Mardi 5 janvier 2016, Pierre Christophe Baguet a été élu président du conseil de territoire de GPSO. Un coup de théâtre pour une candidature annoncée à la dernière minute.

De l’intercommunalité au territoire

Conformément à l’entrée en vigueur, au 1er janvier, de la Métropole du Grand Paris, les « conseils de territoire, » établissements publics territoriaux qui remplacent les intercommunalités, devaient se doter de toutes leurs instances.

Territoire

Les 12 territoires de la Métropole du Grand Paris – CR Mission de préfiguration

Dans le cas de GPSO, dont le périmètre a été validé comme tel, cela revenait à désigner 18 mois plus tard peu ou prou les mêmes représentants dans une foultitude de conseils, syndicats et commissions ad-hoc, forcément ad-hoc.
Mais si rien ne change, en réalité, tout change, en témoigne d’ailleurs la nécessité de changer de numéro SIREN, ce qui fit d’ailleurs pester Pierre Christophe Baguet. Mi-figue, mi-raisin, il suggérait de biffer manuellement le papier à entête de la communauté d’agglomération pour pouvoir le réutiliser dans ce nouveau contexte.

Au passage cependant, le conseil perd quelques élus, en passant de 82 à 73. Et comme, inversement, Boulogne en gagne 8, on devine la conséquence sur la représentation des plus petites des 8 communes membres…

Mais le gros morceau de la soirée était sans conteste l’élection du président.

Pierre Christophe Baguet élu face à Jean-Jacques Guillet

Un coup de théâtre ?

Entassés dans une salle du Potager du Dauphin à Meudon, 70 représentants des 8 communes membres devaient élire leur président.

Pierre Christophe Baguet

4 assesseurs veillent au bon déroulement du scrutin

André Santini, qui, en sa qualité de doyen, présidait la séance, venait d’annoncer qu’il n’avait reçu que la candidature du maire de Chaville, Jean-Jacques Guillet, quand Gauthier Mougin, premier-adjoint de Boulogne-Billancourt, s’est levé et a demandé la parole. D’une voix sensiblement émue, il a présenté la candidature de Pierre Christophe Baguet, président sortant de l’intercommunalité, au nom de « la continuité de l’action. » André Santini l’interrompt car aucun discours de candidature ne doit être tenu, mais Monsieur Mougin insiste et rappelle l’excellent bilan du sortant.
En conséquence, en plus des deux scrutateurs, quatre assesseurs, deux pour chaque candidat, sont nommés pour contrôler le dépouillement.  Et Marc Mossé, président du groupe de gauche (lequel, entre l’intercommunalité et le territoire, a fondu de 11 à 4 élus), demande une suspension de séance pour arrêter la position de son groupe, semble-t-il remise en question par cette candidature surprise.

Disons-le clairement : c’était un coup de théâtre. Et, par définition, un coup de théâtre est aussi prévisible que prévu. D’ailleurs, les bulletins avaient été imprimés. Mais chacun a bien joué son rôle, jusqu’à l’issue du scrutin.
Le mode de scrutin a d’ailleurs suscité l’ironie de la conseillère municipale Judith Shan (PS), en référence au dernier conseil.

Une élection sans appel

André Santini avait prévenu : en cas d’égalité, le plus âgé l’emporterait.

Pierre Christophe Baguet

Agathe Rinaudo, benjamine de l’assemblée, tient l’urne

Mais d’égalité, il ne fut pas question. Au terme du vote et d’un dépouillement effectué dans un silence religieux par Sandrine Bourg, de Vanves, le résultat tombe : sur les 73 bulletins, dont 3 procurations boulonnaises, 41 sont allés à Pierre Christophe Baguet, et 31 à Jean-Jacques Guillet.

