Tous les dix ans environ, le Plan local d’urbanisme est révisé à Boulogne. La consultation de la population prend la forme d’une enquête publique, ouverte jusqu’au 4 avril 2018. C’est l’occasion pour les habitants de se prononcer sur les orientations qui engagent le visage de la ville à long terme.

Le PLU, l’avenir dessiné de Boulogne-Billancourt

Le Plan local d’urbanisme est le document qui préside à l’évolution de la ville, Il définit, protège et prévoit. De la hauteur des constructions aux voies de circulation, en passant par ses rapports avec les communes voisines, de sa mémoire par la préservation de son patrimoine bâti, à son environnement, en passant par le réchauffement climatique, tout est pris en compte dans le PLU. Bref, c’est l’avenir dessiné.

Par ailleurs, en fonction de ce plan d’urbanisme, la valeur du patrimoine sera redéfinie, les permis de construire seront accordés, les ventes éventuellement préemptées par la commune, si le bien vendu se situe dans une zone urbaine qui comporte un projet majeur d’aménagement.

Les grandes lignes du plan local d’urbanisme

Tout habitant peut participer à l’élaboration ce document établi dans ses grandes lignes par un cabinet d’urbanisme sur les lignes directrices tracées par la municipalité. Il s’agit de regarder la ville à travers une lunette prospective. Les commentaires de chacun seront lus par le commissaire enquêteur qui en fera la synthèse après le 4 avril. Si vous participez en ligne, vous pouvez d’ores et déjà consulter les observations des autres contributeurs.

Comme le document est très lourd et comporte plus de 1000 pages, nous avons essayé de vous en livrer quelques points importants.

D’abord, sur le plan général, l’intention est louable :

• Intégrer les nouvelles dispositions législatives et réglementaires et prendre en compte les documents supra communaux
• réaffirmer l’attractivité économique de Boulogne Billancourt et assurer l’équilibre habitat/emploi par une offre de logements diversifiés
• préserver et mettre en valeur le paysage naturel et urbain afin d’améliorer la qualité du cadre de vie
• déterminer les conditions d’un aménagement du territoire respectueux des principes du développement durable et une circulation apaisée.
• intégrer les dynamiques territoriales qui se dessinent,
• prendre en considération l’impact généré par l’arrivée de la gare de la ligne 15 sud du Grand Paris Express à proximité du pont de Sèvres.

PRES DE CHEZ VOUS :

Les pages intéressantes sont la carte du zonage dans les annexes 3.4.1

PLU de Boulogne-Billancourt Zonages   3 4 1

et le plan général 3.4.2 pour repérer où se trouve votre logement. On y découvre aussi les bases du règlement qui définissent les contraintes pesant sur chacune des zones (Hauteurs, implantation sur le terrain, recul, SP = Surfaces de Plancher, espace vert interne, cours etc….). On distingue les zones urbaines, UA, UB, UC, UP et les zones naturelles ND

Plan général 3 4 2

1

On note que les hauteurs totales maximales définies par un filet vert sur le plan peuvent atteindre 41,7 m, sans compter certains édicules techniques et dispositifs liés à la production d’énergie renouvelable. En zone inondable, cette hauteur se compte à partir de la cote hors d’eau définie par le PPRI, Plan de Prévention du Risque Inondation

LES QUARTIERS D’EXCEPTION :

Quelques hauteurs exceptionnelles s’appliquent dans le quartier du trapèze, et l’Ile Seguin, UCd 10.1.6 : et plan

•îlot sud-ouest du quartier du Pont de Sèvres affecté aux bureaux (148 NGF), (Nivellement Général de la France, altimétrie par rapport au niveau 0 de la mer à Marseille). Sur le trapèze, la cote est au niveau 29. Sur l’Ile Seguin la cote est à 36, par conséquent, un immeuble de 148 NGF domine de 119 m le niveau de la rue.
•îlot délimité par la rue du Vieux Pont de Sèvres, le passage du Vieux Pont de Sèvres prolongé, le cours de l’Ile Seguin et l’esplanade du « 57 Métal » : 120 NGF sur 40 % de la surface de l’unité foncière, et 68 NGF sur le reste du terrain (pour sauvegarder une partie de l’aspect architectural du bâtiment initial),
•îlot délimité par le quai Georges-Gorse et le futur Parc du Trapèze : un tiers de la surface est prévu à 120 NGF (soit 91 m au-dessus de la rue) un tiers à 90 NGF, un tiers à 60 NGF. Il s’agira là d’un immeuble de grande hauteur venant ponctuer l’autre extrémité du jardin.

