Philippe Marinig( au centre) et le Conseiller Culturel de l'Ambassade du Japon

« Au moment nous faisons face à beaucoup de difficultés, nous vous remercions pour cette exposition et pour vos messages de solidarité  qui  renforcent notre amitié. »  Ce sont les propos tenus par Monsieur le Conseiller Culturel de l’Ambassade du Japon à Paris, lors l’inauguration de l’exposition  O SUMÔ SAN qui se déroule jusqu’au 1er mai dans les jardins du Musée Albert-Kahn. 

Cette exposition organisée par le Conseil Général des Hauts-de-Seine avec le soutien d’Emporial, l’art en jardin, met en lumière l’œuvre du photographe français Philippe Marinig, née de deux années de travail passées au Japon. Celui-ci a eu le privilège de pénétrer l’intérieur du monde privé des sumos et de suivre les lutteurs professionnels des écoles d’Isegahama et d’Oguruma.Vingt photographies en grand format permettent de partager son expérience et sont pour la première fois exposées en France. Lors du vernissage Philippe Marinig, qui a reçu pour ce travail le prix Roger Pic, a dédié cette exposition au peuple japonais.
Le sumô est un sport de contact où un lutteur tente de déséquilibrer son adversaire, mais c’est moins en étant fort qu’en étant perfide que l’on devient champion.  
Deux lutteurs se regardent face à face, se lèvent, viennent chercher un tas du sel à chaque coin, le sèment sur l’arène, et se baissent devant les lignes blanches des deux côtés. L’excitation du public est à son comble. Lorsque les deux touchent le sol avec les mains serrées, le combat commence. Ce sont les lutteurs eux-mêmes qui décident du moment et non l’arbitre.

Entrée en combat, choc frontal des deux adversaires lors du tachi-ai. Tokyo avril 2007

Très souvent, les premières secondes où les deux lutteurs se heurtent de toute leur force sont déterminantes pour la lutte. Après le match, les lutteurs disent souvent que tout était dans les premiers instants. La plupart des matchs se terminent en une dizaine de secondes, mais le temps de préparation est long. Pour ces premières secondes, les lutteurs de sumo, « osumô san », imaginent toutes les possibilités, simulent les actions de leur adversaire du jour et tentent de trouver la meilleure solution face à celui-ci. Parfois, ils se perdent dans trop de réflexions, et ne savent pas s’adapter au timing de « tachiai », cette modalité particulière du commencement. On voit alors leurs corps si facilement emportés par l’autre, comme dans une mêlée du rugby, mais juste avec un seul lutteur de chaque côté, et sans signe de l’arbitre.
 Quand les deux forces sont en parfait équilibre, les corps ne bougent plus jusqu’à ce que l’un s’épuise contre l’autre. Le combat peut facilement durer pendant plus de trois minutes dans ce cas-là. Parfois, le lutteur poussé au bord de l’arène peut se tordre et renverser le corps de l’autre. Le public se réjouit alors de la surprise, et applaudit le vainqueur inattendu.
Les photos de Philippe Marinig révèlent les moments de la préparation de ces combats extrêmement intenses. Les athlètes en prière, en méditation, en attente de combattre, en détente entre des entraînements vigoureux… C’est le calme avant la tempête, un moment de relâchement qui prépare ces secondes concentrées que ces photos mettent au jour. Venez nombreux découvrir cette coulisse secrète du sumo dans le cadre magnifique du jardin d’Albert-Kahn, dont de nombreux arbres sont en pleine floraison et où se déroule conjointement l’exposition «  Clichés Japonais 1908-1930, le temps suspendu »