Après les applaudissements d’usage, Pierre Christophe Baguet a tenu un discours d’intronisation. Sans un mot pour son rival, se déclarant « pleinement conscient des responsabilités qui [lui] échoient, » il a affirmé sa « forte détermination » à présider ce nouveau conseil, dans un contexte très défavorable. Il n’a pas eu de mots assez durs pour critiquer la Métropole nouvelle-née « et déjà endettée, » dénonçant un « déni de démocratie » dès lors qu’elle fut instituée contre l’avis de la majorité des 130 maires concernés.

Pierre Christophe Baguet

Les élus font la queue pour voter

Il a particulièrement insisté sur le volet budgétaire et financier de la structure, qui percevra désormais directement les ressources autrefois touchées par les communautés d’agglomération, les réduisant à l’état de « syndicats de communes, dépossédés de leurs responsabilités régaliennes, sacrifiés sur l’autel de la solidarité métropolitaine. » Invoquant Patrick Devedjian, président du syndicat Paris-Métropole, via Sénèque, et Valérie Pécresse, la nouvelle présidente la Région Ile de France qui ne cache pas son hostilité au projet, Pierre Christophe Baguet a appelé de ses vœux une modification prochaine de la loi, qui adapterait la Métropole aux besoins réels. D’ici-là, en interne il souhaite poursuivre le processus de mutualisation entamé du temps de l’intercommunalité, et en externe, viser pour GPSO une représentation « jusqu’au niveau le plus élevé de la Métropole du Grand Paris. » Faut-il y voir une candidature à mots couverts à la présidence de la Métropole ?

7 vice-présidents et une promotion pour l’opposition de gauche

Il a ensuite fallu fixer le nombre et le nom des vice-présidents. Machinalement, Pierre Christophe Baguet en a proposé 7, comme le nombre de maires membres. C’est là que Marc Mossé a repris la parole. En insistant lourdement sur le nombre de voix obtenues par le nouveau président, il a demandé une vice-présidence pour la gauche. Las ! Bien désolé pour lui, Pierre Christophe Baguet la lui a refusée, arguant du fait que les élus de gauche n’étaient plus que 4 (soit autant pour tout GPSO que les discrets représentants de l’opposition de droite boulonnaise, ndlr) par le fait de cette mauvaise loi. « La question se posait déjà à 11, alors à 4… » a-t-il ajouté.

Pierre Christophe Baguet

Ce à quoi les élus ont échappé : la perspective d’un septuple scrutin uninominal pour les vice-présidents…

Sans surprise donc, et après d’intenses négociations sur le mode de scrutin, ce sont bien les 7 autres maires de GPSO qui seront vice-présidents. Une remarque tout de même : Jean-Jacques Guillet, qui avait donc manifesté son intérêt et son implication par sa candidature à la vice-présidence, n’est que deuxième vice-président, derrière André Santini. L’ordre protocolaire a semble-t-il retenu le nombre d’habitants de chacune des villes.
Venu le temps des commissions permanentes, Marc Mossé a retenté sa chance. Bien lui en a pris, puisque cette fois-ci, Pierre Christophe Baguet a envisagé la possibilité de « co-présidences, » ouvertes aussi bien à l’opposition de gauche qu’aux anciens élus communautaires déchus par la réduction du nombre de sièges. Comme lesdites commissions n’ont pas encore été constituées, on n’en sait pour l’heure pas plus, sinon que les maires-adjoints et élus délégués des différentes communes pourront y siéger aussi, dans la limite de 14 par commission. En bref, pour Boulogne en tout, cas, seuls les élus d’opposition en seront absents. Et dans GPSO même, Pierre Gaborit, décidément bien entendu ce soir-là, a suggéré qu’ils fassent liste commune avec la majorité pour être élus par leurs pairs lors du prochain conseil.
Mais pour se mettre en jambes, Denis Badré, président sortant de la CLECT, a convoqué ses futurs membres dès 7h45 du matin.

Prochain conseil le 21 janvier à 18h30 à Boulogne. L’histoire ne dit pas si, désormais, GPSO sera tenu de publier son ordre du jour avant l’assemblée comme c’est le cas pour les conseils municipaux, ni, le cas échéant, sur quel support.