le choix des activités, rien n’interdit de s’inspirer d’exemples voisins, comme à Issy-les-Moulineaux, où ça marche très bien. Il faut aussi bien définir les attentes : il s’agira d’activités périscolaires, qui donnent l’occasion aux enfants de s’initier à des choses auxquelles ils n’auraient pas eu accès autrement. Il y aura des cours de musique, mais ce ne sera pas le conservatoire, par exemple.
Dans la consultation des parents s’est dessinée une tendance à inscrire ces activités en plein temps scolaire, entre 14 et 15h30, par exemple. Mais – c’est un héritage de Renault – la ville vit au rythme des 3 huit ; c’est pourquoi la sortie d’école à Boulogne-Billancourt se fait à 16h, au lieu de 16h30 partout ailleurs. La tentation serait de décaler la sortie à 16h30, mais on se heurte à une opposition des enseignants.
Ce qu’il faut en retenir, c’est que cette réforme peut être bénéfique pour l’ensemble, mais que ce n’est pas l’école à la carte.

e-bb : Qu’est-ce qu’un parklet ?

Parklet sur le boulevard Jean Jaurès

Parklet sur le boulevard Jean Jaurès

P. Gaborit : C’est un espace mobile de loisir et de détente en milieu urbain. Le concept vient du Canada, il s’est beaucoup développé aux États-Unis et il arrive en Europe du Nord. Le principe, c’est de louer une place parking en surface pour une heure ou deux, ce qui ne coûte pas cher, et de disposer ainsi de 10m² de liberté dans la ville. C’est aussi une incitation pour les véhicules à se garer en sous-sol. Quand nous l’avons fait (samedi 15 dans l’après-midi, ndlr), en plein centre-ville, nous savions que nous ne dérangions personne parce que nous étions à proximité de deux gros parkings de sous-sols qui sont quasiment vides le week-end !

e-bb : Comment voyez-vous la ville dans 10 ans ?
P. Gaborit : Je ressens une grande inquiétude. Quand on se rend sur le Trapèze, on évolue dans une ville sans vie. J’y ai découvert des balcons intérieurs ! J’espère qu’avec mon projet pour l’île Seguin, cela changera. Parce que pour moi, Boulogne-Billancourt ne doit pas perdre sa caractéristique principale, qui est celle d’être un grand village : je crois bien que je connais un tiers des habitants.
On est à la croisée des chemins : rester un grand village, ou bien devenir à l’image du Trapèze, avec une vie contenue.
J. Shan : Dans dix ans l’aménagement du Trapèze et de l’île Seguin sera terminé. Il sera difficile, comme aujourd’hui, de ne pas souffrir de la proximité de Paris, si on continue à faire bande à part. Il faut s’entendre avec nos voisins, et il faut que les Boulonnais arrivent à sortir de la ville. On entend beaucoup parler du rayonnement de Boulogne-Billancourt, mais on pourrait aussi songer à davantage d’échange et de brassage.

Guy et Anne-Sophie

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