DES QUARTIERS VONT ÉVOLUER  :

Quatre zones sont en « sursis à statuer », c’est à dire que les projets de la municipalité ne sont pas encore définis :

  • Abondances entre la place Bernard-Palissy et la Seine,
  • les alentours du rond point Rhin et Danube
  • les alentours du marché de Billancourt, depuis Marcel Sembat jusqu’au parc des glacières et à l’école maternelle du Point du jour et la poste Bd Jean Jaurès,
  • autour de la rue Thiers, depuis la rue Edouard Detail jusqu’à l’avenue Edouard Vaillant.

Les préconisations du Préfet (avis de l’Etat, 4.9) étant de pallier le manque de logements diversifiés (et notamment HLM) par rapport aux nombreux bureaux, on peut s’attendre à une grosse densification dans ces quartiers.

L’ILE SEGUIN, toujours particulière

OAP : Orientation Aménagement Programmation de l’Ile Seguin

L’Ile Seguin

 

Sur l’Ile Seguin, poumon de Boulogne Billancourt, une opération globale de 255000 m² est prévue, de loisirs, culture et bureaux. Les promoteurs et acquéreurs avec lesquels Le maire a signé des engagements ont prévu d’y intégrer entre 10 et 12000 salariés… auxquels on peut ajouter les sportifs 3500, et les auditeurs de la Seine Musicale pouvant dépasser 5000. Dans un contexte de circulation déjà complexe, et bien que la gare du Grand Paris Express arrive dans la décade à venir, il faut se poser la question du trafic. 

Urbanisme et environnement

Le PLU doit se conformer en matière d’urbanisme et d’environnement aux nouvelles dispositions législatives issues notamment des préconisations du Grenelle de l’Environnement. Si le principe est louable, en pratique il est insuffisant, et seul l’avis motivé des habitants peut contribuer à l’amélioration du document.

ENVIRONNEMENT

Malheureusement, le PLU est « dispensé » d’évaluation environnementale globale. Ce que les Boulonnais pourraient réclamer, notamment en faisant ressortir les points de très haute toxicité et pollution de l’air et de bruit : Marcel Sembat aux heures de pointe, Rhin et Danube, les lieux de livraison des magasins de petite surface qui pullulent depuis la loi LME de 2008, etc.

ÉQUILIBRE HABITAT-EMPLOI

Très déséquilibré en fait : notre offre de bureaux est considérablement trop élevée par rapport au nombre et à la diversité des logements. Les nouveaux bureaux de la ZAC rive de Seine vont apporter près de 15 000 emplois. Tous les salariés n’habiteront sans doute pas Boulogne…

ESPACES VERTS ET BIODIVERSITÉ

Si des EVIP, Espaces Verts Intérieurs Protégés sont listés, les Espaces verts et jardins publics sont insuffisants au regard du plan vert de la région Ile de France. Notre ville est carencée en cette matière. Plus inquiétant, l’espace vert le plus riche en biodiversité, le terrain des canadiens, situé entre les ruines du château et le parc Rothschild, face au bois de Boulogne, fait l’objet d’une réserve pour installation d’intérêt Général/espace vert/ou logement social. La zone est inondable, elle est inoccupée depuis plus de 30 ans, et la faune y a repris ses droit. Cet espace est directement menacé dans le projet de PLU.

CIRCULATION ET STATIONNEMENT :

Les circulations sont actuellement engorgées et les transports en commun actuels et prévus sont insuffisants pour diminuer les flux traversants. La politique de Paris, les grands équipements sportifs aux frontières de la ville et l’attractivité renforcée des équipements culturels et d’affaire sont de nature à amplifier encore la circulation.

Face à cette situation, le projet en l’état accuse un manque flagrant d’anticipation :

  • Véhicules électriques : aucune exigence n’est faite au niveau des bâtiments neufs pour intégrer dans tous les parkings des prises de chargement électrique pour faciliter l’utilisation et la possession de tels véhicules.
  • Modes de circulation alternatifs : vélos, triporteurs, trottinettes et autres objets roulants non identifiés ne sont pas évoqués. S’ils doivent rouler sur les trottoirs, les accidents avec les piétons seront nombreux. Le partage de la voie publique doit être étudié, et l’une des propositions qui pourrait être faite serait de supprimer des places de stationnement pour élargir les voies réservées à cette circulation « douce ». 

Si vous êtes d’accord avec ce projet de PLU, il faut le dire, et si vous avez des suggestions, des remarques pour l’améliorer, il faut impérativement le faire avant le 4 avril sur ce lien.

Vous pouvez consulter les commentaires déjà postés sur le site de l’enquête sur cette page.

 

 

 

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